Le Parlement européen a mis des mots que la gauche espagnole refusait d’entendre sur les événements de Ceuta. En 2 jours, les eurodéputés ont infligé 2 défaites cinglantes à Pedro Sánchez et aux socialistes européens : l’entrée massive de quelque 80 000 clandestins venus du Maroc dans l’enclave espagnole, les 30 et 31 juillet derniers, est désormais officiellement qualifiée d’« invasion », et l’instrumentalisation de l’immigration illégale d’outil de « guerre hybride » dirigé contre un État membre. Une ville de 84 000 habitants submergée par un nombre équivalent de migrants : le Premier ministre espagnol s’obstinait à n’y voir qu’une crise migratoire et humanitaire ; le Parlement de Strasbourg y voit une atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Espagne — donc de l’Europe.
2 votes en 2 jours
Le premier coup est tombé mercredi 16 septembre. Par un amendement introduit par la rapporteuse lituanienne du PPE Rasa Jukneviciene dans le rapport sur la guerre hybride et la protection de l’intégrité territoriale de l’UE, adopté par 435 voix contre 209 et 13 abstentions, le Parlement « condamne fermement l’attaque à la frontière méridionale de l’Union dans la ville de Ceuta, perpétrée les 30 et 31 juillet 2026, ainsi que l’invasion ultérieure de la ville », déplore l’utilisation des flux migratoires irréguliers comme instrument de guerre hybride, et réclame une enquête indépendante et exhaustive pour établir qui a planifié et exécuté l’opération, et dans quel but.
Le lendemain, jeudi 17 septembre, les eurodéputés sont allés plus loin en adoptant une résolution spécifique portée par le PPE, intitulée « Attaques hybrides récentes et instrumentalisation des migrants à Ceuta », votée par 339 voix contre 225 et 16 abstentions. Le texte condamne les entrées massives depuis le Maroc, somme Rabat d’assumer ses responsabilités en matière de contrôle des frontières et de retours, et demande à Bruxelles de se doter de mécanismes permettant de suspendre les versements à un pays tiers — voire de récupérer les fonds déjà versés — en cas de défaut de coopération. La résolution érige par ailleurs la protection des frontières terrestres et maritimes de Ceuta en priorité européenne.
La régularisation massive de Sánchez pointée comme « effet d’appel »
Le camouflet est d’autant plus rude pour Madrid que la résolution désigne la régularisation extraordinaire de clandestins approuvée cette année par le gouvernement Sánchez comme un facteur d’« effet d’appel » ayant favorisé l’arrivée massive de migrants irréguliers à Ceuta — exactement l’analyse que la droite espagnole et les mouvements identitaires européens défendent depuis des années face aux politiques de régularisation massive. Le groupe des Socialistes et démocrates (S&D), dont la présidente Iratxe García avait fait de toute mise en cause de Madrid une ligne rouge des négociations, a voté contre, avec les Verts et La Gauche. En vain. Une coalition des droites qui se consolide à Strasbourg
Au-delà du cas espagnol, ces 2 scrutins confirment l’émergence d’une majorité alternative sur l’immigration au Parlement européen : le PPE a fait adopter ses textes avec les Conservateurs et réformistes (ECR), les Patriotes pour l’Europe et l’Europe des nations souveraines, rejoints par une partie des centristes de Renew. La même coalition avait déjà permis, en juin, l’adoption du règlement européen sur les retours par 418 voix contre 218 — durcissement des règles d’expulsion, allongement des durées de rétention et possibilité de créer des centres de retour hors de l’Union.
La résolution reste juridiquement non contraignante. Sur le terrain, selon Hungarian Conservative, environ 10 000 des clandestins entrés fin juillet se trouvent toujours dans l’enclave.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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