C’est le genre d’histoire qui rappelle que la science récompense parfois d’abord la curiosité. Kent Hups, professeur de lycée à Northglenn (Colorado) et chasseur de fossiles amateur à ses heures, a signé en 2025 une découverte qui vient d’être officialisée par la communauté scientifique : la toute première piste d’empreintes — un « trackway », dans le jargon des paléontologues — jamais attribuée à un Tyrannosaurus rex adulte. L’étude est parue début septembre dans le Journal of Vertebrate Paleontology, avec l’enseignant parmi les co-auteurs.
4 empreintes de 1 mètre, une foulée de 4 mètres
La scène se passe dans les badlands du sud-ouest du Dakota du Nord, près de la petite ville de Marmarth, sur des terres fédérales gérées par l’US Forest Service, au cœur de la formation de Hell Creek — l’un des gisements fossilifères de la fin du Crétacé les plus riches au monde. Bénévole sur un chantier de fouilles dirigé par son ami Tyler Lyson, conservateur en paléontologie des vertébrés au Denver Museum of Nature & Science, Hups repère une protubérance rocheuse en forme de 3 doigts écartés. Interviewé depuis sur Fox News, il raconte avoir hésité — « soit un grand dinosaure à bec de canard, soit un T. rex » — avant de sortir le mètre, de vérifier la longueur des doigts et leurs angles, puis de sauter de joie en hurlant.
L’équipe, d’abord sceptique — seules 2 empreintes isolées de T. rex adulte étaient connues au monde, l’une au Nouveau-Mexique, l’autre dans le Montana —, revient sur place le lendemain et confirme : non pas 1, mais 4 empreintes tridactyles consécutives, chacune d’environ 1 mètre de long, sur une piste de quelque 7 mètres. L’espacement des traces révèle une foulée d’environ 4 mètres et une vitesse de marche de 5,5 à 7 km/h — le rythme d’un humain pressé, pour un animal de plus de 7 tonnes. Datées d’environ 66,5 millions d’années, juste avant l’astéroïde fatal aux dinosaures, ces traces se sont conservées sous forme de concrétions de grès cimentées au carbonate de calcium.
Pourquoi c’est une première scientifique
Des os, les musées en regorgent ; des comportements, presque jamais. C’est tout l’intérêt d’une piste continue par rapport à une empreinte isolée : elle montre l’animal en mouvement et permet de mesurer sa démarche réelle. L’attribution au roi des prédateurs repose sur un faisceau d’indices : la taille exceptionnelle des empreintes, la forme étroite des doigts, et l’abondance de fossiles de T. rex dans le secteur — le fameux « Teen Rex » du musée de Denver a été exhumé à une quinzaine de kilomètres de là, et un fragment de dent de tyrannosaure à moins de 1 km. L’étude associe le Denver Museum of Nature & Science et l’université britannique Liverpool John Moores, dont les spécialistes ont numérisé le site en 3 dimensions.
Belle leçon, enfin, de science participative : l’Ouest américain — Dakota, Montana, Wyoming, Utah — reste un immense terrain de jeu où amateurs éclairés et chercheurs professionnels continuent, côte à côte, d’écrire l’histoire des dinosaures. Le professeur Hups, lui, tient désormais l’anecdote ultime pour convaincre ses élèves que l’observation attentive mène loin — jusqu’à 66,5 millions d’années en arrière.
Photo d’illustration : Wikipedia (cc)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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