Ceuta : les conclusions du sommet européen d’urgence

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Suite au franchissement de la frontière espagnole de Ceuta par 72 000 individus principalement marocains, le Premier ministre italien Giorgia Meloni et son homologue danois Mette Frederiksen, avaient demandé une réunion d’urgence dans une lettre signée par 22 autres États de l’Union. Elle s’est tenue mardi 4 août 2026 en visioconférence.

Après avoir réaffirmé leur « profonde solidarité envers l’Espagne » suite à l’arrivée massive de migrants à Ceuta, les ministres de l’Intérieur des 27 États membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à masquer leurs profondes divergences sur la gestion de l’immigration. Bien que les discussions de plus de trois heures aient contribué à atténuer les frictions diplomatiques provoquées par les réprimandes acérées de certains pays, cela est essentiellement attribuable à l’apaisement des tensions à la frontière de l’Europe.

Bilan chiffré et retour des migrants

Les autorités espagnoles ont présenté un bilan revu à la hausse lors de ce sommet. Selon Fernando Grande-Marlaska, 72 000 personnes sont entrées de manière irrégulière à Ceuta, un chiffre bien supérieur aux estimations initiales de 50 000. Il a ensuite précisé que 70 000 d’entre elles avaient déjà regagné le Maroc, soulignant l’efficacité rapide de la réponse sécuritaire espagnole, qui, en dépit des discours et des mythes sur la complexité de renvoyer les aspirants réfugiés, existe bel et bien. Cette donnée a été saluée par le ministre danois de l’Immigration, Morten Bødskov, qui s’est dit satisfait du déploiement de la police et de l’armée espagnoles, tout en insistant sur la nécessité absolue de maintenir le contrôle des frontières extérieures de l’Union. 

Vincent Lapierre, qui s’est rendu à Ceuta, dit l’inverse . Voici son témoignage :

« Crise migratoire à Ceuta. Mon estimation : à raison d’une trentaine de reconduites à la frontière par heure que j’ai pu constater moi-même, et sous l’hypothèse – optimiste – d’un flux constant 24h/24 depuis 5 jours, j’arrive à un maximum d’environ 3.600 retours depuis le début de la crise. Cette estimation haute suppose notamment une mobilisation continue des autorités, y compris la nuit. Si ces hypothèses sont correctes, il resterait donc plus de 50.000 migrants en situation irrégulière à Ceuta. Cet ordre de grandeur me paraît cohérent avec ce que j’ai observé sur le terrain, où la densité de migrants dans les rues demeure très importante.
D’ailleurs, sur place, je n’ai observé aucun mouvement massif en sens inverse et personne ne m’a parlé d’un tel exode. À ma connaissance, il n’existe pas non plus de vidéos montrant un mouvement de retour d’une ampleur comparable à l’afflux initial.
Dès lors, comment les autorités établissent-elles que la quasi-totalité des migrants est déjà repartie ? Sur quelle méthodologie repose précisément ce chiffre ? Existe-t-il un décompte public, vérifiable et détaillé des retours ? »

Le ministre espagnol a réitéré le refus de son gouvernement aux centres d’accueil dans les pays tiers (hub de retour) et a affirmé « considérer comme absolument superflue et disproportionnée l’action entreprise par l’Italie », qui a suspendu l’espace Schengen, en demandant que « les contrôles à la frontière soient supprimés immédiatement » parce que « l’espace Schengen n’a jamais été en danger » (sic), dans la mesure où Ceuta ne bénéficie pas de la libre circulation vers le reste de l’espace Schengen.

Mais peut-on afficher autant de certitude face au chaos observé le 31 juillet à la frontière de l’Europe ? Peut-on afficher autant de certitudes quand des ONG, des passeurs, des magistrats à travers l’Europe et la classe politique dirigeante espagnole œuvrent quotidiennement pour maintenir un flux constant de migrants vers l’Europe ? Face à une telle réalité, il semblerait bien que les craintes des peuples européens et de leurs représentants « immigrato-sceptiques » soient pleinement légitimes.

À l’issue de la vidéoconférence, le commissaire européen Magnus Brunner a déclaré que l’UE était prête à accorder à l’Espagne une « assistance, notamment financière d’urgence », afin de renforcer la surveillance de sa frontière extérieure à Ceuta. Une aide supplémentaire de 28 millions d’euros pourrait ainsi être versée à Madrid, s’ajoutant aux financements déjà programmés de plus d’un milliard d’euros pour la période 2021-2027.

