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Un convoi est parti de Petite Bretagne pour rejoindre la Grande. Le Centre de l’Imaginaire Arthurien, installé au château de Comper, en forêt de Brocéliande, a traversé la Manche ce week-end pour participer au Robin Hood Festival, dans la forêt de Sherwood, dans le Nottinghamshire.
Ce n’est pas une visite de courtoisie. Depuis 2023, les deux forêts sont jumelées — Sherwood et Brocéliande, deux massifs légendaires où l’on trouve des chênes millénaires et des récits qui les sont presque autant.
Ce que les Bretons apportent à Sherwood
L’invitation vient des Sherwood Outlaws, la troupe qui incarne Robin et sa bande dans l’arène du festival, et qui s’était déjà produite au Centre de l’Imaginaire Arthurien.
Le week-end des 8 et 9 août, les Bretons présentent un spectacle d’arène qui fait se rencontrer deux légendes qui n’avaient a priori pas rendez-vous : celle de Robin des Bois et celle du roi Arthur. S’y ajoutent contes, musique, ateliers — dont la fabrication d’un œuf de dragon —, jeux et campement médiéval avec les Héritiers de la Table Ronde.
Claudine Glot, figure du Centre et autrice de référence sur la matière de Bretagne, fait le déplacement. Des concerts sont assurés avec l’Office de l’Imaginaire Ardennais.
C’est le genre d’initiative qui vaut mieux qu’un discours sur la coopération culturelle : deux associations, deux forêts, deux corpus légendaires celtiques et anglo-saxons, et des gens qui montent dans des camionnettes pour aller jouer chez les autres.
Quarante ans de festival
Le Robin Hood Festival fête cette année sa 40e édition. Né au début des années 1980, il est devenu la plus importante célébration au monde consacrée au hors-la-loi le plus célèbre de l’histoire — et la seule qui puisse revendiquer de se tenir chez lui.
Il se déroule sur trois week-ends du mois d’août.
1er et 2 août : les Knights of Nottingham Medieval Jousting Display Team ont assuré l’ouverture avec leur spectacle équestre, joutes et interprétation de la légende à cheval.
8 et 9 août : c’est le week-end « Fantasy in the Greenwood », celui où les Bretons entrent en scène aux côtés des Sherwood Outlaws. Au programme également : un campement d’orques et son entraînement militaire avec les Galactic Knights, des séances de Donjons et Dragons, les Krampus en visite estivale — ce qui ne manque pas de sel pour des créatures des nuits de décembre —, des fées, des ateliers de fabrication de baguettes magiques, et des personnages venus d’une galaxie lointaine avec l’East Midlands Garrison.
29, 30 et 31 août : week-end de clôture avec le retour des Outlaws et, nouveauté 2026, la division North Mercia d’Historia Normannis, qui fait revivre le quotidien du XIIe siècle — chevaliers, hommes libres, artisans, dames de cour et barons.
Traversent l’ensemble des trois week-ends : les Medieval Maniax et leurs numéros d’évasion, l’illusionniste Nathaniel Bagshot, le conteur musicien Bill Brookman, la fauconnerie de Go Active, le groupe Sloe Gin, le conteur Simple Tom, le marionnettiste Quentin et son cirque de puces.
Deux concours accompagnent l’anniversaire : une compétition de costumes ouverte à deux catégories d’âge — 14 ans et moins, 15 ans et plus, inscription 3 £ —, et un projet artistique participatif, le Bunting of Sherwood, dont les créations sont exposées le long du sentier du Major Oak.
Robin des Bois, une légende plus vieille qu’on ne croit
L’occasion de rappeler quelques éléments qui remettent les choses en place.
Le nom de Robin des Bois est associé à Sherwood depuis plus de 600 ans. La formule « Robyn hod in scherewod stod » — Robin des Bois se tenait dans Sherwood — provient d’un poème daté d’environ 1400.
Mais les mentions sont plus anciennes encore. En 1377, The Vision of Piers the Plowman de William Langland, l’un des textes majeurs de la littérature médiévale anglaise, évoque les « rymes of Robyn hood » — signe qu’elles étaient déjà largement connues. Ces rimes constituaient un répertoire de choix pour les ménestrels du XIVe siècle.
La légende repose sur un petit nombre de ballades. L’une des plus anciennes connues, A Lyttell Gest of Robyn Hode, remonterait au milieu du XVe siècle — et malgré son titre, elle compte plus de 400 strophes. On y trouve déjà Little John, Will Scarlet et le shérif de Nottingham.
Quant à l’identité de Robin, elle est débattue depuis des siècles : comte saxon résistant aux Normands pour les uns, simple malfaiteur pour les autres. Plusieurs candidats historiques ont été avancés, aucun n’emporte l’adhésion.
Sur place, deux lieux concentrent la légende. Le Major Oak, chêne colossal réputé avoir servi de cachette à Robin, et l’église Sainte-Marie d’Edwinstowe, où il aurait épousé Marianne. Une statue du couple se dresse devant la bibliothèque du village.
Pourquoi cela nous intéresse
Le parallèle entre Sherwood et Brocéliande est plus qu’un argument touristique.
Deux forêts, deux ensembles légendaires qui ont façonné l’imaginaire européen, deux territoires où la mémoire s’accroche à des arbres — le Major Oak d’un côté, le chêne à Guillotin ou l’arbre d’or de l’autre. Dans les deux cas, une matière narrative née au Moyen Âge, transmise par les conteurs, recyclée par la littérature, le cinéma et aujourd’hui le jeu vidéo.
Que des Bretons aillent porter Arthur en pays de Robin, et que les Outlaws anglais soient venus jouer à Comper, n’a rien d’anecdotique. C’est une coopération entre deux mondes qui se sont longtemps observés en chiens de faïence, et qui redécouvrent qu’ils partagent un même fonds — celtique pour partie, féodal pour le reste.
Le Robin Hood Festival se tient dans la forêt de Sherwood, à Edwinstowe (Nottinghamshire), les 1er et 2, 8 et 9, puis du 29 au 31 août 2026. Le Centre de l’Imaginaire Arthurien est installé au château de Comper, à Concoret (56), en forêt de Brocéliande.
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Sherwood-Brocéliande : les Bretons au 40e Robin Hood Festival”
Sur une carte, c’est Paimpont, je crois. Brocéliande, c’est dans l’imagination ou l’imaginaire !