Depuis 1994, la totalité de la région Bretagne est classée en « zone vulnérable aux nitrates », un dispositif qui encadre strictement les pratiques agricoles afin de protéger la ressource en eau. Un projet de révision pourrait toutefois faire sortir neuf communes des Monts d’Arrée de ce classement. L’association Bretagne Vivante – Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Bretagne, qui a fait connaître son opposition dans un communiqué daté du 29 juin, y voit une démarche à rebours du bon sens.
Un château d’eau finistérien dans le viseur
Le territoire concerné n’a rien d’anodin. Les Monts d’Arrée sont reconnus comme une ressource stratégique pour l’alimentation en eau potable du Finistère. C’est précisément ce qui motive l’incompréhension de l’association : alléger la réglementation sur un secteur identifié comme essentiel pour l’eau potable apparaît, à ses yeux, comme une contradiction. Bretagne Vivante indique ne comprendre ni cautionner le projet de déclassement inscrit dans la procédure de révision en cours.
L’argument central tient en une mécanique simple. Le classement en zone vulnérable impose aux exploitants un ensemble de contraintes : un plafond de 170 kg d’azote organique par hectare et par an, un calendrier d’épandage encadré, ou encore l’obligation d’une couverture des sols à l’automne et en hiver. Or, ces règles, selon l’association, ont porté leurs fruits.
Des progrès que le déclassement menacerait
C’est tout le paradoxe pointé par Bretagne Vivante. Des efforts ont bel et bien été consentis par les agriculteurs de ces communes, et ils ont conduit à une amélioration mesurable de la qualité de l’eau. L’association craint qu’un retrait du classement n’entraîne mécaniquement l’abandon de ces pratiques vertueuses, faute d’obligation réglementaire pour les maintenir.
Le communiqué avance un autre risque, plus large. En libérant ces communes des contraintes d’épandage, le déclassement ouvrirait des surfaces nouvelles à de nombreuses exploitations en quête de terrains pour épandre leurs effluents, sans les garde-fous actuels. Sur des bassins versants décrits comme fragiles, l’association redoute ainsi le retour de pratiques agricoles connues pour leur impact sur la ressource en eau.
Une opposition ferme
Pour Bretagne Vivante – CEN Bretagne, la logique du projet va « dans le sens inverse » de l’attention que ces territoires devraient recevoir. L’association conclut son communiqué par une position sans ambiguïté : elle s’oppose fermement à ce déclassement.
Le dossier illustre une tension récurrente sur le territoire breton, entre les impératifs de protection de la ressource en eau, particulièrement sensibles dans une région historiquement marquée par la question des nitrates, et la recherche de marges de manœuvre pour le monde agricole. La suite donnée à cette procédure de révision dira de quel côté penchera l’arbitrage.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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