Le Département d’État américain a annoncé le 15 septembre de nouvelles restrictions de visas visant des ressortissants sud-africains impliqués, selon Washington, dans la discrimination et l’incitation à la violence contre les minorités du pays — au premier rang desquelles les Afrikaners, cette communauté blanche d’ascendance néerlandaise, allemande ou française. Un cran supplémentaire dans le bras de fer engagé depuis 18 mois entre l’administration Trump et le gouvernement de Cyril Ramaphosa.
Crimes racistes, expropriations sans indemnisation, lois raciales
La mesure cible toute personne impliquée dans des crimes à motivation raciale, des saisies de terres sans compensation, des discriminations parrainées par l’État ou une législation fondée sur la race visant les Afrikaners et les autres minorités ethniques du pays. Elle s’appuie sur la section 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration et la nationalité, qui autorise le secrétaire d’État à déclarer inadmissibles des étrangers dont la présence nuirait à la politique étrangère américaine. Les restrictions pourront s’étendre aux membres de la famille immédiate des personnes visées, et l’ambassadeur américain à Pretoria a présenté la mesure comme la première d’une série de dispositions d’escalade. La liste des personnes concernées n’a pas été rendue publique.
Pour le secrétaire d’État Marco Rubio, le gouvernement sud-africain détruit son économie par une obsession raciale dirigée contre la minorité afrikaner et échoue depuis des années à traiter la criminalité rurale, la rhétorique déshumanisante et les politiques discriminatoires. « Les responsables de ces injustices n’ont pas leur place aux États-Unis », a-t-il écrit sur X, en exhortant Pretoria à corriger rapidement le tir. Le président Ramaphosa, lui, conteste l’existence de toute persécution : son gouvernement soutient que la criminalité violente frappe les Sud-Africains de toutes races et qu’aucune campagne organisée ne vise à chasser les Afrikaners de leurs terres.
Depuis février 2025, une pression continue de Washington
Cette annonce prolonge le décret signé par Donald Trump en février 2025, « Addressing Egregious Actions of the Republic of South Africa », qui avait coupé 440 millions de dollars d’aide annuelle à Pretoria. Le texte visait notamment l’Expropriation Act promulgué par Ramaphosa — aujourd’hui contesté en justice — qui permet selon Washington de saisir sans indemnisation les terres agricoles des Afrikaners. Le décret ordonnait aussi de faciliter la réinstallation aux États-Unis des Afrikaners fuyant la discrimination raciale d’État : les premières dizaines de réfugiés ont atterri à l’aéroport de Washington-Dulles le 12 mai 2025.
Une semaine plus tard, la rencontre entre Trump et Ramaphosa dans le Bureau ovale avait tourné à la confrontation : lumières baissées, le président américain avait diffusé une vidéo de plusieurs minutes montrant des rassemblements appelant à tirer sur les fermiers blancs, puis des images qu’il présentait comme des sites funéraires de plus de 1 000 fermiers, chaque croix blanche marquant selon lui une tombe. Ramaphosa avait affirmé n’avoir jamais vu ces images et nié tout massacre.
Droits de douane à 30 % et exclusion du G20
Les visas ne sont qu’un levier parmi d’autres. Washington a imposé aux exportations sud-africaines un droit de douane de 30 %, l’un des taux les plus élevés d’Afrique subsaharienne, et coupé l’aide aux programmes de traitement du VIH dans le pays. Rubio avait déjà boycotté en 2025 le sommet du G20 de Johannesburg, dont il jugeait le programme — « solidarité, égalité, durabilité » — réductible au DEI et au climat, contraires selon lui aux intérêts américains. Trump a par ailleurs retiré à l’Afrique du Sud son invitation au G20 de décembre, organisé cette fois aux États-Unis. Pretoria vient de nommer un Afrikaner, Roelf Meyer, comme ambassadeur à Washington — sans désamorcer, pour l’heure, une relation bilatérale au plus bas.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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