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Plus de dix ans après sa parution fracassante, Le Suicide français connaît une seconde vie. L’essai d’Éric Zemmour, paru en 2014 chez Albin Michel et réédité aujourd’hui chez Fayard, fait l’objet d’une adaptation documentaire en quatre volets, diffusée sur Planète+ et disponible dans l’offre Canal+. L’occasion de redécouvrir, cette fois par l’image et l’archive, l’une des lectures les plus discutées — et les plus vendues — de l’histoire récente de la France.
Du chêne déraciné à la France d’aujourd’hui
Le documentaire s’ouvre, comme le livre, sur une onde de choc : la mort du général de Gaulle, en novembre 1970, et la formule restée célèbre de Georges Pompidou annonçant que « la France est veuve ». De ce point de rupture, Zemmour rembobine puis déroule cinquante ans de transformations, cherchant à comprendre comment la France gaullienne a pu accoucher de celle des années 2020. Une bascule que l’auteur résume d’une formule devenue sienne : les « trois D » — déconstruction, dérision, destruction.
Vendu à plus de 500 000 exemplaires, l’essai de 530 pages avait largement débordé la sphère intellectuelle pour rencontrer un vaste public, notamment à droite. Son originalité tenait à sa méthode : Zemmour ne partait pas d’une théorie plaquée sur les faits, mais d’une succession de phénomènes de société concrets, datés, documentés. La mort de De Gaulle, l’affaire de Bruay-en-Artois, la loi Pleven sur la liberté d’expression, les slogans féministes, le film Les Valseuses, le débat Mitterrand-Giscard, les chansons populaires : autant de jalons d’une mémoire collective que le documentaire peut désormais illustrer d’images d’archives.
Un format taillé pour l’écran
C’est précisément cette nature factuelle et générationnelle qui rendait l’essai adaptable, ce qui est rare pour un livre d’idées. Zemmour le confirme : il y pensait depuis l’écriture, conscient qu’il retraçait une période où la télévision s’était imposée dans les foyers, laissant derrière elle une masse d’archives considérable. Lui-même, formé aux émissions documentaires de l’ORTF de son enfance, revendique le goût d’une télévision capable de raconter l’histoire collective.
Réalisé par Sébastien Leroy, le programme assume son parti pris. Zemmour l’incarne de bout en bout, par la narration et physiquement, déambulant dans Paris à la manière des grandes séries historiques télévisées — mais avec une tonalité aux antipodes. Une frise chronologique court au bas de l’écran, scandant les dates à mesure que les arguments se déploient. L’atmosphère, grave et nerveuse, oscille entre nostalgie et inquiétude, jusqu’à prendre par moments des airs de thriller.
Une lecture revendiquée, non neutre
L’auteur ne s’en cache pas : il ne s’agit pas d’un travail neutre au sens classique, mais d’un regard assumé. Au fil des épisodes défilent les évolutions qu’il juge déterminantes dans l’affaiblissement du pays — divorce par consentement mutuel, baisse de la natalité, recul de la souveraineté, regroupement familial, désindustrialisation, premières émeutes urbaines, montée de nouvelles expressions culturelles. La culture populaire elle-même est convoquée et commentée : Les Divorcés de Michel Delpech, des extraits d’Hélène et les garçons, le film Dupont Lajoie, chacun lu comme le symptôme d’un basculement.
Zemmour revendique la dimension émotionnelle de l’exercice : là où le livre permettait l’analyse, l’image ajoute une force que le texte seul ne peut atteindre. Il invite d’ailleurs les spectateurs, même ceux en désaccord, à regarder ces films avec la curiosité que l’on accorde à un documentaire historique.
D’alerter à mobiliser
Reste la question du moment. En 2014, le polémiste écrivait pour alerter ; aujourd’hui, devenu acteur politique à la tête de Reconquête, il dit vouloir mobiliser. L’intention, assure-t-il, demeure la même : intervenir dans le débat des idées, hier par le livre et la presse, désormais par l’image. Le projet dépasse même les frontières, puisqu’une traduction anglaise de l’essai doit prochainement paraître aux États-Unis, après des présentations à Washington et New York.
Le livre se referme sur une référence à Marc Bloch — panthéonisé le 23 juin, soit le soir même de la diffusion du premier volet — et à sa formule sur les deux catégories de Français incapables de s’entendre sur leur histoire, ceux qui ne vibrent pas au sacre de Reims et ceux qui restent insensibles à la fête de la Fédération. Une coïncidence de calendrier qui ne manquera pas de nourrir le débat.
Le documentaire offre un objet singulier : une relecture personnelle et assumée du demi-siècle écoulé, portée par une narration soignée et une iconographie d’archives méticuleusement choisie. Pour les téléspectateurs de droite qui se reconnaissent dans ce diagnostic comme pour les curieux désireux de comprendre ce qui a fait le succès du phénomène, le rendez-vous mérite d’être pris. Le Suicide français, en quatre épisodes de 52 minutes, est diffusé sur Planète+ et disponible sur l’application Canal+.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “« Le Suicide français » : le best-seller d’Éric Zemmour porté à l’écran, un demi-siècle de bascule française en images”
A noté que le syndicat du personnel Canal plus.
A déclaré y a 15 j , être opposé a la diffusion de ce documentaire.
Car zemmour n’était pas leur tasse de thé.
Macron veut faire voter la mort assistée….. pour la France elle est déjà moribonde sans aucune assistance !