En 2024, environ 2,3 millions de nouveaux cancers diagnostiqués dans le monde étaient dus à une infection, soit à peu près 12 % des cas, c’est-à-dire 1 sur 8. C’est l’estimation du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la santé basée à Lyon, rendue publique le mardi 29 septembre dans la revue médicale The Lancet Oncology.
Les chercheurs ont mesuré le poids de 12 agents infectieux (virus, bactéries et parasites) dans les nouveaux cas enregistrés en 2024. Ils se sont appuyés sur des données d’incidence plus larges et plus récentes que lors des estimations précédentes, et sur les dernières avancées dans la connaissance des causes du cancer.
Helicobacter pylori, 760 000 cas
La bactérie Helicobacter pylori, qui colonise l’estomac, arrive en tête avec environ 760 000 cancers. Le papillomavirus humain (HPV) la suit de très près, avec 750 000 cas. Suivent le virus de l’hépatite B (environ 360 000 cas), le virus d’Epstein-Barr (environ 260 000) et celui de l’hépatite C (environ 160 000). Ces 5 agents expliquent à eux seuls la quasi-totalité des cancers d’origine infectieuse.
Le virus d’Epstein-Barr, 4e du classement, est de la famille des herpès et infecte une grande partie de la population. Les travaux sur son rôle dans plusieurs tumeurs se multiplient : le carcinome du nasopharynx, des lymphomes, et certains cancers de l’estomac. Pour Gary Clifford, co-auteur principal de l’étude, la carte des cancers liés aux infections change à mesure que la recherche avance.
42 % en Asie de l’Est
Ces cancers sont très inégalement répartis. L’Asie de l’Est en concentre 42 %, principalement à cause d’Helicobacter pylori et du virus de l’hépatite B. L’Afrique subsaharienne en compte 28,5 %, surtout liés au papillomavirus et au virus du sarcome de Kaposi.
Plus des 3/4 de ces cancers ont été diagnostiqués en 2024 dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où la prévention et les traitements restent difficiles d’accès.
Vaccins, dépistage, préservatifs
Selon les auteurs, l’essentiel de ces cancers pourrait être évité par des moyens dont l’efficacité est déjà démontrée : la vaccination contre le HPV et l’hépatite B, le dépistage et le traitement d’Helicobacter pylori, des hépatites virales et du VIH, et l’accès aux préservatifs. Dans de nombreux pays, ces mesures se heurtent à des obstacles financiers, politiques ou liés à l’organisation des systèmes de santé.
Le CIRC demande aussi de nouveaux outils de prévention, en particulier un vaccin contre le virus d’Epstein-Barr. Pour ce virus comme pour d’autres agents infectieux cancérigènes, il n’existe encore aucune mesure de prévention efficace.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.