Gromming gang au Pays de Galles : quatre hommes et une femme reconnus coupables d’avoir exploité sexuellement trois adolescentes à Rhyl

Publicité

Une station balnéaire du nord du Pays de Galles, une station-service, un soir de printemps 2022. Mustafa Iqbal, 43 ans, y aborde deux adolescentes de 14 et 15 ans et les convainc de le suivre chez lui. Quatre ans plus tard, ce lundi 3 août, au terme d’un procès de trois mois devant la Crown Court de Caernarfon, quatre hommes et une femme ont été reconnus coupables d’avoir organisé et couvert l’exploitation sexuelle de trois mineures à Rhyl et dans ses environs, entre avril 2022 et mars 2024.

Les trois victimes, désignées devant le tribunal comme Enfant A, B et C, avaient respectivement 16, 15 et 14 ans. L’une d’elles était placée en foyer. Le ministère public a décrit des adolescentes droguées — cannabis, cocaïne — puis abusées dans des voitures, des logements et des commerces de la ville et du comté de Denbighshire. Le procureur Owen Edwards KC a résumé la logique du groupe en parlant de jeunes filles traitées comme des « marchandises sexuelles ».

Un dealer, un cafetier, un réfugié, un ancien maçon

Mustafa Iqbal, domicilié Trellewelyn Road à Rhyl, a été présenté à l’audience comme la cheville ouvrière du dispositif. Dealer et chauffeur-livreur pour un établissement de restauration rapide, il a été déclaré coupable de 21 infractions, dont 4 viols et 3 agressions sexuelles, mais aussi d’incitation de mineures de moins de 16 ans à des actes sexuels, de plusieurs chefs relevant du Modern Slavery Act, d’association en vue de la traite, de trafic de cocaïne et de cannabis, et de violation d’une mesure de prévention de la traite dont il faisait déjà l’objet. Il a par ailleurs plaidé coupable de détention d’une arme prohibée. Il n’a pas témoigné pour sa défense.

Après cette première rencontre, Iqbal avait appelé deux amis : Mohamed Arshad, 36 ans, propriétaire du Zayn’s Coffee House, Market Street — établissement depuis fermé —, et Ziaullah Badshah, 25 ans. Les adolescentes ont raconté avoir bu, fumé du cannabis et joué à un jeu de société alcoolisé avant les premiers abus. Arshad a été condamné pour 3 viols, association en vue de la traite, travail forcé et fourniture de cannabis à des mineures ; l’un des viols a été commis dans une ruelle attenante à son commerce. Badshah, arrivé à Rhyl à 15 ans comme réfugié pakistanais après la destruction de sa maison et la mort d’un proche, a été reconnu coupable de 2 viols et des mêmes chefs de traite et de travail forcé.

Publicité

Le quatrième homme, Jaswinder Singh, 61 ans, ancien maçon domicilié River Street, a été condamné pour deux chefs d’association en vue de la traite et fourniture de cannabis. C’est lui qui a fait basculer l’affaire.

Le voyage à Londres qui a fait tomber le réseau

En emmenant Enfant B, 15 ans, à Londres pour y voir sa famille, Singh lui avait demandé de se faire passer pour son aide à domicile âgée de 22 ans. Motif invoqué devant la cour : éviter que sa sœur ne le soupçonne d’appartenir à un « Asian grooming gang ». Sur place, une adulte s’est alarmée et a prévenu la police. Les quatre hommes ont été arrêtés, ont nié, et n’ont pas été poursuivis à ce stade.

C’est ensuite qu’Iqbal a pris pour cible Enfant A, 16 ans, à qui il fournissait crack et cannabis en échange de rapports sexuels. La jeune fille a fini par se rendre à la police après avoir été menottée et violée. Sa démarche a permis d’ouvrir la procédure contre les cinq accusés.

Cinquième prévenue, Sarah Gray, 53 ans, domiciliée à Gronant (Flintshire), grand-mère, laissait selon l’accusation son domicile servir de base à Iqbal, et avait lavé la literie après un signalement de viol. Elle a été déclarée coupable d’entrave à la justice, de complicité et d’association en vue du trafic de cocaïne et de cannabis.

