Que célèbre-t-on à l’Ascension ? Le sens d’une fête chrétienne, quarante jours après Pâques

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Ce jeudi 14 mai 2026, les Français bénéficient d’un jour férié. Pour beaucoup, c’est l’occasion d’un long week-end de pont vers le dimanche, voire d’une « semaine de chocolat » à étaler les congés. Pour les chrétiens, et notamment pour les catholiques bretons, c’est tout autre chose : la solennité de l’Ascension du Seigneur, l’une des cinq fêtes cardinales de l’année liturgique catholique. Une fête essentielle, marquée par la couleur blanche des vêtements liturgiques — couleur de la lumière, de la fête et de la joie. Elle s’inscrit dans le cycle pascal, quarante jours après la Résurrection du Christ et dix jours avant la Pentecôte. À une époque où la signification religieuse des jours fériés français s’efface du débat public, il n’est pas inutile de rappeler ce que célèbrent réellement les fidèles ce jour-là.

Quarante jours après Pâques : la fin du temps des apparitions

Le récit biblique de l’Ascension figure dans plusieurs sources du Nouveau Testament : l’Évangile selon Marc (chapitre 16, verset 19), celui de Luc (chapitre 24, verset 51) et surtout le livre des Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6 à 11), attribué au même évangéliste Luc. Le texte des Actes situe l’événement quarante jours après la Résurrection. Réuni une dernière fois avec ses disciples, Jésus leur annonce qu’ils recevront bientôt « une force, celle de l’Esprit-Saint » et qu’ils seront ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre ». Puis il est « élevé » sous leurs yeux, et une nuée le dérobe à leur regard. Deux hommes vêtus de blanc apparaissent alors aux apôtres pour leur dire : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Cette dernière phrase a une importance théologique considérable. L’Ascension n’est pas une simple disparition triste : c’est un appel à l’action, à l’engagement dans le monde, à la prédication de l’Évangile. Le récit de Luc précise d’ailleurs que les apôtres « retournèrent à Jérusalem, remplis de joie ». La séparation n’est pas vécue comme une perte, mais comme l’accomplissement d’une promesse et le début d’une mission nouvelle.

Le sens profond : un nouveau mode de présence

Pour la théologie chrétienne, l’Ascension marque la fin de la présence physique de Jésus sur la Terre, après sa mort et sa Résurrection. Mais elle n’est nullement un abandon. Le Christ promet la venue de l’Esprit-Saint dix jours plus tard, lors de la Pentecôte, événement fondateur de l’Église et de la mission apostolique. Il continue d’être présent auprès des hommes, mais d’une présence désormais intérieure, universelle et hors du temps, particulièrement manifeste dans les sacrements — au premier rang desquels l’Eucharistie —, dans la Parole de Dieu, dans le peuple chrétien et dans le ministère des évêques, prêtres et diacres.

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Le Catéchisme de l’Église catholique précise que monter aux cieux n’est pas un voyage spatial, encore moins un déplacement physique vers les astres. Les Cieux désignent « l’état de bonheur suprême et définitif » auprès de Dieu, état que chaque homme est appelé à partager. L’Ascension préfigure ainsi pour les chrétiens la promesse de la vie éternelle : ce que le Christ vit désormais auprès du Père, tout fidèle est appelé à le partager après la mort.

Le nombre quarante, fil rouge biblique

Le délai de quarante jours entre Pâques et l’Ascension n’est pas anodin. Le nombre quarante revient avec insistance dans toute la Bible : quarante jours de pluie pour le déluge de Noé, quarante années passées par le peuple hébreu dans le désert après la sortie d’Égypte, quarante jours de Moïse sur le mont Sinaï avant de recevoir les Tables de la Loi, quarante jours de jeûne du Christ au désert avant le début de sa vie publique, quarante jours du Carême chrétien avant Pâques. Cette durée symbolise toujours un temps d’attente, d’épreuve, de préparation ou d’apprentissage. Les quarante jours entre Pâques et l’Ascension correspondent à la dernière période d’enseignement que le Christ ressuscité dispense à ses disciples avant son élévation.

Une fête commune à tous les chrétiens

L’Ascension est l’une des très rares grandes fêtes liturgiques communes à l’ensemble des chrétiens : catholiques, orthodoxes, protestants, et fidèles des Églises antéchalcédoniennes (coptes, arméniens, syriaques). Elle est explicitement mentionnée dans les deux principaux credo de la foi chrétienne : le Symbole des apôtres (« Il est monté aux cieux, est assis à la droite du Père tout-puissant ») et le Symbole de Nicée-Constantinople. Pour les orthodoxes, elle figure parmi les Douze grandes fêtes du calendrier liturgique.

Les dates diffèrent toutefois entre Occident et Orient en raison du décalage entre calendriers grégorien et julien. En 2026, les catholiques et protestants célèbrent l’Ascension le jeudi 14 mai, tandis que les orthodoxes l’ont fêtée le 21 mai. Certains pays catholiques — Italie, Espagne, Pologne, Portugal, Royaume-Uni — la célèbrent désormais le dimanche suivant pour des raisons pratiques liées au travail, mais la France a conservé son caractère férié au jeudi, conformément à la tradition.

