Berlin tente une nouvelle expérience pour lutter contre les déchets et responsabiliser les visiteurs. Depuis ce jeudi 14 mai, la capitale allemande teste pendant un mois un dispositif baptisé « BerlinPay », inspiré du programme « CopenPay » lancé à Copenhague en 2024. Le principe est simple : proposer des activités gratuites, des boissons, des réductions ou des offres culturelles en échange d’actions jugées responsables pour l’environnement.
La campagne, pilotée par l’office de tourisme visitBerlin, doit durer jusqu’au 14 juin dans sa phase pilote. Elle vise à « inviter les Berlinois et leurs visiteurs à vivre Berlin de façon plus responsable », a déclaré Sabine Wendt, directrice de l’Office de tourisme berlinois, citée par Le Figaro. Une quarantaine d’entreprises, associations ou musées partenaires participent à l’opération.
Canoë, musées ou boissons contre gestes écologiques
Concrètement, les participants peuvent s’inscrire sur la plateforme de visitBerlin parmi quelque 5 000 activités proposées. Ils peuvent notamment planter une fleur, arroser des plantes, se rendre à vélo à une activité ou ramasser des déchets dans la Spree, le fleuve qui traverse Berlin. En retour, ils peuvent obtenir un tour de canoë, une boisson, une activité nautique ou une offre culturelle gratuite ou à prix réduit.
Le projet reprend une idée déjà expérimentée à Copenhague. Selon Le Figaro, 75 000 touristes y avaient participé lors du premier mois d’expérimentation, les locations de vélos avaient augmenté de 29 % et des tonnes de déchets avaient été collectées. Berlin espère donc transformer un geste civique élémentaire en incitation touristique, dans une ville régulièrement critiquée pour sa saleté.
Une capitale débordée par ses déchets
Car le problème est loin d’être anecdotique. Selon 24Heures, Berlin, près de 4 millions d’habitants et environ un million de touristes par mois, souffre d’une réputation tenace de ville sale. Malgré 27 000 poubelles installées, le manque de personnel pour les vider alimente les débordements. Les amendes, qui peuvent aller de 120 euros pour une cigarette à 1 500 euros pour une déjection canine, n’auraient pas suffi à changer les comportements.
L’objectif affiché dépasse donc le simple nettoyage ponctuel. « L’objectif à long terme, c’est le changement de mentalité », explique Eric Ziengs, chef du marketing de GoBoat, cité par Le Figaro. Il s’agit, selon lui, d’amener les participants à se dire qu’une boîte à pizza doit finir à la poubelle plutôt que dans la rue. En clair, Berlin parie sur la récompense là où la sanction n’a pas suffi. Reste à savoir si une capitale européenne doit vraiment compter sur ses touristes pour corriger l’incivisme ordinaire de ses propres rues.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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4 réponses à “À Berlin, les touristes récompensés pour ramasser les déchets”
Et si on commençait surtout à faire de l’instruction civique dans les écoles et à apprendre à nos » chers petits » les règles simples de la politesse, de la bienveillance, du respect, bref tout ce que les parents ne font plus , dans la grande majorité.
Berlin ose en parler (mais discrètement) Paris n’a rien à lui envier mais après Anne la Dingo on peut s’attendre à tout!
Tout d’abord élever ses enfants. C’est le travail des parents. L’instruction civique peut aider surtout si les parents sont mal élevés aussi. PV pour les parents si leur enfant n’est pas « civique ».
Néanmoins, si cette photo n’est pas de l’IA, il est tout à fait évident que les services municipaux ne font pas leur travail. Ce n’est pas aux habitants de savoir pourquoi. Ils payent des impôts et ils ont droit à un service, à Berlin, à Copenhague, dans le Bronx ou à Paris.
Il n’y a pas de chômage à Berlin ? Il n’y a pas de véhicules pour ramasser les poubelles ? Deux fois par jour s’il le faut ! Et demander aux fabricants de limiter les déchets d’emballage autant que faire se peut.
Si déjà on achetait plus en vrac et moins sous plastique, si on avait une gourde d’eau et revenions à des plaisirs alimentaires plus simples, ce serait déjà moins la chienlit niveau déchets.