Le pape déclare la remigration « antichrétienne »… quand le Vatican menace de 4 ans de prison les migrants illégaux [L’Agora]

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Personne n’a peut-être mieux analysé le déclin du christianisme en Europe que Nietzsche. Parmi ses thèses, la plus terre à terre et la plus pertinente dans le cas qui nous occupe est sans doute d’avoir relevé à quel point le décalage entre la théorie — les Évangiles — et la pratique — l’institution ecclésiastique — a sapé la crédibilité de l’Église. On me rétorquera qu’il n’y avait nul besoin de convoquer le marteau du philosophe allemand pour enfoncer cette porte ouverte. Ce divorce grotesque entre les sermons vertueux et le cynisme des clercs alimente la chronique depuis la naissance même de l’institution. Et le nouveau pape n’y échappe pas.

« La remigration n’est pas une réponse chrétienne »

La remigration est récemment passé de délire d’extrême droite à concept central du débat public. Désormais, chaque acteur politique ou institutionnel est sommé de se positionner. Même le pape s’est prêté à l’exercice : interrogé par des journalistes à Castel Gandolfo, il a tranché :

« La remigration ? Ça ne me semble pas être la réponse la plus chrétienne.

Nous ne connaissons pas toujours les raisons pour lesquelles ces personnes ont quitté leur pays. Donc, en disant simplement que nous les renvoyons, ce serait comme dire que nous nous lavons les mains du problème. Les gens doivent au contraire être traités avec respect ».

Une réponse qui a suscité la colère de nombreux partisans de la remigration, qui n’ont pas hésité à souligner la bonne vieille hypocrisie des prélats en rappelant que le Vatican vante une des politiques des plus répressives au monde en matière d’immigration :

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  • Si l’entrée non autorisée est commise par la force, par des menaces, par la violence ou par la tromperie, le contrevenant risque 1 à 4 ans d’emprisonnement.
  • Ces peines peuvent être assorties d’une interdiction définitive ou temporaire d’entrer sur le territoire du Vatican pouvant aller jusqu’à 15 ans. En cas de violation de ce bannissement, une peine de 1 à 5 ans de prison s’applique automatiquement. 

Et le plus drôle – ou pas –, c’est que c’est le plus immigratophile des papes qui a durci outre mesure les restrictions en matière d’immigration : en 2023, le pape François promulguait une nouvelle Loi Fondamentale de la Cité du Vatican :
  • Toute personne non résidente qui franchit les portes privées sans permis s’expose à une amende administrative immédiate de 10 000 à 25 000 euros ;
  • Les personnes accédant au territoire avec un permis expiré ou ne respectant pas scrupuleusement les conditions d’accès encourent une amende de 2 000 à 5 000 euros

Face aux accusations d’hypocrisie – les papes demandant aux pays occidentaux d’ouvrir leurs frontières tout en gardant les siennes fermées -, l’argument principal de la doctrine sociale de l’Église est le suivant :

« Les nations plus prospères sont tenues d’accueillir, dans la mesure du possible, l’étranger en quête de sécurité et de moyens de subsistance qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. »

Les pays riches et vastes ont donc une obligation morale proportionnellement plus grande que le micro-État du Vatican. Comme c’est commode, hein ?

Et l’indécence ne s’arrête pas là. Devinez qui est le plus grand empire immobilier privé au monde ? L’Église catholique, avec plus de 70 millions d’hectares sous son contrôle.

Faire la charité avec le portefeuille des autres

Les Italiens ont une formule très colorée pour rendre compte de ce genre de manœuvre. Parlant de fesses des autres, nous ne pouvons malheureusement pas la reporter ici, nous devront nous contenter de la traduire poliment par « faire la charité avec le portefeuille des autres ». Cela résume l’imposture de ce discours pro-migrants, l’imposture d’une élite hors-sol qui s’achète une conscience humanitaire aux frais de la collectivité, tout en fuyant l’impact réel de ses prêches.
« Faire la charité avec le portefeuille des autres », ce sont ces bobos citadins, donneurs de leçons de leurs quartiers préservés, qui exigent le multiculturalisme pour les classes populaires mais fraudent la carte scolaire pour leurs propres enfants. « Faire la charité avec le portefeuille des autres », c’est la papauté qui somme les nations occidentales de se sacrifier sur l’autel des frontières ouvertes, pendant qu’elle barricade ses propres portes.

