Sortie du 39ème numéro de la revue War Raok [interview de Padrig Montauzier]

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08/03/2014 – 09H00 Rennes (Breizh-info.com) – Le 39e numéro de la revue nationaliste bretonne War Raok ! dirigée par Padrig Montauzier vient de paraître. L’occasion pour la rédaction de Breizh-info.com de faire le point avec M. Montauzier sur sa revue, sur l’actualité en Bretagne mais aussi sur la maison d’édition Oc’hadenn qu’il dirige également.

Breizh info : pouvez-vous présenter la revue War Raok ?
Padrig Montauzier : 
War Raok ! Mouezh Breizh, la Voix de la Nation Bretonne est une revue authentiquement bretonne et réellement engagée dans le combat national breton. Arts, politique, actualités, écologie, histoire, patrimoine, religion etc. sont autant de sujets que nous abordons sans faux semblants ni complaisance. C’est la revue de tous les Bretons, revue unique et moderne qui exprime des idées généreuses et des vérités dans un esprit libre et indépendant.

Nous affichons fièrement une attitude dissidente, elle est indispensable à l’éveil du peuple breton et à la renaissance d’une identité forte. C’est un véritable outil de démocratisation et de libération des esprits du formatage de l’idéologie unique. Ainsi nous devons retrouver la voie de la raison et les grandes règles de l’esprit celte et européen, la voie d’une nouvelle dissidence, d’une nouvelle résistance. Notre dissidence n’est pas seulement réfléchir, c’est aussi agir autrement.

War Raok ! refuse que le peuple breton se laisse contaminer par des émotions étrangères et préfabriquées de l’extérieur. Les Bretons doivent se réapproprier leurs propres émotions : celles liées à leur terre, à leur langue, à leur histoire, leurs traditions, leur religion… aux émotions de leur famille, de leur lignée.

War Raok ! est en fait un pied de nez à tous ceux qui rêvent de passer des menottes aux fleurs ! 

Breizh info : Le nationalisme breton fait-il recette aujourd’hui ? Quel est l’état de l’Emsav aujourd’hui ?

Padrig Montauzier : Notre nationalisme s’inscrit dans la tradition de toutes les luttes de libération nationale. On ne peut donc le confondre, ni l’assimiler avec un nationalisme imprégné d’impérialisme. De tout temps les peuples qui se sont levés, soulevés contre une occupation étrangère, l’ont fait derrière le grand drapeau du nationalisme.

Aujourd’hui, en Bretagne, nous avons l’image des Bonnets rouges, de cet élan national breton, de ces milliers de Bretons fiers et déterminés derrière leur drapeau national… C’est l’expression même du nationalisme breton, de l’affirmation d’une Bretagne nation. Le peuple breton n’a pas perdu son ressort.
Si l’Etat français pense qu’il se soumet docilement à son administration coloniale, il se trompe lourdement. Le peuple breton n’est pas une masse invertébrée, passive et domestiquée. Les Bretons sont fiers de leur identité… maintenant il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Comme le disait Roparz Hemon dans « Eur Breizad oc’h adkavout Breiz » : La vérité est que nous avons en Bretagne, au moins pour l’instant, plus à défaire qu’à faire, plus à détruire qu’à créer.
En répandant un enseignement nouveau, nous avons en même temps à combattre l’ancien sans quoi nous sèmerions sur un buisson d’épines, dans l’attente d’une moisson abondante. Voilà également le rôle de l’Emsav, ce mouvement breton toujours présent, toujours actif afin de maintenir la flamme, mais trop souvent en sommeil, trop souvent timoré ou inféodé à des idéologies qui le paralysent. Néanmoins l’existence d’une Bretagne rebelle n’est pas un mythe.

Breizh info : Quel est votre sentiment sur la Bretagne du 21ème siècle ? Comment voyez-vous les années à venir ?

Padrig Montauzier : Je me réfère souvent à l’évolution géopolitique de l’Europe. Je regarde tout simplement ce qui se passe ou ce qui s’est passé depuis ces dernières années chez les peuples dépossédés de leurs droits les plus élémentaires.
Après la chute du mur de Berlin et la fin de l’horrible dictature communiste dans cette partie de l’Europe, nous avons observé que de nombreux peuples sous domination étrangère ont recouvré leur indépendance nationale : les peuples baltes, mais également les Slovaques, les Tchèques, les Slovènes… etc.
Aujourd’hui, encore plus près de nous, nous assistons au réveil des nationalistes basques, catalans, flamands, écossais, à leur revendication indépendantiste légitime. Les derniers sondages en Bretagne ne nous ont pas laissé indifférents.
La forte proportion de Bretons sondés en faveur de l’indépendance, ou d’un pouvoir breton réel nous conforte dans notre lutte pour l’autodétermination de la Bretagne et l’émancipation du peuple breton.
Les années à venir se présentent bien. On ne niera pas que le peuple breton porte en lui, en ce 21ème siècle, un goût de l’idée pure, un amour passionné de la justice et de la liberté. La Bretagne doit pouvoir parler au monde et faire entendre tous les accents qui lui sont propres, après avoir été mise en mesure de s’exprimer librement.

Breizh info : Quel est le contenu du dernier numéro de War Raok ?

Padrig Montauzier : Dans le n° 39 qui va paraître l’actualité tient une grande part : l’anniversaire de l’holocauste de la guerre 14-18, les Bonnets rouges et notre analyse personnelle, le vandalisme contre les monuments bretons, l’immigration en Bretagne et en Europe, la politique bretonne avec un grand texte sur « la Bretagne en marche vers sa libération », la littérature bretonne avec Luzel, une suite de l’étude sur la vision des anciens Celtes, l’environnement, la cuisine bretonne, sans oublier quatre pages en langue bretonne… et l’éditorial du directeur de publication (ndlr : ci-dessous en exclusivité).