Un cantique breton presque oublié

Pour la Bretagne, terre de chrétienté ancienne, l’Ascension mérite une attention particulière. Le site Ar Gedour, qui œuvre à la sauvegarde du patrimoine spirituel breton, a publié il y a quelques années un texte rappelant l’existence d’un cantique breton dédié à l’Ascension, aujourd’hui largement oublié. Il s’agit d’une paraphrase en langue bretonne de l’hymne latine Salutis humanae Sator, traditionnellement chantée aux vêpres de l’Ascension et datée du VIIᵉ ou VIIIᵉ siècle.

Deux versions distinctes ont été adaptées en breton : l’une figurant dans le Leor kantikoù brezhonek eskopti sant Brieg ha Landreger (livre de cantiques bretons du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier) de 1912 ; l’autre composée par le chanoine Le Priellec vers 1927 pour le diocèse de Vannes. Si les deux textes diffèrent, ils partagent une même métrique et peuvent se chanter sur la même mélodie, celle de O Kalon sakret ma Jezuz (Ô Cœur sacré de mon Jésus), elle-même tirée du Barzaz Breizh d’Hersart de La Villemarqué, dans la pièce Bosenn Ellian (la peste d’Elliant). Une partie du patrimoine spirituel breton qui mériterait amplement de retrouver sa place dans la liturgie des paroisses où la langue bretonne est encore vivante.

L’Ascension fait partie de ces fêtes religieuses dont la République française a conservé le caractère férié sans en assumer la signification. Le code du travail garantit aux salariés français un jour de repos chaque 14 mai 2026, héritage direct du calendrier catholique romain. Mais dans une société largement déchristianisée, où moins de 5 % de la population française pratique régulièrement le catholicisme, combien sont-ils encore à savoir précisément ce qu’on célèbre ce jour-là ?

L’Ascension rappelle pourtant une vérité essentielle de la civilisation européenne : nos calendriers, nos rythmes sociaux, nos jours de repos collectifs, notre architecture monumentale (cathédrales, abbayes, chapelles), nos toponymes, notre droit, notre littérature et nos arts plastiques portent l’empreinte indélébile du christianisme. Effacer cette mémoire pour des raisons idéologiques contemporaines reviendrait à priver le pays d’une partie de lui-même. Le pape Léon XIV, élu en mai 2025 successeur de François, a rappelé à plusieurs reprises depuis son élection cette dette civilisationnelle que l’Europe contemporaine doit reconnaître à la foi chrétienne, sans pour autant l’imposer à ceux qui ne la partagent pas.

Ce jeudi 14 mai 2026, dans les paroisses catholiques de Bretagne, des messes seront célébrées et des cantiques chantés. Quelques fidèles, bien moins nombreux qu’autrefois du fait du travail d’auto destruction d’une partie du clergé, mais toujours présents, marqueront cette quarantième journée à compter de Pâques. Pour les autres, qu’ils profitent du jour férié dans la bonne humeur — mais qu’ils sachent au moins, en ce jour de pont, ce que leurs grands-parents et arrière-grands-parents commémoraient avec ferveur : l’élévation du Christ ressuscité auprès de Dieu son Père, et la promesse offerte à chaque homme d’une vie qui ne s’achève pas avec la mort.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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6 réponses à “Que célèbre-t-on à l’Ascension ? Le sens d’une fête chrétienne, quarante jours après Pâques”

  1. fernand-arthur Dujardin dit :

    L’intelligence artificielle prise en défaut : il faudrait lire que les orthodoxes l’auront fêtée le 21 mai.

  2. guillemot dit :

    Malheureusement nous sommes arrivés dans une société où les gens connaissent mieux la liturgie de l’islam que celle du catholicisme.

  3. Pepers dit :

    Un grand MERCI pour votre message.

  4. François Arondel dit :

     »Nous n’avons pas encore pris en compte la transformation majeure qui se produit à notre époque : la fin d’une civilisation vieille de seize siècles » (Chantal Delsol;  » La fin de la Chrétienté »; page 9). Pour ceux qui ne connaissent pas Chantal Delsol, épouse Millon, nous rappelons que cette philosophe et sociologue, qui fut une élève de Julien Freund, est une catholique de tendance traditionaliste.
    La civilisation chrétienne européenne est morte tout comme la civilisation indo-européenne dont il ne reste rien en Europe. Ce n’est pas en regardant dans le rétroviseur que nous construirons l’Europe de demain.

  5. RAYMOND NEVEU dit :

    Ce matin à l’aurore au bois de rose j’ai vu un croissant sans beurre de lune puis j’ai senti le vent, ensuite quelques gouttes d’eau et enfin un rayon de soleil timide et fugace ce sont des élément réels depuis 4.000 ans sinon plus. Rien à voir avec les vents malodorants venus du Moyen Orient constellés d’élucubrations mentales comme ce péché originel et éternel dont l’Homme est affublé et une divinité débitée depuis 17 siècle en fines tranchettes fadasses de pain azyme sans aucun goût!

  6. Christiane dit :

    Merci Raymond, il fallait bien que quelqu’un fasse le parallèle facile et gratuit avec le Moyen-Orient. Pas de surprise de votre part. En même temps vous auriez pu aussi citer Van Der Leyen pour être complet, tant qu’à faire. Soupir.

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