Après avoir perdu une partie de leur épargne dans une escroquerie, certaines victimes pensent enfin entrevoir une issue. Un prétendu avocat, enquêteur ou spécialiste du recouvrement les contacte et affirme pouvoir retrouver les fonds disparus. Mais derrière cette promesse se cache souvent une seconde arnaque destinée à leur soutirer de nouvelles sommes.
Le phénomène apparaît fréquent parmi les victimes interrogées. Selon un sondage réalisé en 2024 par BVA Xsight pour l’Autorité des marchés financiers, 66 % des 161 personnes identifiées comme victimes d’une arnaque à l’investissement avaient ensuite été recontactées par des individus leur promettant de récupérer leur argent.
Ces faux professionnels savent parfois que leur interlocuteur a déjà subi une fraude et reprennent des éléments destinés à rendre leur discours crédible. Ils misent sur l’espoir de la victime, déjà fragilisée, de réparer les pertes subies.
Faux enquêteurs et institutions usurpées
Les escrocs utilisent des logos, des signatures, des intitulés administratifs et des coordonnées destinés à donner une apparence officielle à leurs messages.
En 2024, des fraudeurs ont ainsi usurpé l’identité du réseau des Centres européens des consommateurs. Ils affirmaient avoir retrouvé des fonds et réclamaient des données personnelles ou bancaires afin de prétendument vérifier l’identité des victimes. Pour les presser d’agir, ils menaçaient de reverser l’argent à des associations caritatives et prétendaient collaborer avec Interpol ou la Banque centrale européenne.
L’Autorité des marchés financiers a elle aussi été utilisée comme prête-nom. Une cinquantaine d’épargnants avaient signalé, en 2023, des appels de faux « enquêteurs » ou « agents du service des fraudes » de l’AMF. Le numéro affiché semblait parfois être celui du standard de l’institution, grâce au spoofing téléphonique, qui permet de falsifier le numéro présenté lors d’un appel.
L’AMF est pourtant catégorique : « En cas d’arnaque, seule la justice est habilitée à intervenir. » Elle rappelle qu’elle ne contacte jamais spontanément les épargnants pour leur proposer une indemnisation ou un service de récupération de fonds.
Promesse de remboursement : ne jamais payer sans vérifier
Le premier signal d’alarme reste le démarchage non sollicité. Il faut également se méfier des remboursements garantis, des délais mirobolants et des frais, taxes ou commissions exigés avant toute restitution.
Les mentions légales doivent être confrontées aux données officielles de l’Annuaire des Entreprises ou du Registre national des entreprises. Cette vérification ne suffit toutefois pas toujours, puisque les escrocs peuvent reprendre l’identité et les coordonnées d’une société réelle.
Il convient donc de rechercher soi-même le numéro officiel de l’organisme ou du professionnel et de le contacter directement, sans utiliser les coordonnées fournies dans le courriel ou lors de l’appel.
Cette escroquerie révèle une prédation particulièrement sordide : exploiter la vulnérabilité et la détresse de personnes qui cherchent à se relever. Une autorité publique ne démarche pas une victime pour lui vendre la restitution de son argent. Avant de payer un avocat ou un autre professionnel, il faut vérifier son identité, ses coordonnées officielles et les conditions écrites de son intervention.
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