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Un sondage OpinionWay réalisé pour le groupe de télésurveillance Verisure, publié ce 5 mai 2026 et mené du 8 au 10 avril sur un échantillon de 2 026 personnes dont 1 059 femmes, livre des chiffres qui ne surprendront personne, mais qui méritent d’être posés noir sur blanc. L’insécurité dans l’espace public est désormais le quotidien d’une majorité de Françaises, et tout particulièrement des plus jeunes. Le constat est massif. Sa lecture, en revanche, mérite d’être un peu plus franche que celle proposée par les communicants.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Selon l’enquête, 65 % des femmes déclarent s’être déjà senties en insécurité dans l’espace public, contre 41 % seulement des hommes. Le chiffre grimpe à 81 % chez les femmes de moins de 35 ans. Et surtout, 78 % d’entre elles estiment se sentir moins en sécurité aujourd’hui qu’il y a quelques années, ce qui souligne une dégradation continue de la situation, perçue subjectivement et confirmée par à peu près toutes les statistiques officielles disponibles depuis vingt ans.
Les situations les plus redoutées sont identifiées sans ambiguïté : les soirées et déplacements nocturnes (62 % des femmes), les transports en commun (46 %, contre 37 % chez les hommes), les lieux isolés et peu fréquentés comme les ruelles ou les parkings (41 %). Le retour seule le soir inquiète 42 % des femmes interrogées. L’inquiétude s’étend par ailleurs au cercle familial : 68 % des sondées s’inquiètent pour leurs enfants ou ceux de leur entourage lorsqu’ils sont dehors seuls, et 61 % redoutent les sorties d’un parent âgé.
Le sentiment de vulnérabilité face au danger est lui aussi nettement plus marqué : 30 % des femmes confient que leur premier réflexe en cas d’agression serait de ne pas agir, 10 % se déclarent susceptibles de se retrouver tétanisées sans savoir comment réagir — chiffre qui grimpe à 14 % chez les moins de 35 ans, contre seulement 3 % chez les hommes.
Le smartphone comme garde du corps
Faute de mieux, les Françaises se sont massivement tournées vers la technologie. 51 % d’entre elles se sont déjà déplacées en gardant un proche au téléphone pour se sentir en sécurité. Le comportement devient la norme chez les moins de 35 ans (80 %). Près de la moitié des femmes (47 %) partagent systématiquement leur géolocalisation en temps réel avec leurs proches, proportion qui monte à 69 % chez les jeunes femmes. 77 % estiment que la possibilité de contacter immédiatement une assistance via leur smartphone renforcerait leur sentiment de sécurité.
Le groupe Verisure, qui a commandé l’étude, propose précisément ce type de service avec son application Verisure Guardian : bouton SOS relié à un centre d’agents, minuteur de déplacement qui déclenche une alerte automatique en cas de non-désactivation à l’arrivée, partage de géolocalisation entre les membres d’un même groupe familial, alertes automatiques sur les entrées et sorties de « zones de confiance ».
L’offre est cohérente avec la demande. Elle s’inscrit dans une logique commerciale parfaitement légitime, et le service rendu aux clientes est, à n’en pas douter, réel.
Le mot que les communicants ne prononcent jamais
Reste qu’à lire le communiqué accompagnant l’enquête, comme la plupart des analyses publiques sur ce sujet, on ne peut s’empêcher de noter une étrange absence. Les Françaises ont peur, c’est entendu. Elles développent des stratégies d’évitement, c’est documenté. Elles s’équipent d’applications, c’est l’offre qui leur est faite. Mais d’où vient le danger ? Qui les agresse ? Quelle est la nature des profils des auteurs des incivilités, des intimidations, des attouchements, des viols qui peuplent les chroniques judiciaires de toutes les grandes villes françaises ?
Sur ce point précis — le seul qui permettrait pourtant d’ébaucher des solutions de fond —, le silence est massif. Les statistiques du ministère de l’Intérieur, les rapports des observatoires régionaux des transports, les enquêtes de victimation, les études de la Préfecture de police de Paris, et même les confidences hors caméra de policiers municipaux ou d’agents de la RATP convergent depuis des années vers un constat que les communicants, les politiques et les marques préfèrent contourner. La désignation des auteurs prédominants des agressions de rue, en France, dans les transports en commun et aux abords des grands centres urbains, oscille entre l’esquive, le flou démographique et l’euphémisme assumé. Le choix d’une expression comme « jeunes hommes » est devenu un consensus technique pour ne pas avoir à préciser ce que toute personne fréquentant régulièrement le RER B, les gares parisiennes, certains quartiers marseillais ou nantais sait pertinemment.
