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L’affaire commence il y a plus de 17 ans, avec 6 plants rapportés de La Réunion dans les bagages d’un Morbihannais. L’idée : vérifier si l’ananas Victoria, variété réunionnaise réputée pour sa chair parfumée, accepterait de pousser à Saint-Jacut-les-Pins, entre Redon et la Vilaine. Le pari relevait de la curiosité horticole plus que du projet agricole.
Il tient aujourd’hui sur 150 plants, et la récolte a lieu chaque été.
Une culture longue, sous serre, dans un microclimat favorable
Le cycle s’étale sur plusieurs mois, de septembre à avril, entièrement sous serre. Rien de miraculeux là-dedans : c’est la conjonction d’un abri adapté, du microclimat doux du sud de la Bretagne et d’une longue période d’apprentissage de la plante — de son rythme, de ses besoins, de ses exigences en chaleur et en lumière.
Cette année, la maturité arrive avec une quinzaine de jours d’avance, entre fin juillet et début août. Le directeur du site, Erven Gicquel, l’attribue à un ensoleillement généreux et à des températures élevées qui ont accéléré le développement des fruits. C’est le genre de détail qui rappelle que même une culture confinée reste tributaire de la saison.
Les fruits obtenus pèsent entre 500 et 800 grammes, pour une dizaine de centimètres de hauteur et environ 8 de diamètre. Leur teinte passe du vert au rose, puis à l’orangé à mesure qu’ils mûrissent. Le calibre est modeste comparé aux ananas d’importation ; la variété Victoria est en revanche considérée comme l’une des plus aromatiques.
Le fils du fondateur souligne un effet récurrent chez les visiteurs : beaucoup les prennent d’abord pour des fruits importés, ou décoratifs. La surprise vient au moment où ils comprennent qu’ils ont poussé là.
Pas seulement des ananas
L’ananas est la curiosité la plus spectaculaire, mais il n’est pas seul. Le site cultive également des bananiers, du thé, des cacaoyers, des vanilliers, du poivre rose, de la cannelle et plusieurs variétés de piments, répartis dans des espaces thématisés reconstituant différents continents.
L’ensemble relève moins de la production agricole que de la collection végétale : il s’agit de montrer ce que le climat breton, correctement assisté, permet d’acclimater. La démarche a son intérêt pédagogique, à une époque où la provenance de ce que nous mangeons est devenue une question sérieuse.
Il faut se garder d’en tirer des conclusions trop larges : nul ne plantera d’ananas en plein champ à Rostrenen. Une serre chauffée reste une serre chauffée.
Reste que la façade sud de la péninsule armoricaine possède, depuis toujours, une réputation horticole que le reste de la France connaît mal. Les hivers y sont doux, les gelées rares sur le littoral, et les jardins botaniques bretons abritent depuis le XIXe siècle des collections de plantes australes, asiatiques et sud-américaines que l’on n’attendrait pas à cette latitude. Les palmiers de la côte, les camélias, les hortensias qui font la carte postale ne sont pas des accidents : ils tiennent au même microclimat océanique.
La culture d’un fruit tropical dans le Morbihan appartient à cette tradition-là. Elle est moins une prouesse qu’un rappel — celui d’une Bretagne dont la douceur climatique constitue un atout agronomique réel, et largement sous-exploité.
En pratique
La récolte s’étend de fin juillet à la première quinzaine d’août. Des dégustations gratuites sont proposées chaque jour à 14 heures, et les fruits figurent cette année à la carte du restaurant du site. Le parc, qui occupe 8 hectares et fête ses 40 ans, a accueilli 115 000 visiteurs en 2025.
Crédit photo : breizh-info.com
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2 réponses à “Des ananas bio récoltés en Bretagne : le pari tenu d’un parc morbihannais”
Bravo ! Ils en vendent chez Leclerc ?
Des Ananas !!? En même je suis peu étonné, ça me rappelle le jardin exotique de l’île de Batz. Mais prouesse à part, chapeau quand-même, ça veux dire que dans le sud du pays on pourrait peut-être s’y essayé avec succès en créant une variétés adaptées. Par cobtre le Théier j’en achèterai bien quelques plants.