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Les derniers chiffres publiés par le Département des Côtes d’Armor relancent le débat sur la qualité de l’eau dans le département. Alors que les ventes de pesticides repartent à la hausse depuis plusieurs années, les analyses montrent une contamination persistante de nombreux cours d’eau.
Selon le bulletin Inf’Eaux du Département, plusieurs substances phytosanitaires ont vu leurs ventes progresser entre 2020 et 2023. Les ventes de prosulfocarbe, un herbicide classé toxique pour les organismes aquatiques, sont ainsi passées de 35 à 66 tonnes. Celles de S-métolachlore, désormais interdit, ont plus que doublé sur la même période, passant de 26 à 53 tonnes avant son retrait du marché. Le glyphosate demeure pour sa part la substance la plus vendue dans le département avec 104 tonnes commercialisées en 2023.
Lamballe Terre et Mer particulièrement touchée
Cette utilisation se retrouve dans les analyses réalisées sur les rivières costarmoricaines. En 2025, 124 substances différentes ont été identifiées dans les 33 cours d’eau suivis par le Département et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Les rivières du département ont été exposées à 23 substances en moyenne sur l’année.
Les cours d’eau du territoire de Lamballe Terre et Mer figurent parmi les plus touchés. La Flora, l’Islet, le Gouëssant et le Frémur comptent parmi ceux où le plus grand nombre de molécules a été détecté. L’Islet a enregistré la concentration globale la plus élevée du département avec 2,79 microgrammes par litre lors des dernières mesures et jusqu’à 4,27 microgrammes par litre en décembre 2025.
Le rapport souligne également la présence persistante de substances interdites depuis plusieurs années. Le métabolite du chlorothalonil, un fongicide retiré du marché en 2020, a ainsi été retrouvé dans 97 % des analyses réalisées.
Un débat relancé sur les pratiques agricoles
Face à ces résultats, le Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d’Armor (GAB 22) appelle à renforcer le soutien à l’agriculture biologique. Son président, Antoine Person, estime que la hausse des ventes de pesticides et la contamination persistante des cours d’eau démontrent « l’urgence d’accélérer le développement des systèmes agricoles qui produisent sans pesticides de synthèse ».
Le Département rappelle de son côté que « la présence de ces substances n’est pas sans conséquence sur la vie aquatique » et qu’elle représente également « un risque pour la ressource en eau potable ». Un constat qui continue d’alimenter les interrogations sur l’efficacité des politiques de réduction des pesticides mises en œuvre depuis plusieurs années et sur l’avenir du modèle agricole breton.
Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Maasaak) (photo d’illustration)
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