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Avec les fortes chaleurs, la prudence ne concerne pas seulement les enfants, les personnes âgées ou les travailleurs exposés. Elle touche aussi ceux qui prennent un traitement régulier ou recourent trop facilement à l’automédication. Certains médicaments peuvent en effet perturber la capacité du corps à s’adapter à la chaleur, favoriser la déshydratation ou aggraver un coup de chaleur.
Pour se maintenir autour de 37 °C, l’organisme s’appuie sur plusieurs mécanismes : la soif, la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins à la surface de la peau. Lorsque la température extérieure grimpe, ces protections naturelles peuvent être dépassées. L’épuisement-déshydratation, souvent appelé insolation, devient alors un risque sérieux. Le coup de chaleur, plus rare mais plus grave, peut engager le pronostic vital, notamment lorsqu’il s’accompagne d’une température corporelle supérieure à 40 °C, d’une peau sèche ou de troubles de la conscience.
Des traitements courants à surveiller
L’Agence nationale de sécurité du médicament rappelle que plusieurs familles de traitements peuvent aggraver les effets des températures élevées. Les diurétiques et les laxatifs peuvent accentuer les pertes d’eau. Certains antihypertenseurs, anti-inflammatoires non stéroïdiens, antibiotiques, antiviraux ou antidiabétiques peuvent aussi fragiliser la fonction rénale. La déshydratation peut, par ailleurs, modifier l’effet de traitements comme le lithium ou la digoxine.
Les psychotropes sont également concernés : antidépresseurs, neuroleptiques, anxiolytiques ou somnifères peuvent altérer la thermorégulation, réduire la vigilance ou favoriser des comportements inadaptés face à la chaleur. Certains traitements contre les troubles urinaires réduisent la transpiration. Les hormones thyroïdiennes, surtout lorsque le traitement est mal équilibré, peuvent augmenter la production de chaleur.
Ne pas arrêter seul, mais demander conseil
La vigilance doit aussi porter sur les médicaments disponibles sans ordonnance. En cas de forte chaleur, l’Assurance maladie déconseille l’aspirine et le paracétamol pour traiter fièvre ou maux de tête liés à la chaleur : le paracétamol est inefficace en cas de coup de chaleur, tandis que l’aspirine peut gêner l’adaptation de l’organisme.
Le bon réflexe n’est pas d’arrêter brutalement son traitement, mais d’interroger son médecin ou son pharmacien. Certains ajustements peuvent être nécessaires lors des vagues de chaleur. Isabelle Chopineau, présidente du conseil régional de l’Ordre des pharmaciens, le résume ainsi auprès de France 3 Centre Val de Loire : « Il faut être particulièrement vigilant en périodes de chaleur aux médicaments que l’on prend. » Dans une société où les traitements sont nombreux et parfois banalisés, cette prudence élémentaire peut éviter des urgences graves.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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