« Christian Troadec pourrait diriger la région Bretagne » [interview]

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11/06/2014 – 08H00 Dinard (Breiz-info.com) –Samedi dernier, ils étaient une soixantaine de Bonnets rouges à participer entre dix et dix huit heure à une action symbolique sur le barrage de la rance entre Dinard et Saint-Malo afin de réclamer notamment la réunification de la Bretagne.
Suite à cette manifestation, nous avons interrogé Gurvan, vingt-huit ans, engagé depuis plusieurs mois aux côtés des Bonnets rouges et militant nationaliste breton de longue date.  Sur son engagement, sur les Bonnets rouges, sur la vie politique bretonne …

Breizh-info.com : De quand date ton engagement politique ?

Gurvan : j’ai été bercé par le militantisme Breton puisque mes deux parents étaient engagés à Strollad ar Vro (ndlr : un parti nationaliste Breton des années 70). A l’adolescence, je me suis posé énormément de question sur mon identité, son avenir, et sur comment agir. J’ai dû avoir une carte à POBL (le parti pour l’organisation de la Bretagne libre) puis ensuite, refusant de m’encarter dans un parti, j’ai été ce qu’on appelle un électron libre, allant avant tout là où les intérêts bretons étaient défendus.

Breizh-info.com : et les Bonnets rouges sont arrivés ..

Gurvan : et ils tombaient à pic : pas d’étiquette politique, un projet bâti pour la Bretagne et les Bretons avec des revendications précises sur l’autonomie, sur la langue, sur la réunification, sur la libération des énergies, sur le droit de vivre et travailler au pays. Comment dès lors ne pas rejoindre ce mouvement lorsque l’on est militant breton ? Ceux qui ne l’ont pas fait, comme notamment les partis à gauche (Breizhistance et une partie de l’UDB) se sont comportés ainsi car leur internationalisme et leur hostilité eu égard de tout ce qui se situe à droite sur l’échiquier politique Breton a pris le pas sur la cause bretonne.
Pourtant, on a bien compris avec les Bonnets rouges que l’Etat était effrayé de ne pas pouvoir contrôler ce mouvement, de le situer politiquement. C’est ce qui fait la force des Bonnets rouges.
On retrouve des chefs d’entreprise inquiets pour l’avenir de leur région, des agriculteurs excédés par la bureaucratie française qui finit par les asphyxier, mais également des militants pour la langue bretonne, des vieux combattants Bretons d’Emgann (NDLR : parti de la gauche indépendantiste bretonne qui précéda la création de Breizhistance), du FLB, mais aussi des militants d’Adsav, du Parti Breton, des identitaires, etc.
C’est là toute la force du mouvement : une union pour la Bretagne – ensuite, nous aurons suffisamment le temps de nous rediviser politiquement.

Breizh-info.com : le mouvement semble néanmoins s’essouffler. On a l’impression que l’effet Bonnet rouge est retombé ces derniers mois ..

Gurvan : effectivement, ces dernières semaines, ces derniers mois, ont été difficiles, notamment à cause des incarcérations de nos camarades. Mais également parce qu’il y a eu, à la tête des Bonnets rouges ou tout du moins dans les personnes proches des portes-paroles, certains qui ont voulu jouer leur chapelle ou leurs idées politiques contre l’unité du mouvement. C’est sans doute ce qui a provoqué des tensions entre la base et la direction.
Thierry Merret quant à lui n’a même pas apporté son soutien aux militants incarcérés. Olivier Le Bras, en démissionnant et en expliquant les raisons de sa démission (ndlr : les revendications identitaires des Bonnets rouges) a clairement montré qu’une partie des personnes qui s’étaient révoltées l’an passé l’avaient fait uniquement pour des raisons corporatistes et économiques.
Aujourd’hui, ce que nous souhaitons, c’est que Christian Troadec rassemble derrière son nom toute une partie de la population bretonne excédée par les agissements de l’Etat central français.
Il est le seul leader, notamment dans l »Ouest breton, capable de rassembler sur sa gauche et sur sa droite. Mais comment étendre son influence à l’Est, telle est la question désormais ….
Concernant les actions à venir et le potentiel des Bonnets rouges, attendons de voir la fin juin pour tirer des conclusions.. mais le début d’été risque d’être chaud en Bretagne .

Breizh-info.com : vous vous définissez comme nationaliste breton. Le groupe Tri Yann reprochait récemment aux Bonnets rouges de contenir des nationalistes Bretons dans leurs rangs. Votre avis là dessus ?