Deux visions opposées de la politique migratoire

La réunion a mis en lumière l’opposition entre deux approches stratégiques au sein de l’UE. D’un côté, l’Espagne, qui défend une politique migratoire plus ouverte et vient de lancer un vaste programme de régularisation, a été accusée par ses partenaires d’envoyer un signal de laxisme qui agit comme une pompe aspirante pour les candidats au départ.

De l’autre, un bloc mené par l’Italie et le Danemark plaide pour un durcissement strict des frontières et refuse que les franchissements illégaux puissent conduire à un droit de séjour. Une alliance intéressante puisqu’elle unit, sur le thème de l’immigration, un gouvernement de droite nationale et un gouvernement social-démocrate.

La Belgique a également appelé à un rôle accru de l’agence Frontex et à une lutte plus ferme contre les passeurs. En parallèle, l’UE poursuit le développement de hubs de retour hors de ses frontières, avec des accords potentiels en vue avec des pays comme le Rwanda, l’Ouganda, le Ghana ou encore l’Ouzbékistan.

La position de la France est facilement devinable : le « en même temps » a prévalu. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de « solidarité et responsabilité » partagées pour faire appliquer les règles européennes tout en réfutant l’idée des hubs retour. 

Accusations d’instrumentalisation

Les habituelles accusations d’instrumentalisation n’ont pas manqué. Dans la plupart des grands médias subventionnés, on pouvait lire ces derniers jours que Rome, qui avait bénéficié de la solidarité européenne en plein chaos migratoire 2023, a fait preuve d’un comportement égoïste envers l’Espagne en imposant la fermeture de l’espace Schengen. Le ministre de l’Intérieur italien Matteo Piantedosi a tenu à réaffirmer qu’« il ne s’est agi en aucun cas d’une mesure dirigée contre l’Espagne ou tout autre partenaire mais d’un choix de nature préventive et organisationnelle, destiné à protéger la sécurité nationale et la pérennité de l’ensemble du système européen des contrôles en période de forte sollicitation. »

Ces mêmes médias, à l’instar d’Emmanuel Macron, reprochent aux 22 signataires d’avoir « profité » de la crise migratoire à Ceuta pour promouvoir un durcissement des règles européennes. Un procès d’intention absurde : le rôle de la politique n’est-il pas précisément de répondre aux urgences sociales et d’élaborer une vision à partir d’événements réels ?

Une évidence qui échappe visiblement à ceux qui confondent gouverner avec l’art de ne surtout rien changer.

 Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

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5 réponses à “Ceuta : les conclusions du sommet européen d’urgence”

  1. vert dit :

    Article oublie de dire que 867 soit disant mna isolé sont rapatriés en Espagne continentale.
    Ces mna fileront pour certain en France.

  2. Diane dit :

    C’est surement pas la dernière vague. Il y en aura d’autres. En fait cela pourrait bien être un début même si les flux seront de moindre importance. Imaginez l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, l’Europe, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans….. Au final nous aurons : « Quel sera le sort réservé aux autochtones de souche chrétienne quand ils deviendront minoritaires sur les terres de leurs ancêtres ?  » d’après récit romantique et émouvant « les corps indécents » paru en 2009 et ré-édité depuis. Faudra-t-il un jour renoncer à nos cultures pour épouser celle des nouveaux venus ?

  3. Tirpitz dit :

    Le maghrebin Nunez s’offusque que des Blancs s’inquiètent de leur destinée. C’est waciste.

  4. Jean Pierre dit :

    Ce conseil d’urgence européenne de l’immigration orchestrée de Ceuta, ils feraient mieux d’interroger la CIA des USA et le MOSSAD d’Israël qui ont organisé cette gigantesque kermesse de fausse immigration. L’Espagne s’est fait 2 ennemis Israël pour a voir dénoncé un génocide et les massacres du peuple Palestinien puis contre les USA pour avoir refusé que les bombardiers américains faiseurs de morts atterrissent en Espagne pour se ravitailler. Rien de plus le reste c’est de la manipulation pour les politiques de l’autruche européenne

  5. ERIC MOISAN dit :

    Le traitement de l’immigration interroge! Faut-il rester dans l’union Européenne devant l’incapacité de cette Europe à protéger notre existence ?

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