La ligne de défense : « elles disaient avoir 17 ans »

Les cinq prévenus ont contesté la quasi-totalité des faits depuis le début. Les accusés ont soutenu que les adolescentes s’étaient présentées comme âgées de 17 ans. L’accusation a répliqué qu’aucun d’eux n’avait cherché à vérifier, et qu’Iqbal comme Arshad avaient au contraire menti sur leur propre âge pour se rajeunir — 22 et 25 ans annoncés aux jeunes filles. Interrogé sur son silence face à ce mensonge, Arshad a reconnu devant les jurés qu’il aurait dû rectifier. Il a également affirmé qu’il ne l’aurait jamais fait monter dans sa voiture s’il avait connu son âge réel, ce que le parquet a contesté message à l’appui.

L’accusation a aussi versé au dossier des échanges écrits entre Singh et Arshad évoquant une facturation, que le cafetier a attribués à des commandes de nourriture, jugeant absurde toute autre interprétation.

Les quatre hommes ont été maintenus en détention ; Sarah Gray a été remise en liberté sous caution. L’inspecteur en chef Richard Sidney, de la police du nord du Pays de Galles, a souligné que des enfants de 14 à 16 ans avaient été exploités par des adultes ayant tiré parti de leurs vulnérabilités.

Le conseil du comté de Denbighshire a salué le courage des victimes et annoncé une revue conjointe avec le North Wales Safeguarding Board, distincte de la procédure pénale, destinée à examiner l’action des différents services et à en tirer des enseignements.

Les peines seront prononcées le 25 septembre à la Crown Court de Caernarfon.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2026, dépêches rédigée par la rédaction de breizh-info.com, parfois avec l’aide d’une Intelligence artificielle (correction, mise en forme). Dépêche libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Une réponse à “Gromming gang au Pays de Galles : quatre hommes et une femme reconnus coupables d’avoir exploité sexuellement trois adolescentes à Rhyl”

  1. Tirpitz dit :

    Malgré les scandales de Telford et Rotherham, ça continue. Pas étonné du tout. Vous remarquerez que les trois gamines étaient toxicomanes. L’immigration n’est jamais la cause première de notre déclin, elle n’est que la conséquence. Elle se nourrit de la déchéance sociale engendrée par ce régime démocratique et libéral. Une jeune fille bien élevée sous un régime de fer ne se drogue pas et un régime de fer ne fait pas venir de créatures du Mordor sur son territoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Allemagne : une plainte pour viol collectif classée parce que la victime de 14 ans « ne s’est pas défendue »

Découvrir l'article

A La Une, Immigration

Grand remplacement en Angleterre et au Pays de Galles : l’immigration représente 94 % de la croissance démographique

Découvrir l'article

International

Pays de Galles. À Llantwit Major, l’accueil enthousiaste d’un centre pour réfugiés vire à la polémique locale

Découvrir l'article

International

« La Hongrie ressemble à la Grande-Bretagne de 1992 » — un chercheur britannique dresse le bilan de cinq années à Budapest

Découvrir l'article

International

Charles III à la « mosquée écologique » de Cambridge : polémique sur le rôle du souverain

Découvrir l'article

International

Royaume-Uni : le ministère de la Justice va en justice pour empêcher la publication des chiffres de la délinquance étrangère

Découvrir l'article

RENNES

Horreur à Rennes : une octogénaire violée dans le hall de son immeuble, un mineur extra-européen de 16 ans interpellé

Découvrir l'article

Culture, Histoire, International, Patrimoine

Pays de Galles : Le comté de Ceredigion et les syndicats s’engagent pour l’utilisation de la langue galloise au sein des services

Découvrir l'article

Justice, Société

« Viol sans contact physique » : évolution nécessaire du droit ou dénaturation du crime ?

Découvrir l'article

International

Viols, agressions sexuelles : en Ulster, des mineurs coupables mais laissés en liberté

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.