Gurvan : qu’ils fassent de la musique et qu’ils arrêtent de parler pour un peuple duquel ils semblent totalement déconnectés. Ils me font penser à une erreur qu’a pu faire Christian Troadec, celle de s’en prendre au Front National et à ses électeurs. Certes, le parti de Marine Le Pen est jacobin, contre les régions, et n’a aucun point commun avec la révolte bretonne. Néanmoins ses électeurs le font à la fois pour contester le système en place mais aussi parce qu’ils sont inquiets pour leur sécurité, ou parce qu’ils considèrent qu’il y a trop d’immigration.
Aujourd’hui, c’est le gros problème du mouvement breton et de ses « représentants officiels » : pas un seul n’ose aborder la question de l’immigration, alors qu’elle est centrale dans la vie quotidienne des Bretons désormais – que vous vous baladiez à Rennes, Nantes, Brest ou Quimper, il faut être aveugle pour ne pas voir qu’elle existe et qu’elle peut de temps à autre poser des problèmes.
Plutôt que de montrer du doigt les nationalistes Bretons et les rares qui osent aborder la question de l’immigration, ils feraient mieux de chercher à comprendre certaines réactions épidermiques.
Je me suis toujours dis que Christian Troadec pouvait justement un jour accéder à la tête de la région Bretagne, s’il se démarquait de l’emprise qu’on pourrait qualifier de gauchisante du mouvement culturel breton et si il se positionnait en leader breton rassembleur et détaché du politiquement correct qui au final est très français.

Breizh-info.com : sa conférence de presse avec Marc le Fur de vendredi dernier à Rostrenen ne va t-elle pas dans ce sens ?

Gurvan : oui, mais il était aussi avec un membre du Parti Socialiste, le parti qui gouverne actuellement la France, celui qui vient de refuser la réunification historique de la Bretagne. Qu’attendent messieurs Urvoas, Le Drian ou Mareschal pour démissionner si la ligne du parti ne leur convient pas ?
Concernant l’alliance avec Marc Le Fur ; certes M. Le Fur s’est toujours défini et a toujours agi en régionaliste, en patriote breton, mais là encore, pourquoi est il à l’UMP ? Il se déclare homme de droite assumée, mais que fait « la droite populaire » dont il fait partie lorsque les plus grands mous de ce parti, les « cumulards » et professionnels de la politique que sont Juppé, Fillon et Raffarin s’emparent de la tête du parti ?
Une chose est sûre : il y a de la place sur l’échiquier politique breton pour un grand parti régionaliste-autonomiste de droite décomplexée.
Certains leaders devraient prendre leurs responsabilités..à moins de vouloir que le FN monte encore en Bretagne, avec le discours jacobin et anti-région que nous connaissons tous.

Breizh-info.com : le mot de la fin

Gurvan : l’Etat français doit prendre conscience que dans toute l’Europe, la France est le seul pays centralisé et verouillé à un niveau tel qu’il étouffe les énergies individuelles et collectives émanant des régions. C’est un pays qui veut prêcher la bonne parole dans le monde entier, ainsi que la morale, mais qui à l’intérieur de ses frontières ne respecte ni les décisions de son peuple, ni ses volontés, ni ses aspirations à plus de liberté.
Le mouvement des Bonnets rouges a permis depuis le début à de nombreux Bretons de prendre conscience de leur identité, de leur histoire et de leur destin collectif. Rien que cela, c’est déjà une victoire .

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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5 réponses à “« Christian Troadec pourrait diriger la région Bretagne » [interview]”

  1. USE dit :

    PITIE.

    Arrêtez avec vos conneries. Il est juste bon à foutre la merde.

  2. YBHoal dit :

    Tous unis derrière Troadec, le seul qui sache mettre son ambition au service de la Bretagne et des Bretons.

  3. schwank dit :

    Gurvan,

    L’anvien SAV que je suis te salue pour tes convictions et la justesse de tes propos. Tous les Vrais Bretons sont de ton avis,et je suis heureux de voir que notre vieux Strollad Ar Vro a donné naissance à une belle génération. Bevet Breizh, Breiz Atao !

  4. Tuerto dit :

    Gurvan,

    Quelques propos nauséabonds me font douter de la justesse de ton engagement.

    Je ne m’y reconnais pas.

    Tout çà reste dans le politiquement correct de la droite (voire extrême droite) passéiste bretonne.

    Porter des jugements favorables sur quiconque d’autre reste à la portée de n’importe qui.

    Pour le reste. arrête tes conneries.

  5. kerpl dit :

    On a la preuve que TROADEC est un guignol sans ligne politique en s’alliant avec des militants bretons d’extrême-droite .
    On peut souhaiter la réunification de la Bretagne sans avoir besoin de s’allier à ce réac de LE FUR , ce tenant de l’agriculture intensive de MERRRET et les nostalgiques de BREIZH ATAO

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