Royaume-Uni : Tommy Robinson condamné, la bête noire de l’establishment britannique de nouveau face à la prison

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Tommy Robinson va de nouveau devoir affronter la justice britannique. Le mercredi 28 octobre, la cour de Southwark, à Londres, l’a reconnu coupable de 2 chefs de harcèlement ayant provoqué la crainte de violences, à l’encontre de 2 journalistes du Daily Mail, Andrew Young et Jacob Dirnhuber. Le jury a délibéré plus de 11 heures et s’est prononcé à la majorité de 10 voix contre 2. Laissé en liberté sous caution, le militant connaîtra sa peine le 16 décembre. Selon ITV, il encourt jusqu’à 10 ans de prison.

Un article du Daily Mail à l’origine de l’affaire

Tout part d’un article du Daily Mail et de MailOnline d’août 2024. Pendant les émeutes qui ont suivi le triple meurtre de Southport, le quotidien accuse Tommy Robinson d’avoir attisé les violences « depuis son transat », alors qu’il se trouvait à l’étranger. Le militant réplique sur X contre les 2 auteurs. Il engage ensuite des détectives privés pour retrouver leurs adresses, ainsi que celle du rédacteur en chef du journal, Ted Verity. Il publie des photos de Jacob Dirnhuber devant son domicile et des images recadrées de la famille d’Andrew Young. Au téléphone, le 5 août 2024, il lance à ce dernier « I’m coming to get you » (« Je viens te chercher »). Selon l’accusation, les journalistes ont dû déménager ou engager une protection.

Devant la cour, Robinson a soutenu que le Daily Mail avait mis sa propre famille en danger par ses publications, et il a pleuré à la barre en évoquant ses enfants. Le jury ne l’a pas suivi. Le chroniqueur britannique Mark Gullick, qui le soutient, relève que les 2 parties avaient eu recours à des détectives privés, ce qui n’a rien d’illégal, mais que seule l’enquête menée par Robinson a été mise en avant pendant le procès. Avant l’audience, le militant avait remercié publiquement Elon Musk de financer ses frais de justice.

De Luton à l’English Defence League

Né en 1982 à Luton, au nord de Londres, Stephen Yaxley-Lennon a pris le nom de son beau-père, Lennon, quand sa mère s’est remariée, avant d’adopter le pseudonyme de Tommy Robinson. Devant le tribunal, il s’est d’ailleurs présenté sous le nom de Stephen Lennon. Selon le recensement de 2021, Luton compte environ un tiers de musulmans, et Mark Gullick affirme que la ville est passée de 3 mosquées pendant l’enfance du militant à plus de 40 aujourd’hui.

Robinson se fait connaître en 2009. De retour d’Afghanistan, le 2e bataillon du Royal Anglian Regiment défile à Luton et se fait conspuer par un groupe d’islamistes. En réaction, Robinson et ses amis fondent l’English Defence League, un mouvement de rue qui recrute largement dans les tribunes de football. L’EDL attire l’attention de tout le pays sur l’islamisme et lui vaut une réputation sulfureuse. Robinson finit par la quitter en 2013. Il raconte ce parcours dans son autobiographie de 2015, Enemy of the State (« Ennemi de l’État »). Il y reconnaît avec une franchise rare ses dérives de l’époque, alcool et drogue compris, et se décrit comme un mauvais mari et un mauvais père.

Les grooming gangs, combat d’une vie

Tommy Robinson s’est surtout imposé comme l’un des premiers à dénoncer le scandale des « grooming gangs ». Pendant des années, des réseaux d’hommes majoritairement d’origine pakistanaise ont exploité sexuellement des adolescentes, souvent issues de milieux modestes, à Rotherham, Telford, Rochdale ou Oxford. Le rapport Jay de 2014 a recensé environ 1 400 victimes à Rotherham seulement, et a mis en évidence la peur des autorités locales d’être accusées de racisme. Robinson a consacré un documentaire à l’affaire de Telford. Il a aussi publié avec l’essayiste Peter McLoughlin une édition chronologique du Coran, Mohammed’s Koran. McLoughlin est par ailleurs l’auteur d’Easy Meat, un livre sur ces réseaux que Mark Gullick juge injustement passé sous silence.

Ce combat lui a valu une hostilité durable de l’État britannique. Robinson raconte avoir vu ses comptes bancaires fermés, ses entreprises contrôlées à répétition et ses revenus passés au crible depuis l’âge de 18 ans. Il affirme aussi que la police l’avait menacé d’arrestation s’il relayait les menaces de mort qu’il recevait. Pour ses soutiens, cet acharnement est l’exemple même d’une justice à 2 vitesses, impitoyable envers ceux qui dénoncent la criminalité liée à l’islamisme et indulgente envers d’autres.

La prison, une menace de mort

Le militant connaît bien la prison. Il a déjà été incarcéré à plusieurs reprises, notamment pour outrage au tribunal, la dernière fois en 2024-2025. Selon Mark Gullick, il ne s’y nourrissait que de conserves et de fruits par peur que les repas soient trafiqués, au point de perdre une vingtaine de kilos, et devait garder fermée la fenêtre de sa cellule en plein été à cause des agressions de codétenus. Le chroniqueur, qui a eu Robinson au téléphone en 2015, rapporte que le militant lui avait alors confié qu’il pensait mourir en prison.

L’audience du 16 décembre fixera la peine. Pour ses soutiens, la sanction qui sera prononcée dira beaucoup de l’état de la liberté d’expression au Royaume-Uni, à l’heure où le gouvernement travailleur réfléchit à une définition officielle de l’« islamophobie » et où le pays vit toujours dans l’onde de choc des émeutes de Southport.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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