Johanna Rolland avait démarré vite et fort. Dès septembre 2023, elle affirmait : « Oui, je vais me représenter en 2026. Quand on porte des projets, on a envie de les voir aboutir ». Et pour montrer sa détermination, elle soulignait : « Notre ville a tous les potentiels, tous les atouts et tous les talents pour faire face à tous les défis, y compris celui de la sécurité. » Et d’ajouter : « Pour moi, la sécurité est une priorité. » (Presse Océan, mercredi 6 septembre 2023) Certes sa profession de foi de mars 2026 est timide sur le sujet ; elle fait même un peu blabla : « Parce que la sécurité est un droit fondamental au cœur du pacte républicain, notre mobilisation aux côtés de l’Etat restera totale. »
Bien entendu, le trafic de drogue demeure prospère, les fusillades fréquentes – la routine – et les points de deal fonctionnent au su et au vu de tous – les affaires sont les affaires. Tout cela ne laisse pas indifférente Johanna Rolland qui propose une grande idée : « J’appelle à la création d’un service de renseignement comme l’a fait la Grande-Bretagne, en nous inspirant de ce que nous avons créé en France pour lutter contre le terrorisme. En revanche, je ne pense pas que modifier la Constitution soit utile ni nécessaire. » (Dimanche Ouest-France, 24 mai 2026)
Johanna Rolland sera obligée d’armer ses policiers un jour ou l’autre
Ces belles paroles n’ont pas l’air d’impressionner les trafiquants puisqu’ils passent du stade des coups de feu à celui des exécutions : cinq en deux mois. En clair, on ne cherche plus à faire peur à la concurrence, mais à l’éliminer purement et simplement. Le résultat est connu : mardi 28 avril, quartier de Bottière, un mort ; jeudi 14 mai, quartier de Port Boyer, un mort ; mardi 26 mai, quartier de Halvêque, un mort ; jeudi 4 juin, quartier de Bottière, un mort ; dimanche 28 juin, parking de Paridis, un mort.
Dans ces conditions, les policiers municipaux ont la trouille. Si bien qu’ils demandent à être équipés d’armes de catégorie B. Autrement dit : des armes à feu létales de type pistolet, comme leurs homologues de la Police nationale. Ce que refuse Johanna Rolland qui estime que la lutte contre le narcobanditisme est du ressort de la Police nationale et de l’Etat. « Il y a un discours contradictoire de nos élus. D’un côté, la maire dit que ce n’est pas du ressort de la police municipale. De l’autre, l’adjoint en charge de la sécurité se réjouit sur les réseaux sociaux des saisies de stupéfiants que nous faisons », raconte Céline Pérémarty, déléguée syndicale Force ouvrière (Ouest-France, Nantes, mardi 9 juin 2026) Comme ils n’arrivent pas à obtenir satisfaction, les policier municipaux se mettent en grève ; ce fut le cas le vendredi 12 juin avec 150 manifestants (sur 225 agents) devant l’hôtel de ville
Bernard Morvan
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