À sa décharge

Dans les colonnes de La Verità, Francesco Borgonovo, est revenu sur la réponse du pape sur la remigration. Après avoir décrit avec quelle délectation les journaux de gauche l’ont reprise, comme à vouloir dire « le pape est avec nous !« , le journaliste se demande si, au regard de ses déclarations sur les migrations, ce n’est pas aller un peu vite en besogne. Il se demande si Léon XIV sait ce que signifie la remigration, s’il a jamais lu quelque proposition sur le sujet qui dépasse la caricature « remigration = déportation« . Il écrit :

« Les paroles que le Pape a utilisées lorsqu’il s’est adressé aux migrants potentiels sont saintes: « Ne mettez pas votre existence dans les mains de celui qui la vend. Ne croyez pas ceux qui promettent des paradis faciles, en échange de votre corps, d’argent, du silence ou de votre liberté. Ces fausses promesses sont des chants de sirènes, ce sont des industries de mort». La remigration repose sur l’idée qu’il existe un droit à rester chez soi et à y construire une vie digne. A ce propos, Léon avait des mots très clairs : « S’il existe le droit de chercher refuge quand la vie est menacée, il existe aussi le droit de ne pas avoir à migrer : le droit de rester chez soi sans la faim, sans la guerre, sans les persécutions, sans la violence, sans que la terre devienne inhabitable, sans que la corruption vole le pain aux pauvres, sans que les armes détruisent l’avenir des enfants ». La remigration est la défense de ce droit, qui doit valoir autant pour les Africains et les Asiatiques contraints de partir que pour les Européens qui voudraient vivre en sécurité et en paix sur leurs terres. C’est pour protéger ce droit que l’on propose d’expulser ceux qui commettent des délits, ceux qui violent, tuent, volent, menacent et sèment le désordre. »

Il ne reste plus qu’à espérer que le pape en question se documente… Car les conséquences des appels à l’accueil indiscriminé que suppose l’angélisme chrétien dévoyé sont toujours plus manifestes dans leurs aspects négatifs. Et il semblerait que nos contemporains, de Rome à Belfast, soient toujours moins enclins à les accepter.

Très Saint-Père, sachez que la remigration, qui prévoit le retour organisé des migrants au sein d’un processus progressif, légal et ordonné, est bien plus en ligne avec les valeurs chrétiennes que les inévitables conflits interethniques, l’esclavage contemporain et l’insécurité qui accompagne l’immigration de masse.

À bon entendeur.

Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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9 réponses à “Le pape déclare la remigration « antichrétienne »… quand le Vatican menace de 4 ans de prison les migrants illégaux [L’Agora]”

  1. Grandjean dit :

    Décidément les papes sont à côté de tout, bien à l’abri dans leur camping doré, ils n’ont toujours rien compris. S’ils la bouclaient, mais ils ne peuvent s’empêcher de mettre leur charité en avant, surtout quand ils ne risquent rien.

  2. LE PAPE dit :

    Ne dit on pas faites ce que je dis et pas ce que je fais ! ! !

  3. Chemichti dit :

    Vous avez bien vu que le Vatican emprisonne qui viole ses frontières ou ses bâtiments p r i v é s quelque soit sa nationalité m il n’est pas question ici de cette migration particulière africaine en majorité.
    Idem pour les amendes.

    Par ailleurs vous avez mémorisé que le devoir d’accueil des pays « riches«  reste « s e l o n leurs p o s s i b i l i t é s » : jamais l’Église (et non pas le Vatican, état civil) n’a encouragé un accueil inconditionnel et massif.
    Du reste pour que l’accueil reste humain il faut qu’il reste proportionné aux capacités.