L’omerta tient à un présupposé politique : nommer la part disproportionnée prise par certains groupes ethniques et culturels dans les agressions de l’espace public reviendrait, dit-on, à stigmatiser. C’est l’inverse qui est vrai. C’est l’incapacité à nommer qui empêche de traiter, et qui condamne les femmes à se débrouiller toutes seules avec des applications, des bombes lacrymogènes et des stratégies de contournement.
Les blocs de béton aux marchés de Noël, version intime
Le parallèle est éclairant. Depuis 2016, après l’attentat au camion-bélier de Berlin, les marchés de Noël français se sont retrouvés cernés par des blocs de béton hideux, présentés comme la solution aux risques de véhicule-bélier. Personne, dans les communiqués officiels, ne précise contre quel type d’auteur le dispositif est censé prémunir les chalands. Le béton tient lieu de réponse politique. Il dispense de mener une politique migratoire ferme, une politique pénale exigeante, une politique de fermeture des prêches radicaux. Il visualise le problème sans jamais le nommer. Il transforme une carence politique en infrastructure urbaine.
Avec les applications de sécurité personnelle pour femmes, on assiste exactement au même mouvement, transposé à l’échelle individuelle. À défaut de mener une politique sécuritaire et migratoire qui rendrait l’espace public à nouveau habitable pour les femmes — et pour tout le monde —, on leur vend des outils numériques qui, dans le meilleur des cas, accéléreront l’arrivée des secours après l’agression. Le smartphone n’empêche pas l’attaque ; il en réduit, peut-être, les conséquences. La logique reste palliative.
Et à mesure que cette logique s’installe, on voit se dessiner une société dans laquelle il devient normal pour une jeune femme de 22 ans de garder sa mère au téléphone jusqu’à son palier, de partager sa géolocalisation en permanence avec ses amis, de programmer un minuteur d’alerte avant chaque sortie nocturne. L’espace public, dans une démocratie qui se respecte, devrait être un bien commun accessible à tous sans dispositif de survie. Il est en train de se transformer en zone de risque permanent, dont on ne sort que muni d’un attirail technologique digne d’une ONG en zone de conflit.
Les conséquences invisibles d’un renoncement
Il faudrait également s’interroger sur ce que ce climat fait aux jeunes femmes qui le subissent. La sidération devant le danger, signalée par 14 % des moins de 35 ans, ne tombe pas du ciel. Elle est le produit d’un environnement où l’on apprend dès l’adolescence à anticiper en permanence l’agression, à éviter certains lieux, à ne pas porter telle tenue dans tel quartier, à raser les murs, à dissimuler son téléphone, à ne pas regarder dans les yeux. C’est une éducation à la peur, dispensée tacitement par tous les retours d’expérience de copines, de cousines, de mères. Et c’est une mutilation silencieuse de la liberté de mouvement, qui n’a pas d’équivalent chez les hommes.
Présenter cela comme une fatalité technologique à laquelle il faudrait répondre par des abonnements à 9,99 € par mois est non seulement insuffisant : c’est un aveu d’impuissance politique. Le rôle de l’État, dans une nation digne de ce nom, est d’assurer la sécurité de la voie publique, de jour comme de nuit, sans que les citoyennes aient besoin d’engager un service privé pour aller faire leurs courses. Le rôle de l’élu local est de poser le problème dans ses véritables termes, démographiques compris, et d’agir en conséquence sur les causes profondes — politique migratoire, fermeté pénale, refus des accommodements communautaires, lutte contre l’islamisme et contre les sous-cultures de la rue qui dévalorisent les femmes au nom d’une vision archaïque du rapport entre les sexes.
À défaut, les Françaises continueront d’acheter des applications. Les marchés de Noël resteront entourés de béton. Et les responsables continueront d’expliquer, sondage à la main, que tout cela est très préoccupant — sans jamais désigner ce qu’il faudrait pourtant désigner pour commencer à reculer
Méthodologie de l’étude : Réalisée par OpinionWay pour Verisure du 8 au 10 avril 2026, auprès d’un échantillon de 2026 personnes dont 1059 femmes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “65 % des femmes ont peur dans l’espace public : à défaut d’agir, on leur vend des applis”
Très bon article ; les femmes ont peur partout , pas seulement dans l ‘espace public ;la solution est pourtant simple :répression , punition et surtout arrêt total de cette invasion incontrôlée d ‘ une population archaïque et violente dont les critères de civilisation n ‘ ont rien à voir avec les nôtres et qui ont, dans notre pays , tous les droits ; car c ‘est un fait indéniable qu il y a une surreprésentation de l’ immigration dans cette insécurité ; mais qui aura le courage de s’y attaquer ?