À chaque nouveau drame — qui serait parfaitement évitable si les criminels purgeaient leurs peines, si nos frontières étaient mieux contrôlées et si les OQTF étaient appliquées — c’est la même rengaine : ‘l’extrême droite récupère’.
Tant pis si l’extrême droite définit désormais quiconque observe un tant soit peu la réalité et ose la dire. Et tant pis si ceux qui ne sont pas « d’extrême droite » instrumentalisent les Aylan, les Georges Floyd et autres Adama Traoré pour imposer leurs conclusions idéologiques et les généraliser à l’ensemble de la société française : seuls les patriotes sont accusés de « récupération ». Ce que personne – dans un camp comme dans l’autre – ne dit, c’est que la récupération politique est nécessaire au bon fonctionnement de la société.
Perçue négativement comme l’exploitation cynique de drames, la récupération politique constitue pourtant le cœur même de l’action politique. Sans elle, les faits de société resteraient de simples tragédies isolées sans débouchés concrets pour la société, sans possibilité d’une amélioration.
La récupération politique d’un drame permet le passage du deuil individuel à la solution collective, elle permet de sortir du registre – humainement compréhensible – de la colère et de l’émotion pour passer au stade de l’élaboration de solutions.
Et si, face à des tragédies aussi insoutenables que les meurtres d’Henry Nowak et de Lyhanna, la dignité et le respect des familles endeuillées commandent le recueillement, l’émotion ne suffit plus. Une fois le deuil passé, l’heure est au diagnostic et aux solutions politiques. La disparition injuste de ces innocents doit servir de point de départ à l’élaboration politique afin d’éviter le renouvellement de tels drames.
Car les terribles « faits divers » qui affligent notre société à une fréquence toujours plus vertigineuse révèlent des failles systémiques comme la défaillance judiciaire, l’insécurité, les problèmes migratoires et les impossibles intégrations.
Et la politique consiste précisément à élaborer une vision à partir d’événements, qu’il s’agisse d’attentats, de « faits divers » ou autres, que la répétition a convertis en enjeux sociétaux.
Selon le philosophe Sami Biasoni, « Récupérer, c’est s’appuyer sur le réel pour accréditer sa propre thèse. » Il est ainsi vain d’accuser les critiques de l’immigration de récupération lorsque le réel vient rappeler le bien-fondé de leurs thèses. Comme il l’est de rétorquer, toujours à ces derniers : « Et les violeurs et les assassins autochtones alors ?« , puisque le camp des patriotes est le premier à militer depuis toujours pour une justice plus sévère, quelle que soit l’origine des criminels.
Il en va différemment de l’instrumentalisation, qui revient à ne retenir que les faits qui servent à confirmer une thèse préétablie en éludant le reste de la réalité. C’est là une distorsion de la réalité qui tronque un problème donné pour servir un agenda idéologique ou électoraliste. Un deux poids, deux mesures qui illustre l’indignation à géométrie variable de certains progressistes, qui tendent à considérer chaque fait divers attirant leur attention comme « systémique »… et à ignorer ceux qui ne les arrange pas.
Alors, la prochaine fois que nos lecteurs seront accusés de récupération, plutôt que de s’en défendre, ils sauront répondre par l’affirmative. Parce que l’analyse des faits et la rationalité sont les piliers d’une société éclairée.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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