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Un patient âgé se voit prescrire un médicament. Celui-ci provoque un effet indésirable — jambes qui gonflent, constipation, insomnie — que le médecin interprète comme une nouvelle maladie. Résultat : un 2e médicament vient s’ajouter au premier, pour traiter… les effets du premier. Ce cercle vicieux porte un nom : la « cascade de prescription ». Une vaste étude publiée le 10 septembre 2026 dans le British Medical Journal (BMJ) vient d’en mesurer l’ampleur à l’échelle d’une population entière.
L’équipe menée par la gériatre Paula Rochon a passé au crible les données de santé de 2 297 942 personnes de 66 ans et plus vivant à domicile en Ontario (Canada), où les médicaments des seniors sont pris en charge par le système public. Les chercheurs ont testé 65 cascades de prescription « potentiellement inappropriées », identifiées en 2025 par un panel international de 12 experts de 8 pays et validées par la Société européenne de médecine gériatrique. Au terme de l’analyse, 24 d’entre elles cumulent les 3 critères d’alerte retenus : un médicament initial très répandu (pris par au moins 5 % de la population), une cascade fréquente (au moins 1 % des nouveaux utilisateurs) et un enchaînement chronologique statistiquement net entre les 2 prescriptions.
Fer puis laxatif, statine puis antidouleur : les enchaînements les plus fréquents
Certaines séquences reviennent massivement. Près de 12 % des seniors qui débutent un supplément de fer se voient prescrire un laxatif dans l’année — la constipation étant un effet connu du fer. Presque 11 % des nouveaux utilisateurs de statines (anticholestérol) reçoivent ensuite un antidouleur, les douleurs musculaires figurant parmi leurs effets indésirables classiques. Et plus de 10 % des patients mis sous inhibiteurs de la cholinestérase — des traitements de la maladie d’Alzheimer connus pour perturber le sommeil — se retrouvent avec un somnifère.
D’autres enchaînements, moins fréquents, présentent le lien chronologique le plus marqué : corticoïde suivi d’un antipsychotique, laxatif suivi d’un antidiarrhéique, ou encore le grand classique décrit dès 1997 dans le même BMJ : l’inhibiteur calcique contre l’hypertension, qui fait gonfler les chevilles, suivi d’un diurétique. L’anti-inflammatoire suivi d’un antihypertenseur figure aussi dans la liste des 24 cascades prioritaires. L’étude relève au passage une différence entre les sexes : la cascade antidépresseur puis traitement de la vessie hyperactive ne se vérifie statistiquement que chez les hommes.
Moins prescrire pour mieux soigner
Les auteurs le précisent : ces combinaisons ne sont que « potentiellement » inappropriées — leur méthode détecte des signaux, pas des liens de causalité, et certaines associations peuvent être médicalement justifiées. Mais la conclusion pratique est limpide : face à toute nouvelle ordonnance chez un patient âgé, le prescripteur devrait se poser 3 questions. Le nouveau médicament traite-t-il en réalité l’effet secondaire d’un autre ? Existe-t-il une alternative plus sûre ou une dose plus faible pour le médicament initial ? Et celui-ci est-il seulement encore nécessaire ?
L’enjeu dépasse le confort : la polymédication des personnes âgées alourdit le fardeau des traitements, réduit l’observance et augmente le risque d’hospitalisation — sans parler du coût pour les patients et les systèmes de santé. Les chercheurs plaident pour l’intégration de leur liste de 24 cascades dans les logiciels d’aide à la prescription et dans les revues d’ordonnances, afin d’encourager la « déprescription » : retirer un médicament plutôt que d’en empiler un nouveau. Les médicaments concernés étant des molécules courantes, disponibles en génériques dans la plupart des pays développés, le constat vaut bien au-delà du Canada.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “Surmédication des personnes âgées : ces effets secondaires que les médecins prennent pour de nouvelles maladies”
« tout bien portant est un malade qui s’ignore » Knock
si big pharma voulait notre bien, ça se saurait…..
Sujet intéressant. J’avais vu un reportage à la TV sur un médecin de côté de bordeaux, qui avait créé en quelques sortes le « yuka » du médicaments, avec surtout un indication quand certains médicaments ne devaient pas être pris ensemble. C’était une top idée, car meilleure pour la santé des anciens et aussi économique car moins de médicaments prescris.
Ce qui est valable là-bas est valable chez nous avec certains surdoués de la médecine expert.e.s en ordonnances à rallonges pour faire marcher le commerce médical.