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Avouons-le franchement. Quand Rennes apparaît dans nos colonnes, c’est rarement pour les bonnes raisons. Trafic de stupéfiants au Blosne, règlements de comptes, insécurité nocturne, faits divers — la capitale bretonne nourrit une actualité judiciaire et sécuritaire que nous couvrons parce qu’elle existe et qu’elle mérite d’être dite. Mais réduire Rennes à ses zones de deal et à ses faits divers, ce serait aussi absurde et erroné que de réduire la Bretagne à la pluie.
Alors aujourd’hui, on pose l’appareil photo différemment. On flâne. On lève les yeux. On pousse des portes. Parce que Rennes est aussi — et peut-être surtout — l’une des plus belles villes de Bretagne et de l’hexagone. Et beaucoup de nos lecteurs, qui n’y vivent pas, ne le savent pas encore vraiment.
Condate la Rouge : deux mille ans sous nos pieds
Avant d’être Rennes, Roazhon, avant d’être la capitale de la Bretagne, ce territoire portait un autre nom : Condate, qui signifie « confluent » en gaulois. Les premiers habitants s’y sont installés il y a plus de deux millénaires, au nord de la Vilaine, à l’endroit précis où deux rivières se rejoignent. Les Romains ont bâti ici une ville de prestige, ceinte de remparts en brique rouge dont quelques vestiges du IIIe siècle subsistent encore, enfouis dans la ville moderne comme autant de témoins silencieux.
C’est au XVIe siècle que Rennes s’impose comme capitale de la Bretagne – en parallèle de Nantes. La ville prospère, accueille la bourgeoisie, les parlementaires, l’élite bretonne. Le grand Parlement de Bretagne est érigé entre 1618 et 1655. Puis vient la catastrophe : en décembre 1720, un incendie dévaste le cœur de la cité pendant six jours consécutifs, ravageant dix hectares. C’est l’architecte du roi Jacques Gabriel qui supervise la reconstruction — avec un génie particulier : celui de faire en sorte que la ville ancienne et la ville neuve se fondent l’une dans l’autre sans rupture brutale. Aujourd’hui encore, on passe du pan de bois au tuffeau sans même s’en apercevoir.
La déambulation commence ici
Entrez dans Rennes par les Portes Mordelaises. C’est la bonne manière. Cet ensemble de pierre du XVe siècle, flanqué de deux tours rondes et d’un ancien pont-levis, est l’un des derniers vestiges des remparts médiévaux de la ville. Pendant des siècles, les Ducs de Bretagne devaient franchir ces portes en prêtant serment de fidélité à la Bretagne avant de pénétrer dans la cité. On appelle encore ces portes les « Portes Royales ». Elles méritent qu’on s’y attarde, qu’on pose la main sur la pierre, qu’on imagine le cortège.
Depuis là, quelques pas suffisent pour plonger dans le cœur historique. La rue du Chapitre, la rue de la Psalette, la rue Saint-Guillaume — autant de ruelles pavées bordées de maisons à pans de bois dont certaines datent du XVe siècle. Rennes est, après Strasbourg, la ville de France qui compte le plus de colombages : 370 maisons répertoriées, aux façades peintes et ornées, qui se penchent légèrement les unes vers les autres au-dessus des pavés comme pour se confier des secrets. Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur, en vigueur depuis 1985, veille à ce que ce patrimoine ne soit jamais banalisé.
La cathédrale Saint-Pierre : l’éblouissement intérieur
Au détour d’une ruelle, sans grand parvis pour vous prévenir, la cathédrale Saint-Pierre surgit presque par surprise. C’est ici, pendant des siècles, que furent couronnés les Ducs et Duchesses de Bretagne. L’extérieur, sobre et classique, ne prépare pas à ce qui attend à l’intérieur : des voûtes somptueuses, des dorures, des peintures d’une richesse rare, des vitraux qui découpent la lumière en couleurs. Et derrière la cathédrale, au numéro 3 de la rue Saint-Guillaume, se cache l’une des plus vieilles maisons de Rennes — le Ti-Coz, dont la façade à pans de bois paraît défier le temps depuis plusieurs siècles.
