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Dans le contexte de forte dynamique économique que connaît la Pologne, Lionel Baland s’est rendu à Karpacz, dans l’ouest du pays, afin de couvrir, pour Breizh-info, le Forum économique, au sein duquel il a également animé un panel de discussion. Ce rendez-vous annuel réunit des personnalités de premier plan des sphères économique, politique et culturelle. Des représentants de différents partis y prennent part, sans exclusion des formations conservatrices ou patriotiques. Plusieurs ministres du gouvernement centriste et européiste actuel ont été présents, aux côtés de membres du parti conservateur Droit et justice (PiS) et de la formation nationaliste Confédération de la liberté et de l’indépendance.
Le thème de cette 35e édition de l’événement a été « L’architecture d’un nouvel ordre : la stabilité en période de changement ». Les 6.000 participants, venus d’une soixantaine de pays, se sont retrouvés durant trois jours et ont pu assister à 500 événements : panels de discussion, débats, conférences, rencontres avec des auteurs d’ouvrages, galas, banquets, concerts et soirées dansantes.
L’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, autrefois membre du parti conservateur Droit et justice (PiS) et qui n’en est plus un affilié, s’apprêtant à lancer une nouvelle formation politique, a déclaré que la montée en puissance du parti nationaliste allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) est le résultat direct de « la folie des élites libérales de gauche ». Il a estimé également qu’un cadre économique attractif et stable peut inciter les Polonais de la diaspora à retourner dans leur pays d’origine. Défendant une vision souverainiste du développement économique, il a dénoncé la politique climatique des instances de l’Union européenne qui, selon lui, freine la compétitivité de la Pologne et de ses voisins.
Przemyslaw Czarnek, le candidat du parti conservateur Droit et justice (PiS) au poste de Premier ministre à l’issue des élections législatives de l’automne 2027, a affirmé que le pays se trouve face à une occasion unique et historique de devenir le leader incontesté de l’Europe centrale et orientale, à condition de mettre fin à la soumission aveugle aux diktats de l’Union européenne et de rejeter les absurdités idéologiques de la déconstruction qui entravent le potentiel du pays. Selon lui, parmi les atouts fondamentaux de la Pologne figurent « sa situation géographique stratégique, mais surtout son unité nationale, l’absence de tensions majeures et de problèmes sociaux qui affectent les pays d’Europe occidentale, la solide alliance transatlantique et le rythme impressionnant de modernisation et d’expansion des forces armées polonaises ». Il estime que la Pologne doit résister à l’emprise de l’Union européenne et de sa bureaucratie : « Le maintien de l’adhésion aux absurdités idéologiques, climatiques et de gauche de l’UE affecte avant tout la compétitivité de l’économie polonaise, ce qui conduit directement à la sortie des entreprises et des capitaux de Pologne, à une augmentation du chômage et de la pauvreté, à une réduction des recettes budgétaires et à l’effondrement des finances publiques. » Il a présenté, en tant que juriste, la Constitution – qui date de 1997 et a été soutenue par la gauche et le centre – comme étant un boulet pour la Pologne.
Le vice-président de la Chambre des députés et coprésident de la Confédération de la liberté et de l’indépendance Krzysztof Bosak a dénoncé le manque de contrôles aux frontières du pays et l’immigration de masse, tout en réclamant l’arrêt des privilèges sociaux accordés, selon lui, à des ressortissants étrangers, comme les réfugiés ukrainiens. Pour lui, la cohésion nationale prime sur une approche purement économique de la main-d’œuvre. Il désire le lancement d’ « investissements ambitieux comme nouveau moteur pour l’économie polonaise », miser en priorité sur le capital polonais et « défendre l’intérêt national polonais dans un contexte de crise croissante de l’Union européenne ». Il a prôné l’autonomie, par rapport à l’étranger, de la production de matériel militaire du pays et a visité un stand consacré à du matériel lié à la sécurité, comme les drones.
Parmi les représentants étrangers a figuré le président du parti nationaliste roumain AUR George Simion, qui a souligné l’importance des relations polono-roumaines et de l’amitié entre les deux peuples. Il a déclaré ne pas être un fan du fait que la Roumanie adopte dans le futur l’euro, car cela signifie une perte de souveraineté pour le pays, et il a affirmé que, lors de périodes de crise comme celle que nous traversons en ce moment, l’importance de pouvoir prendre nos propres décisions est vitale. Il a ajouté que, en Bulgarie, l’introduction de l’euro a été imposée à la va-vite sans que le peuple ne soit consulté et que cela a engendré un chaos. Il a affirmé que les Islandais ont voté contre une future adhésion à l’Union européenne, non pas parce qu’ils ne se sentent pas européens, mais car ils ne veulent pas avoir, à la place de la prospérité, des procédures et de la régulation. Selon lui, la Commission européenne a, au cours des quinze à vingt dernières années, remplacé les intérêts de l’industrie par des procédures. Il a également dénoncé le coût prohibitif de l’énergie, ainsi que le fait que le président actuel de la Roumanie Nicușor Dan désire abandonner le droit de veto, ainsi que l’inflation qui pèse sur le coût de la vie. Il a mis en avant le fait que la Roumanie dispose de pétrole et de gaz et que la Pologne est devenue un tigre économique que certains désirent détruire. Il a affirmé que l’Europe centrale est le vrai cœur de l’Europe, à partir duquel la civilisation européenne peut être sauvée, alors que l’Espagne du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez se suicide. Selon lui, nous devons arrêter l’immigration illégale et l’écolomarxisme et retrouver le bon sens, tout en nous concentrant sur la démographie et la famille et en faisant revenir les personnes originaires de nos pays qui les ont autrefois quittés.
L’ancien président de la République tchèque Václav Klaus a rappelé son rejet de l’actuelle construction européenne et sa volonté d’édifier une Europe des nations souveraines et libres. Il a répété que la construction européenne est une erreur grave et que la solution est le retour à l’État-nation. L’époque de la Communauté économique européenne était, selon lui, la bonne.
La 35e édition du Forum économique de Karpacz a été marquée tant par la situation intérieure qu’extérieure du pays. La guerre en Ukraine se poursuivant, les questions sécuritaires ont été une nouvelle fois au centre des attentions. Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz, du Parti paysan polonais, a abordé les questions de sécurité et de renforcement des capacités militaires de la Pologne. Des officiers de hauts rangs ont également été présents. D’autre part, le Forum a permis d’observer le redéploiement au sein du camp conservateur, un an avant les élections législatives prévues autour du mois d’octobre 2027.
Lionel Baland
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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