Breizh info : Vous tenez également une maison d’édition. Quelles sont vos productions ? Quel est votre but ?

Padrig Montauzier : Restons très modeste. Les Editions Oc’hadenn ont, à ce jour, publié trois ouvrages : La voix des peuples, Le F.L.B-A.R.B de 1966 aux années 1980 et A-Zehou/Etre de droite le point de vue breton. En projet certaines biographies de militants célèbres, Bretons et Européens. Voilà le but d’Oc’hadenn, une diffusion militante, nationaliste bretonne, celte et européenne.

Breizh info : Le FN de M. Le Pen semble avoir le vent en poupe en Bretagne à la vue des derniers sondages. Que cela vous inspire-t-il ?

Padrig Montauzier : Le Front national est un parti politique français tout comme le Parti socialiste ou l’Ump.
C’est un parti jacobin, un parti qui combat la lutte que nous menons pour l’autodétermination du peuple breton. Les choses ont le mérite d’être claires, ce qui n’est pas toujours le cas pour certains, qui, à chaque élection nous font de belles promesses, promesses qui ne trompent que les naïfs ou ceux qui collaborent avec eux.
Que le FN ait le vent en poupe en Bretagne : oui certainement car les Bretons sont écœurés par les partis politiques qui ont exercé le pouvoir, partis (droite et gauche françaises) corrompus…
Alors pourquoi ne pas essayer le Front national ? Mais aussi, c’est le seul parti qui aborde un problème qui, aujourd’hui, préoccupe une grande partie de la population : l’immigration et les dangers qu’elle engendre.
Bien évidemment nous ne pouvons avoir « d’atomes crochus » avec ce parti politique français, comme avec tous les autres partis agents du colonialisme français.

Pour découvrir la revue War Raok ou s’abonner : http://www.war-raok.eu/  (1 exemplaire gratuit délivré en mentionnant  « Breizh-Info » lors d’une simple demande par e-mail à : [email protected] )

« Editorial de la revue n°39 : 

Front de classes, union des forces vives d’un peuple.

Suite au mouvement populaire des Bonnets Rouges, au succès des deux grandes manifestations de Quimper et Carhaix, à la résistance organisée contre les portiques systématiquement détruits car symboles de « l’Ecotaxe », l’Etat français et son gouvernement ont pris au sérieux cette révolte bretonne aux forts relents séparatistes. C’est ainsi que le premier ministre français a fait le déplacement en terre bretonne afin de proposer aux Bretons un pacte d’avenir pour l’économie bretonne, pacte d’avenir accompagné d’un « droit à l’expérimentation »…

Ce pacte d’avenir a immédiatement été rejeté par les représentants des Bonnets Rouges, pacte vide ne répondant en aucune façon aux attentes du peuple breton. Promesses habituelles, poudre aux yeux… quant au droit à l’expérimentation, pour nous nationalistes bretons cela se traduit par « droit à l’autodétermination ». Mais dans son discours de Rennes, J.M. Ayrault a cru bon de prononcer quelques mots en breton, lui l’opposant acharné à toutes revendications bretonnes. Ces quelques mots étaient : « An neb a venn, hennezh a c’hall ».

Traduction française : « Celui qui veut, celui-là peut ». Mais notre brave premier ministre connaissait-il la provenance de ces quelques mots ? Non assurément ! Et pour cause ils font partie d’un long poème à la gloire de Nominoë, des soldats bretons en guerre contre l’occupant franc afin d’assurer l’indépendance de la nation bretonne. Je vous en livre les quatre premiers vers :

An neb a venn, hennezh a c’hall 
An neb a c’hall a gas ar Gall 
A gas ar Gall, a harp e vro, 
Hag eviti ter ha tero !

Celui qui veut, celui-là peut,
Celui qui peut, chasse le Frank,
Chasse le Frank, défend son pays,
Et le venge et le vengera !

Cette anecdote signalée, revenons à l’importance de ce mouvement populaire breton, représenté par les Bonnets rouges, et regroupant toutes les classes de la société bretonne. Le gouvernement français a mis un genou à terre, il a plié devant la volonté ferme du peuple breton. Mais nous n’avons aucune confiance en ce gouvernement colonial. Aucune reconnaissance non plus après cinq siècles de spoliation, de colonisation, d’occupation. Ce serait également un leurre que d’attendre grand-chose de l’Etat français. Le si peu qu’il va nous concéder aujourd’hui, il le reprendra demain ! Nous l’avons toujours dit : rien de durable ne sera fait… que par nous-mêmes. Voilà la règle à suivre si nous voulons être maîtres de notre destin. C’est dans cette perspective que la Bretagne et son peuple retrouveront l’espoir et prépareront ainsi leur avenir national. C’est un moment fort, voire historique, que vit actuellement la Bretagne. Nous avons une chance de recouvrer nos libertés, mais cette chance ne se représentera peut-être pas deux fois. Il faut savoir s’en saisir et nourrir l’espoir de pouvoir, enfin, s’émanciper de la tutelle coloniale française.

Bonne et heureuse année à tous.

Gwellañ hetoù deoc’h holl evit ar bloaz nevez.

Padrig MONTAUZIER. « 

 Crédit photo : Breizh-info.com
 [cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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Une réponse à “Sortie du 39ème numéro de la revue War Raok [interview de Padrig Montauzier]”

  1. Frédéric Minard dit :

    French difficulties, Breton opportunities !

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