Amateurs d’histoire maritime, passionnés du grand siècle des découvertes, familles en quête d’une sortie originale : du jeudi 23 au dimanche 26 avril 2026, le quai du Blaz, à Loctudy, accueille la Nao Santa María, réplique grandeur nature du navire amiral de Christophe Colomb qui, le 12 octobre 1492, aperçut pour la première fois les côtes du Nouveau Monde. Accessible au public de 10 h à 20 h 30, le bâtiment — long de 28 mètres, doté de cinq voiles et de trois mâts — propose à la visite ses trois ponts et, dans sa cale, une exposition consacrée à l’histoire de ce navire emblématique. Une escale bretonne rare pour ce vaisseau itinérant qui, depuis 2018, sillonne les côtes d’Europe et d’Amérique.
C’est un spectacle qu’on ne voit plus guère sur nos quais : une véritable caravelle du XVᵉ siècle, gréée à l’ancienne, chargée de trois kilomètres de cordages, de cinq voiles totalisant 303 mètres carrés, d’un grand mât culminant à 25 mètres au-dessus de la ligne de flottaison, et posée sur une coque de bois massif de 200 tonnes. La Nao Santa María, réplique fidèle du navire amiral de Christophe Colomb, fera escale à Loctudy, au quai du Blaz, du 23 au 26 avril 2026, de 10 heures à 20 h 30. L’ouverture au public est prévue sans interruption durant les quatre jours.
Un navire qui a changé le cours de l’histoire
Le 3 août 1492, trois bâtiments quittent le port andalou de Palos de la Frontera, en Espagne, sous le commandement de Christophe Colomb. La flotte se compose de deux caravelles légères — la Pinta et la Niña — et d’un navire plus imposant, que Colomb lui-même appelle constamment « nao » (navire) dans son journal de bord. Ce bâtiment, dont le capitaine est le navigateur et cartographe cantabre Juan de la Cosa et le pilote Alonso Niño, est le navire de tête de l’expédition. Son équipage compte une quarantaine d’hommes à son bord, sur les quelque 90 marins répartis entre les trois navires. La majorité sont originaires d’Andalousie, avec des marins basques, galiciens, portugais, génois, calabrais et vénitiens.
Après une escale à La Gomera, aux Canaries, et trente-trois jours de traversée, la flotte touche le Nouveau Monde le 12 octobre 1492. L’une des rencontres les plus décisives de l’histoire universelle — et qui scellera, pour le meilleur et pour le pire, le destin conjoint des deux hémisphères — vient d’avoir lieu.
Le nom de « Santa María » n’apparaît d’ailleurs pas dans les récits de Colomb lui-même. C’est son fils Hernando qui, dans la biographie qu’il consacre à son père, nomme pour la première fois le navire ainsi. Le chroniqueur Gonzalo Fernández de Oviedo, pour sa part, le désigne sous le nom de La Gallega — ce qui a longtemps accrédité l’idée d’une construction sur la côte galicienne.
Le destin de l’original fut tragique. Le jour de Noël 1492, alors que le navire croisait au large de l’île de La Española (aujourd’hui Haïti), il s’échoua à cause d’une manœuvre malheureuse d’un mousse laissé à la barre, et coula dans la baie dite de Caracol. Ses débris servirent à édifier le Fuerte Navidad, première installation européenne permanente sur le sol américain.
Une réplique née en Andalousie, mise à l’eau en 2018
La Nao Santa María que les Loctudystes pourront découvrir au quai du Blaz n’est évidemment pas l’original — englouti depuis plus de cinq siècles — mais une reconstitution grandeur nature, dont la construction a représenté un véritable défi technique et historique. Le chantier a été entrepris par la Fondation Nao Victoria, avec l’appui du Conseil provincial de Huelva et de la Fondation Cajasol, aux chantiers navals Varaderos Palmás de Punta Umbría, en Andalousie espagnole. Quatorze mois de travail, de janvier 2017 à mars 2018, et près d’une centaine de professionnels mobilisés : constructeurs de navires, charpentiers de marine, cordiers, historiens, ingénieurs, artisans divers — tous au service d’une reconstitution la plus fidèle possible à l’état des connaissances historiques sur le navire originel.
La mise à l’eau officielle a eu lieu le 16 mars 2018. Les chiffres donnent une idée de l’ouvrage : longueur maximale de 28,30 mètres, largeur de 7,96 mètres, hauteur de 3,49 mètres, tirant d’eau de 2,50 mètres, déplacement de 200 tonnes. Trois mâts — grand mât, artimon et beaupré — portent cinq voiles : grand-voile (172,8 m²), trinquette (41 m²), hunier (39,2 m²), misaine (30,9 m²) et civadière (19,5 m²). Le gréement dormant et courant totalise près de trois kilomètres de cordages.
