L’incendie qui s’est déclaré dimanche 12 juillet au soir sur le site du Cap Fréhel, entre le phare et Fort-la-Latte, sur la commune de Plévenon (Côtes-d’Armor), a été fixé lundi en début de soirée après plus de vingt heures de lutte. Le bilan s’établit à 38 hectares de landes brûlées, un chiffre relativement contenu au regard des 600 hectares du Grand site du Cap d’Erquy-Cap Fréhel qui ont pu être préservés.
Une mobilisation exceptionnelle des secours
Deux foyers distincts s’étaient déclarés dans la soirée de dimanche : l’un dans la lande de l’anse de Sévigné, l’autre dans le bois des Fontaines, majoritairement planté de pins. Le SDIS des Côtes-d’Armor a engagé jusqu’à 84 sapeurs-pompiers et une trentaine d’engins dès les premières heures, renforcés par des moyens venus d’Ille-et-Vilaine ainsi que par deux avions bombardiers d’eau suédois mobilisés dans le cadre des renforts nationaux, chargés d’arroser les flancs de falaises inaccessibles à pied. Une cinquantaine de pompiers est restée mobilisée toute la nuit de lundi à mardi pour éviter une reprise du sinistre.
Les agriculteurs locaux se sont spontanément proposés pour ravitailler les engins en eau, tandis que la gendarmerie sécurisait le dispositif et accompagnait les riverains. Au total, 238 personnes avaient été évacuées par précaution — 111 riverains et 127 vacanciers du camping de Plévenon, accueillis à la salle des fêtes de la commune — avant de pouvoir regagner leur domicile dès lundi en fin de journée.
Mardi matin, de nombreuses braises restaient actives et les opérations de noyage se poursuivaient. Par mesure de sécurité, les routes départementales D34 et C8 demeuraient fermées jusqu’à la D117, et la préfecture recommandait aux visiteurs de ne pas se rendre sur place. L’accès du site, très prisé des randonneurs empruntant le GR 34, était limité depuis le début de l’intervention.
Les fumées dégagées par ce feu de lande, qualifiées de « particulièrement importantes mais sans risques » par la préfecture, ont été perceptibles jusque dans l’agglomération briochine, où elles ont provoqué de nombreux appels aux secours durant la nuit. Selon le SDIS 35, il est probable que l’odeur de brûlé ressentie jusqu’à Rennes provienne du même sinistre.
La Bretagne rattrapée par une vague nationale de feux de forêt
Cet épisode s’inscrit dans un contexte national marqué par une intensité inédite des incendies depuis le début de l’été 2025 : plus de 30 000 hectares de forêts et de végétation étaient partis en fumée, soit près de trois fois la moyenne constatée entre 2006 et 2024, sous l’effet combiné de la chaleur, de la sécheresse et de vents violents. Depuis le 1er juillet 2026, plusieurs départements du Sud de la France — Ariège, Aude, Drôme, Gard, Haute-Loire, Hérault et Pyrénées-Orientales — ont également été touchés par des sinistres.
Face à cette situation, la Fondation du patrimoine a lancé une collecte de dons destinée à financer la restauration des forêts sinistrées à l’échelle nationale. Les fonds recueillis doivent permettre de financer des diagnostics post-incendie, des interventions d’urgence pour sécuriser les zones touchées et prévenir l’érosion, ainsi que des actions de réhabilitation et de restauration des milieux naturels dégradés, en partenariat avec l’Office national des forêts, des collectivités ou des propriétaires privés.
La France demeure le quatrième pays le plus boisé d’Europe, sa forêt couvrant près d’un tiers du territoire métropolitain et jouant un rôle reconnu dans la régulation du climat et la préservation des sols.
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