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Les algues vertes restent l’un des symboles les plus embarrassants de la Bretagne contemporaine : une région fière de son littoral, mais incapable, depuis des décennies, d’en finir avec un fléau connu, documenté et dangereux. Après des années de plans, d’accompagnement et de financements publics, l’État change désormais de ton. Dans le Finistère et les Côtes d’Armor, les exploitations agricoles qui n’ont pas atteint les objectifs fixés dans les baies concernées vont entrer dans une phase réglementaire.
Cette bascule marque la fin d’une certaine illusion : celle d’une lutte qui pourrait reposer indéfiniment sur le seul volontariat. En mars 2025, le tribunal administratif de Rennes avait reconnu l’insuffisance des mesures mises en œuvre par l’État contre les pollutions aux nitrates d’origine agricole. Désormais, les préfets doivent passer du discours aux décisions individuelles.
Des moyens importants, des résultats encore insuffisants
Selon les éléments rapportés par Ouest-France le 16 juin, un nouveau rapport de la Cour des comptes et de la chambre régionale des comptes dresse un bilan sévère des politiques publiques menées depuis 2021. En 2024, la Bretagne concentrait encore 93 % des surfaces nationales d’échouage d’algues vertes, soit plus de 2 000 hectares de plages et de vasières touchés. Le rapport rappelle aussi que la prolifération est liée aux concentrations excessives de nitrates dans les cours d’eau, issues très majoritairement de l’activité agricole.
Les moyens financiers n’ont pourtant pas manqué. Les crédits consacrés aux plans de lutte seraient passés de 56 millions d’euros pour le premier plan à 128,6 millions pour le troisième, en cours jusqu’en 2027. Mais les magistrats pointent des insuffisances persistantes : recommandations partiellement appliquées, vasières mal prises en compte, contrôles jugés trop faibles, absence de stratégie complète dans certains secteurs.
Le modèle agricole au cœur du débat
Le sujet est sensible, car il touche au cœur du modèle agricole breton. Grande région d’élevage porcin et avicole, la Bretagne vit depuis longtemps de cette puissance productive. Mais le prix environnemental de cette concentration devient impossible à esquiver. Les vasières, notamment dans le Morbihan, concentreraient une part majeure des échouages, alors même qu’elles restent largement en dehors des outils classiques de lutte.
Dans un article publié le 15 juin, Eau et Rivières de Bretagne dénonce une police de l’eau « largement défaillante » et réclame des contrôles plus ciblés, ainsi que des sanctions effectives. Reste à savoir si l’État ira jusqu’au bout. Les agriculteurs ayant atteint les objectifs ne sont pas visés. Mais pour les autres, la période des rappels à l’ordre sans suite semble toucher à sa fin.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Algues vertes : la Cour des comptes pointe les failles persistantes de l’État en Bretagne”
Et… quid des stations d’épuration sous dimensionnées, mal entretenues, has bien ?