Artichauts ravagés, brocolis en forte baisse, choux-fleurs touchés : la sécheresse et les épisodes de chaleur successifs frappent durement les cultures légumières bretonnes. Prince de Bretagne évoque une « crise légumière majeure », avec des pertes estimées entre 15 % et 100 % selon les productions et les conditions d’irrigation, rapporte le média Terra le 11 août.
Le bilan dressé par la filière est sévère. Les pertes atteindraient 50 à 100 % pour l’artichaut, environ 60 % pour le brocoli, 25 % pour la courgette et plus de 40 % pour les petits pois, selon Prince de Bretagne.
Pour le chou-fleur, la filière estime les pertes à environ 20 % sur les récoltes en cours, avec des dégâts pouvant aller jusqu’à 100 % sur certaines parcelles non irriguées. Des jeunes plants ont également été perdus, compromettant déjà une partie des volumes prévus pour l’automne et l’hiver.
Seulement 20 % des maraîchers équipés pour irriguer
La crise met en lumière les limites actuelles de l’irrigation en Bretagne. Seuls 20 % des maraîchers Prince de Bretagne sont équipés, selon la filière.
« Il va falloir apprendre à garder l’eau de pluie de l’hiver », avertit Marc Keranguéven, président du Cerafel, cité par Ouest-France. Prince de Bretagne demande aux pouvoirs publics d’accélérer les décisions concernant le stockage hivernal de l’eau, de sécuriser les autorisations d’irrigation et de soutenir les investissements nécessaires.
Pour la filière, l’enjeu est désormais de pouvoir conserver davantage d’eau durant les périodes hivernales afin de sécuriser une partie des besoins estivaux.
Des légumes moins beaux, mais toujours consommables
Prince de Bretagne appelle également la grande distribution à assouplir temporairement ses critères de calibre, de poids et d’apparence afin que des légumes plus petits ou irréguliers puissent être commercialisés. La filière assure que ces produits restent sains et consommables.
Elle avertit également que la tension sur les volumes risque d’accroître le recours aux importations. Dans une Bretagne qui reste l’un des grands bassins français de production de légumes frais, la question dépasse donc les seules pertes de rendement.
Voir les récoltes s’effondrer sous l’effet de la sécheresse et de capacités d’irrigation limitées pose désormais une question de fond : celle de notre capacité à continuer à produire ici ce que nous consommons, plutôt que de compenser demain par davantage d’importations.
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3 réponses à “Sécheresse en Bretagne : jusqu’à 100 % de pertes, les maraîchers au bord de la rupture”
La solution d’augmenter les retenues d’eau de pluie peut sembler bonne à première vue. Mais il faut garder à l’esprit que la quantité d’eau de pluie qui tombe sur la région va en diminuant et qu’en augmentant les retenues d’eau on va aggraver la sécheresse pour les autres usages (cours d’eau, nappes phréatiques, etc).
C’est une question de priorité et concernant les gros producteurs comme Prince de Bretagne on a à faire à des industriels qui alimente la grande distribution nationale plutôt qu’à des petits ou moyens producteurs qui alimentent la population locale. Cela devient une question à la fois économique et alimentaire.
Peut-être la solution serait des stations de désalinisation alimentées par de l’éolien (hors été) et/ou du solaire (été), cela permettrait de palier concrètement à la baisse du volume des pluies et d’alimenter le réseau proche du littoral breton.
Cette solution ne plaira ni aux écologistes ni aux autres courants politiques, mais il faut bien trouver des solutions concrètes et efficaces (démarche d’ingénieur), plutôt que des mesurettes et des discours sans actions spécialité de nos gouvernants.
modification/ajout : *en augmentant les retenues d’eau et l’irrigation*
Sans doute « Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, l’Humanité sera confrontée au problème global de sa survie » lu dans récit émouvant « les corps indécents ». Changements climatiques importants à venir, manque d’eau potable, sur-population et ses conséquences, guerre ou accident nucléaire, pandémie etc. Pas si sûr que l’Humanité survive au delà de la fin du XXIème siècle. Tout a une fin. La nôtre aussi.