Alors que les incendies se multiplient sur l’arc méditerranéen et mobilisent des moyens considérables, le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) a lancé, dimanche 5 juillet, un appel solennel aux employeurs publics et privés : libérer sans délai leurs salariés et agents engagés comme sapeurs-pompiers volontaires, afin qu’ils puissent partir en renfort dans les départements touchés.
Une situation opérationnelle « extrêmement préoccupante »
Dans les Pyrénées-Orientales, le Gard, l’Aude et plus largement sur tout le pourtour méditerranéen, les feux se succèdent depuis plusieurs jours. Les surfaces brûlées progressent rapidement, les évacuations s’enchaînent et les moyens humains sont sous très forte tension. Les sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires, affrontent des incendies violents, mobiles, difficiles à fixer, rendus d’autant plus dangereux par la chaleur, le vent et la sécheresse.
Le syndicat le martèle : cette lutte ne peut reposer uniquement sur les moyens aériens ou sur les effectifs déjà engagés localement. Le modèle français de sécurité civile s’appuie majoritairement sur l’engagement des volontaires. Sans leur disponibilité, souligne le SSPVF, il n’existe pas de capacité durable de renfort, de relève et de tenue dans le temps.
Le nœud du problème : la disponibilité
Là réside toute la difficulté. Beaucoup de sapeurs-pompiers volontaires sont aujourd’hui salariés du privé, agents publics, artisans, indépendants ou chefs d’entreprise. Ils travaillent la journée, interviennent la nuit, repartent en renfort sur leurs temps de repos et reviennent parfois épuisés à leur poste. Une situation que le syndicat juge « plus tenable » si la saison des feux se prolonge à ce rythme.
Le SSPVF demande donc à tous les employeurs de prendre leurs responsabilités et de libérer, chaque fois que possible, les personnels susceptibles d’être mobilisés. Il insiste sur un point : l’effort ne doit pas peser sur les seules entreprises privées. Collectivités territoriales, hôpitaux, établissements publics, services de l’État — l’ensemble des employeurs publics doivent montrer l’exemple. Il serait incompréhensible, relève le communiqué, d’exiger des entreprises qu’elles libèrent leurs salariés si, dans le même temps, la sphère publique ne facilitait pas la disponibilité de ses propres agents.
Parmi ses demandes concrètes figurent la facilitation immédiate des autorisations d’absence, le maintien du salaire par les entreprises avec prise en charge des rémunérations par l’État et les collectivités, l’adaptation temporaire des plannings, la mise en place de relais internes pour ne pas pénaliser les personnels engagés, ainsi que l’activation ou la généralisation des conventions de disponibilité entre employeurs et SDIS.
Une crise qui révèle une fragilité de fond
Au-delà de l’urgence, le syndicat dénonce une fragilité plus profonde du modèle de sécurité civile. Depuis des années, les sapeurs-pompiers volontaires alertent sur la dégradation de leurs conditions d’engagement : perte de sens, contraintes administratives croissantes, manque de reconnaissance, difficultés de disponibilité et pratiques locales qui, parfois, découragent l’engagement au lieu de le protéger.
Le SSPVF formule un reproche direct : les SDIS ne peuvent pas, d’un côté, appeler massivement les volontaires en temps de crise et, de l’autre, ignorer les alertes répétées sur l’érosion du volontariat. Le manque de volontaires disponibles n’est pas une fatalité, insiste le communiqué, mais le résultat d’années de décisions, de rigidités administratives et parfois d’un défaut de dialogue réel avec ceux qui font vivre le dispositif au quotidien. La France, résume le syndicat, ne peut pas redécouvrir à chaque grande crise que son modèle repose sur les volontaires, pour oublier ensuite leur fatigue et leur fidélisation une fois l’urgence passée.
Le syndicat rappelle toutefois un principe essentiel : les volontaires ne doivent jamais partir de manière isolée ou spontanée. Toute mobilisation doit s’inscrire dans les chaînes opérationnelles officielles, sous l’autorité des SDIS et des dispositifs de renfort organisés.
Un appel à toute la Nation
Le communiqué se conclut sur une adresse sans détour aux employeurs de France : « Libérez vos sapeurs-pompiers volontaires. Permettez-leur d’aller renforcer leurs collègues. Permettez-leur de protéger les populations. Permettez-leur de tenir dans la durée. »
Le syndicat réclame en parallèle l’ouverture d’un véritable chantier national sur la disponibilité, la fidélisation, la protection et la reconnaissance des volontaires, associant SDIS, présidents de CASDIS, directions départementales et État. Car, conclut-il, la lutte contre les feux de forêt n’est pas seulement l’affaire des SDIS : elle est celle de toute la Nation.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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