    Enfin, en évoquant les « migrants«  ce pape désigné explicitement ceux qui fuient des situations difficiles.
    Pas vraiment la même chose que ces prisons vidées etc…

    Tout ceci relativise sérieusement votre estimation d’injustice…n’est-ce pas?

    Accepter des personnes sans compter, leur imposer de vivre sous tente sur des quais , leur quasi mise en esclavage au mieux, les divers trafics associés (y compris d’ONG au discours si lénifiant et aux mœurs parfois si maffieuses). N’a rien d’humaniste ni d’éthique de toutes façons

  4. RAYMOND NEVEU dit :

    La « sainte » Eglise plus grand propriétaire immobilier je le crois bien volontier car en France en 1789 c’était déjà le plus propriétaire immobilier du royaume et cette Eglise qui n’en a jamais assez a assiégé Sa Majesté Louis XVIII lors de la Restauration pour retrouver tous ses biens et ses prérogatives. Constatant que ce roi intelligent refusait d’accéder à leur insatiable avidité un certain clergé rétrograde et une certaine noblesse de culs bénis mijotèrent de bonnes petites apparitions toujours à des analphabètes très souvent des enfants et adolescents ou des vieilles gueuses…

  5. Soazig dit :

    Nous ne sommes plus capables de prendre en charge cette invasion donc, cher Léon, nous allons leur demander respectueusement de retourner vers leurs femmes et enfants pour qu’ils fassent leurs devoirs de pères, frères, ou beau-frères….et avec respect on va leur dire de monter dans les avions payés avec nos sous…ou avec ce qui nous en reste.

  6. JEAN DUFOUR dit :

    La citation du Pape est tronquée par Audrey d’Aguanno qui écrit :« La remigration n’est pas une réponse chrétienne » Le Pape a déclaré : » « La remigration ? Ça ne me semble pas être la réponse la plus chrétienne ».

    Nous ne connaissons pas toujours les raisons pour lesquelles ces personnes ont quitté leur pays. Donc, en disant simplement que nous les renvoyons, ce serait comme dire que nous nous lavons les mains du problème. Les gens doivent au contraire être traités avec respect ».

    Le procédé n’est pas honnête et évoque la sale habitude des media mainstream.

    • Audrey dit :

      Cher Monsieur,

      si vous retranscrivez la citation que je suis une des seules en France à avoir rapportée dans son intégralité, c’est bien que je ne l’ai pas tronquée ! Si vous vous référez au titre, il va de soi que nous sommes limités par le nombre de caractères, il faut réduire au maximum et synthétiser les concepts.

      Ce que j’ai fait ici, car si Léon XIX était un tant soit peu dérangé par l’invasion de nos territoires – qui, à Rome, est absolument sidérante et tient d’une bidonvilisation qu’il ne peut ignorer puisqu’elle se déroule sous ses yeux – il aurait pu simplement répondre « c’est aux nations de gérer leurs flux migratoires » ou « je m’occupe des questions spirituelles, pas de politique ».

      Cordialement,
      Audrey D’Aguanno

  7. Chemichti dit :

    Non, la citation n’était pas exactement reprise.
    On ne peut séparer le « spirituel » et le « politique«  parce qu’on ne peut séparer le « spirituel«  et le comportement humain, individuel et collectif.
    Si des lois -humaines- existent c’est que les humains collectivement portent en eux un certain « sens«  de la vie, de la mort, des relations, de la justice, de la vérité…et de l’exigence d’y tendre.
    Ceci sauf pour qui a renié cette réalité, et qui, de plus, a choisi l’ »opposition »(voir le développement des groupes, églises et influences sataniques revendiquées.)
    Ma conscience morale, parfois appelée « morale-religieuse » Est une réalité fondamentale toujours reconnue par toute civilisation.
    Au point que même les détenus emprisonnés, même les « gangs«  ont leur code, appelé par les mafias « codes d’honneur »…

  8. thérébentine dit :

    Qu’il aille le dire en Afrique du Sud où des noirs ( descendants d’envahiseurs zoulous ) veulent renvoyer chez eux d’autres noirs entrés récemment& illégalement .

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