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21/09/2015 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – C’est presque devenu un rituel. A chaque fois qu’une élection approche, on reparle de vider la ZAD de Notre-Dame des Landes manu militari pour mettre en route la construction de l’aéroport. Le but est toujours le même : montrer que l’Etat existe encore. Et accessoirement montrer à l’actuelle majorité de gauche (au département et à la région), très engagée pour l’aéroport, qu’elle n’est pas abandonnée par Paris.
C’est ainsi que l’Etat a annoncé une fois de plus que, contrairement aux engagements pris en 2012 et confirmés en 2014 (le fameux « moratoire » consenti par François Hollande), il n’attendrait pas la fin des recours pour évacuer la ZAD. Après les régionales, mais avant mars, selon plusieurs opposants, l’Etat pourrait revenir à la charge et tenter une nouvelle expulsion forcée des lieux. Ce sera d’ailleurs la dernière fenêtre de tir avant la campagne de la présidentielle de 2017, où il n’est du reste pas impossible que l’un des candidats majeurs s’inspire de ce que Mitterrand a fait pour Plogoff et ferme définitivement l’abcès une fois élu, en abandonnant une fois pour toutes le projet.
Dans le cadre de ce discours fort contre la ZAD, le juge de l’expropriation refait son apparition, cette fois pour venir chez les locataires historiques. Ce que les zadistes ne sont pas prêts à accepter : « la « visite » du juge accompagné par la police est une provocation inacceptable », écrivent-ils sur l’un des sites du mouvement. « Nous ne les laisserons pas faire croire à qui que ce soit que le projet d’aéroport avance. Nous nous opposerons coûte que coûte à tout ce qui menace les habitats et cultures sur la zad. Paysans, occupant.e.s, locataires, nous sommes tous.tes des habitant.e.s des qui résistent. Il n’y aura pas d’expulsion. L’aéroport ne se fera pas ! »
Dès 7 h le 22 septembre, le carrefour de la Saulce, situé sur la RD81 au sud de la ZAD, sera barré par les zadistes, qui ont prévu de se retrouver pour un petit-déjeuner de combat puis « pour faire barrage si nécessaire à la venue du juge et de la police ». Afin de marquer le coup et rappeler qu’ils ont la maîtrise du terrain.
Ces derniers jours, des barricades ont d’ailleurs été rajoutées sur plusieurs voies de la ZAD, notamment la RD281 – en théorie fermée par le conseil général, mais rouverte et entretenue par les opposants à l’aéroport – qui permet de relier directement la Pâquelais à Fay-de-Bretagne. Signe que la tension monte et que le moral des combattants est bon. Plusieurs chantiers sont aussi en cours, notamment au Liminbout, au nord-ouest de la ZAD, où le collectif des Q de plomb aidé de nombreux bénévoles locaux et de zadistes rénove une grange pour en faire une auberge, une salle de banquet et une conserverie.
Plus pacifiquement, mais de façon toute aussi déterminée, l’ACIPA et le collectif nantais contre l’aéroport appellent à un rassemblement le 22 septembre à partir de 14 h devant le tribunal où aura lieu une audience concernant l’expropriation des locataires de la ZAD.
Photo : Breizh-info.com
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