Le Parlement de Bretagne : la mémoire en pierre
Impossible de traverser le centre sans s’arrêter devant le Parlement de Bretagne. Ce chef-d’œuvre d’architecture classique, signé Salomon de Brosse, impose par sa masse et son élégance. C’est ici que se tenaient les grandes séances du Parlement breton jusqu’à la Révolution. L’intérieur — accessible sur visite guidée via l’Office de tourisme — déploie des décors somptueux qui replongent le visiteur dans l’atmosphère des délibérations historiques. L’édifice a survécu à tout, y compris à l’incendie de 1994 qui l’a gravement endommagé avant une restauration minutieuse. Il abrite aujourd’hui la Cour d’appel de Bretagne.
L’hôtel de ville et la place de la Mairie : le cœur battant
La place de la Mairie est l’un de ces endroits où l’on comprend immédiatement pourquoi Rennes est classée Ville d’Art et d’Histoire depuis 1986. D’un côté, l’hôtel de ville, construit en 1720 par Gabriel, reconnaissable à sa tour de l’horloge et à son Panthéon rennais rendant hommage aux enfants de la ville morts pour la France. De l’autre, l’Opéra — le plus petit opéra de France avec moins de 700 places — dont la façade arrondie épouse les courbes de la place avec une élégance discrète. La place elle-même, piétonne et pavée, est régulièrement le théâtre d’événements culturels, de festivals, d’illuminations nocturnes qui lui donnent une vie que peu de centres-villes français peuvent lui envier.
La place Sainte-Anne et les marchés : Rennes vivante
Remontez vers la place Sainte-Anne. C’est ici que Rennes révèle son autre visage — celui d’une ville jeune, populaire, vivante. Les terrasses s’y entassent, les étudiants s’y retrouvent, la musique s’y échappe des bars en fin de semaine. La place est entourée de maisons à colombages et d’une église du XVIIe siècle. Elle n’a rien d’un musée figé — c’est un endroit où la ville respire et s’amuse.
À deux pas, la place des Lices accueille chaque samedi l’un des plus grands marchés de France, né en 1622. Près de 300 producteurs locaux y vendent leurs fruits et légumes, leurs fromages, leurs poissons, leurs fleurs. On y mange la galette-saucisse debout, on y hume l’odeur des huîtres fraîches, on y croise le Rennes de toujours — celui qui fait ses courses entre voisins, celui qui n’a pas encore oublié ce que signifie acheter à celui qui produit.
Le parc du Thabor : la pause verte
Avant de quitter la ville, accordez-vous une halte au parc du Thabor. Dix hectares de verdure en plein cœur de la cité, dessinés au XIXe siècle par le paysagiste Denis Bühler dans une alliance de jardin à la française et de parc à l’anglaise. Roseraie, volière, bassins, cascades, kiosque à musique, théâtre de verdure — le parc est le poumon de Rennes, son Central Park, l’endroit où la ville soufflé et où les familles se retrouvent les beaux jours.
Rennes est une ville complexe. C’est pour ça qu’elle est grande.
Oui, Rennes a ses violences, ses trafics, ses quartiers qui souffrent. Nous les couvrons, nous continuerons à les couvrir. Mais une ville qui compte deux millénaires d’histoire, 370 maisons à colombages, un Parlement de Bretagne, une cathédrale où furent couronnés les Ducs, un marché vieux de quatre siècles et un parc qui ressemble à un conte — cette ville mérite qu’on la regarde aussi avec les yeux grands ouverts.
La prochaine fois que vous y passez, levez les yeux. Poussez une porte. Entrez par les Portes Mordelaises. Rennes vous attend.
Photo ; Breizh-info.com (TDR)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Rennes, l’autre visage : plongée dans une ville magnifique que vous ne connaissez peut-être pas encore”
Une ville bourgeoise où il faisait bon vivre avant 1990 pour prendre date, ville de fonctionnaires, de garnisons…un peu austère m’avait confié une dame depuis qu’elle y vivait depuis 1937…la petite noblesse de l’ouest préférait Nantes plus vivante, plus joyeuse avec plus d’animations culturelles et la petite noblesse du Haut Poitou, de Mayenne voire d’Anjou ouest s’y retrouvait. Aujourd’hui le coutelas d’Allah fait fuir tout le monde!