Une compresse portée quelques heures sur le sein, puis présentée à un chien entraîné. C’est le protocole testé depuis plusieurs années par l’Institut Curie pour savoir si l’odorat canin peut repérer un cancer du sein. La réponse est oui, mais pas assez bien pour remplacer les examens actuels.
Une odeur invisible pour l’homme
L’organisme libère en permanence des composés organiques volatils (COV) dans l’haleine, la sueur ou les urines. Certains cancers modifieraient cette signature chimique. Le nez humain n’y perçoit rien ; celui du chien, beaucoup plus sensible, pourrait la détecter.
KDOG : 90,3 % en 2017, 80 % en 2025
Le programme KDOG a été lancé en 2016 à l’Institut Curie, à l’initiative de l’infirmière-chercheuse Isabelle Fromantin. Une 1re preuve de concept, en 2017, avait donné des résultats spectaculaires : 2 chiens avaient identifié 90,3 % des échantillons de femmes malades, parmi 130 échantillons de sueur.
L’essai clinique qui a suivi, KDOG1, a été mené à partir de 2020 auprès de 181 femmes présentant une lésion mammaire suspecte nécessitant une biopsie. Les participantes appliquaient une compresse sur leur sein pendant 6 à 12 heures. Chaque échantillon était ensuite senti par 2 chiens, qui s’asseyaient devant pour signaler un résultat positif.
Les résultats, publiés dans Nature Communications le 27 novembre 2025, sont plus nuancés. 80 % des échantillons positifs ont été repérés par au moins un des 2 chiens, mais 49 % seulement par les 2. Isabelle Fromantin en tire la conclusion : pour un usage clinique, « il faut obtenir un niveau de précision que n’ont pas atteint les chiens ».
Vers un nez électronique
La recherche se tourne désormais vers une autre question : qu’est-ce que le chien détecte exactement ? Si les chercheurs parviennent à identifier la signature moléculaire du cancer du sein, ils pourraient concevoir des « nez électroniques » capables de la repérer de façon fiable. Le chien servirait alors de guide pour mettre au point un futur outil de dépistage, simple et non invasif.
Les fourmis aussi
Les chiens ne sont pas les seuls étudiés. Des chercheurs du CNRS, de l’Institut Curie et de l’Inserm ont montré que des fourmis de l’espèce Formica fusca pouvaient apprendre à distinguer l’odeur de cellules cancéreuses de celle de cellules saines. D’autres expériences ont établi qu’elles savaient différencier l’urine de souris porteuses de tumeurs humaines de celle de souris saines. Ces travaux restent au stade de la recherche.
Moins d’une femme sur 2 au dépistage
En attendant, le dépistage organisé du cancer du sein repose toujours sur une mammographie tous les 2 ans, proposée aux femmes de 50 à 74 ans et prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie. En 2025, le taux de participation était de 47,5 %, contre 43,9 % en 2024, selon Santé publique France. Sur la période 2024-2025, il atteint 45,7 %, en recul par rapport aux 46,6 % de 2022-2023. Environ 11 % des femmes de cette tranche d’âge se font aussi dépister en dehors du programme, sur prescription individuelle.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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