À bord, vingt membres d’équipage se partagent cinq lits triples superposés, celui du capitaine étant logé dans les quartiers de la dunette. La réplique concilie rigueur historique et contraintes de la navigation moderne : on y trouve, dissimulés dans la coque, les moteurs auxiliaires, la salle des machines, GPS, radio, radar, réservoirs de carburant et d’eau, réchaud à gaz, douches et éviers. La partie inférieure de la coque a été aménagée en espace d’exposition — c’est cette cale muséographique que les visiteurs découvriront à Loctudy, avec une présentation complète de l’histoire du navire originel, des grands voyages de découverte, et des spécificités techniques de cette architecture navale du XVᵉ siècle.
Un navire itinérant, déjà vu par des centaines de milliers de personnes
Depuis sa mise à l’eau en 2018, la Nao Santa María a mené une vie de voyageuse permanente. Sa première grande tournée, la 525 Encounter Between Two Worlds Tour (2018), destinée à commémorer les 525 ans de la rencontre entre les deux mondes, l’a conduite dans dix-sept villes d’Espagne et de France et a attiré plus de 100 000 visiteurs. À l’automne 2018, le navire a traversé l’Atlantique pour poursuivre sa tournée à Porto Rico et aux États-Unis.
En 2019, la caravelle a pris part au Tall Ships Challenge® Great Lakes, l’un des plus grands événements de voile traditionnelle au monde, organisé par Tall Ships America. Vingt-six villes visitées, plus de 5 000 milles nautiques parcourus, plus de 200 000 visiteurs accueillis à son bord. Les images du navire amarré à New York face à la statue de la Liberté, ou devant les marinas de Cleveland, de Bay City (Michigan), de Saint Augustine (Floride) ou d’Erie (Pennsylvanie) ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias nautiques nord-américains.
Entre 2020 et 2024, le navire a été temporairement rebaptisé Nao Trinidad pour participer aux commémorations du 500ᵉ anniversaire du premier tour du monde effectué par l’expédition Magellan-Elcano (1519-1522), entraînant une nouvelle vague de tournées promotionnelles principalement en Amérique du Nord. Le bâtiment a depuis retrouvé son identité originelle de Santa María et reprend ses escales européennes.
Une escale bretonne qui mérite le détour
L’escale à Loctudy s’inscrit dans une tournée européenne 2026 du navire. Pour les amateurs d’histoire maritime, d’architecture navale et pour les familles, l’occasion est rare et mérite d’être saisie. Les répliques historiques de cette qualité, naviguant réellement et ouvertes au public, ne sont pas si nombreuses en Europe. Le pays bigouden, qui entretient depuis des siècles un lien intime avec la mer — pêche, cabotage, construction navale, expéditions lointaines — est un cadre particulièrement cohérent pour accueillir ce type de patrimoine flottant.
La visite permet aux enfants comme aux adultes de prendre la mesure concrète des conditions dans lesquelles les marins des Grandes Découvertes entreprenaient leurs voyages : l’exiguïté des espaces, la modestie des moyens de navigation, la précision des voilures, la rudesse de la vie à bord pendant des semaines voire des mois en pleine mer. Un rappel utile à une époque où le GPS de notre smartphone nous fait volontiers oublier ce que signifiait vraiment « s’aventurer vers l’inconnu ».
Informations pratiques :
- Lieu : Quai du Blaz, Loctudy (Finistère)
- Dates : du jeudi 23 au dimanche 26 avril 2026
- Horaires : de 10 h à 20 h 30, tous les jours
- Site officiel : www.naosantamaria.org
- Production : Vela Cuadra Producciones (Séville, Espagne)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
4 réponses à “La réplique du navire amiral de Christophe Colomb fait escale à Loctudy du 23 au 26 avril”
Quai du Blaz Mad, un peu d’animation dans ce port victime de l’Europe comme beaucoup d’autres surtout à l’Ouest car les Kollabos de France sont aux ordres de von der Layen. France pays à la ramasse.
Oh là là Raymond, au lieu de nous émouvoir, vous nous énervez. Laissez votre amertume et vos frustrations de côté, pour une fois.
Une réplique de la Santa maria existait, dans le port de Barcelone, dans les années 1965..
Ou va l’exposition après Loctudy?