Après les grandes méduses observées cet été sur le littoral breton, d’autres organismes marins gélatineux attirent l’attention dans la baie de La Baule. Petites, translucides et presque invisibles dans l’eau, les « noix de mer » ont été particulièrement remarquées à la fin du mois de juillet. Leur contact peut surprendre ou rebuter, mais elles ne piquent pas et ne présentent aucun danger pour les baigneurs.
Les postes de secours sont régulièrement interrogés par des vacanciers qui les confondent avec de petites méduses. Une sauveteuse au poste Concorde a expliqué à France 3 Pays de la Loire, le 29 juillet, n’en avoir encore jamais observé au cours de ses six saisons à La Baule. Un autre surveillant a toutefois indiqué à France Bleu Loire Océan que quelques spécimens étaient déjà visibles l’année précédente. Leur abondance paraît donc inhabituelle aux yeux des témoins, sans qu’aucun comptage scientifique permette de parler formellement de prolifération.
Ni noix ni méduse
La noix de mer, dont le nom scientifique est Mnemiopsis leidyi, n’est pas une méduse mais un cténophore pélagique. Cet organisme transparent et ovale mesure généralement de 3 à 12 centimètres. Sa surface est parcourue par huit rangées de peignes ciliés qui produisent, sous la lumière, des reflets irisés.
Contrairement aux méduses, elle ne possède pas de cellules urticantes. Un contact accidentel ne provoque donc ni piqûre ni brûlure, même si la sensation gélatineuse peut être désagréable. Elle capture le plancton grâce au mucus qui recouvre ses lobes et se nourrit notamment d’œufs de poissons et de larves de petits organismes marins.
Sa présence dans l’Ouest n’est pas entièrement nouvelle. L’espèce est attestée dans le golfe de Gascogne depuis 2010 et en Bretagne depuis 2014. Son arrivée dans l’estuaire de la Loire n’est pas précisément datée et pourrait remonter aux années 2000.
Image d’une « Noix de mer ». Source : capture YouTube France 3 Occitanie
Inoffensive pour l’homme, à surveiller dans la nature
Originaire de l’Atlantique nord-américain, Mnemiopsis leidyi a été introduite dans plusieurs mers européennes, probablement transportée par les eaux de ballast des navires. Benoît Frémont, directeur d’exploitation de l’Océarium du Croisic, estime que son arrivée actuelle dans la baie dépend avant tout des courants, plutôt que de la seule chaleur estivale.
La noix de mer ne menace donc pas les baigneurs. Son potentiel invasif mérite néanmoins d’être surveillé : lors de proliférations massives, cette grande consommatrice de zooplancton peut perturber les chaînes alimentaires. Rien ne permet toutefois d’affirmer qu’un tel bouleversement se produit actuellement à La Baule.
Ni panique ni indifférence, donc. La mer n’est pas une piscine aseptisée, mais un milieu vivant et changeant. Ces curieuses noix de mer en offrent cet été une nouvelle illustration.
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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