Les années passent, les plans de lutte se succèdent, mais les marées vertes continuent de souiller une partie du littoral breton. À Douarnenez, plus de 700 tonnes d’algues vertes ont été ramassées en une semaine sur la seule plage du Ris. À Matignon, dans les Côtes-d’Armor, un arrêté municipal a même interdit l’accès à une partie de l’estran en raison d’un risque sanitaire.
À Douarnenez, les chiffres sont spectaculaires : 316 tonnes d’ulves ont été retirées le 30 juillet, 370 tonnes le 4 août et encore 38 tonnes le 6 août, selon Ouest-France. Des échouages qui sont habituels au Ris, avec un phénomène qui est lié à l’excès de nitrates d’origine agricole dans la baie.
Jean-Loup Thivet, adjoint chargé de l’environnement à Douarnenez, a expliqué à France bleu Breizh Izel que les fortes pluies du début d’année avaient lessivé les bassins-versants et chargé les eaux en nitrates. Malgré cet échouage massif, la baignade était alors maintenue.
Un risque qui dépasse la simple nuisance visuelle
À Matignon, un arrêté pris le 31 juillet a interdit pour une durée indéterminée l’accès à l’estran près de l’exutoire du ruisseau du Clos, rapportait Ouest-France le 5 août. La municipalité invoque la sécurité des personnes et des animaux : les algues en décomposition peuvent libérer du sulfure d’hydrogène, un gaz toxique.
Sur la Lieue de Grève, Yves-Marie Le Lay, président de l’association Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre, affirme avoir relevé le 4 août jusqu’à 106 ppm d’hydrogène sulfuré près de l’embouchure du Yar.
Des progrès encore insuffisants
Dans cette même rivière, la teneur moyenne en nitrates atteint désormais 20 mg/l contre 40 mg/l il y a dix ans, selon Yann Kergoat, à la tête du bassin-versant de la Lieue de Grève, cité par Ouest-France. Il évoque un « gros progrès », mais le juge « encore insuffisant ».
Le dossier a également pris une dimension judiciaire. Le 16 juin, la cour administrative d’appel de Nantes a confirmé la responsabilité fautive de l’État dans la survenance du préjudice écologique causé par la prolifération des algues vertes en baie de Saint-Brieuc, en raison de manquements dans la lutte contre ce phénomène.
La baisse des nitrates prouve que des progrès sont possibles. Mais après des décennies de plans et de ramassages, voir encore des centaines de tonnes d’algues retirées en quelques jours rappelle un constat accablant : sur le terrain, le problème est loin d’être réglé.
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