Régionales 2015. Marc Le Fur fait « le choix de la Bretagne » et s’affirme en leader patriote.

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15/06/2015 – 08H00 Loudéac (Breizh-info.com) – Le choix de la Bretagne est le titre du livre écrit par Marc Le Fur, tête de liste du mouvement Les Républicains aux prochaines élections régionales du mois de décembre. Publié aux éditions Coop Breizh – éditeur choisi pour son engagement au service de la Bretagne et de son identité – le livre est à la fois le récit du parcours politique et humain de l’actuel vice-président de l’Assemblée nationale, député de Loudéac, mais aussi un ensemble de propositions pour la région, tout comme le récit d’une histoire d’amour et d’enracinement avec son Pays Breton.

Ainsi, le député écrit dans une belle introduction éprouver le sentiment, à chaque fois qu’il passe le péage de La Gravelle, que « par chance, mais aussi par vouloir, je rentre en Bretagne ce soir » comme le chante Gilles Servat.

« La Bretagne est pour moi un choix et un engagement. Ce n’est pas une Bretagne théorique, celle des schémas et autres pactes que produit à jet continu l’actuel conseil régional. A cela, je préfère la Bretagne charnelle, celle qui danse au fest-noz, celle qui fleurit ses tombes à La Toussaint et qui, ce faisant, exprime sa fidélité, celle pour laquelle le travail et la solidarité sont des valeurs jumelles », écrit Marc Le Fur.

Critiquant ouvertement la tentation centraliste et la politique du gouvernement qui a « une vision abstraite de la Nation française, armée de principes universels, faisant la leçon au monde pour mieux masquer ses propres médiocrités», Marc Le Fur écrit ne pas avoir d’identité exclusive, se sentant à la fois breton, français et européen, « comme beaucoup de Bretons ». Attaché aux libertés régionales, il écrit : « demander que l’on donne plus de libertés aux régions et notamment à celles qui ont une identité historique, ce n’est donc pas s’opposer à l’Etat, mais lui permettre de se reconstituer en allant à l’essentiel » avant d’affirmer : « si la Nation est un être vivant, elle se nourrit de ses racines régionales », des racines diverses, mais prioritaires.

En concluant son introduction, M. Le Fur dresse plusieurs défis qu’il relève pour l’avenir de la Bretagne, et notamment celui de la démographie dans une Bretagne devenue comme les autres régions une terre d’immigration mais qu’il souhaite maintenir équilibrée. Le défi de l’aventure économique, mais aussi celui des racines et des identités heureuses constituent les fondements du combat de Breton enraciné.

Déplorant « ces gens de gauche qui, en permanence lorsque l’on parle de la Bretagne, se sentent obligés de rajouter « ouverte sur le monde » » ce qui est une évidence pour le député, l’homme de droite assumée poursuit : « la force du peuple breton, c’est qu’il n’est pas un peuple de papier (au sens administratif) mais un peuple de coeur, avec une histoire qu’il veut reconquérir. Une identité peut être la condition d’un projet collectif qui, aujourd’hui, nous fait défaut. ».

Durant 200 pages, celui qui écrit avoir subi le plus grand drame de son existence avec le décès de sa femme Nathalie, victime d’un cancer à 50 ans, s’attache à décrypter la société bretonne d’hier et d’aujourd’hui, ses évolutions , son avenir. Il décrit notamment la Bretagne comme une région terre d’émigration par le passé (professionnel, aventures…) à une terre d’immigration désormais accueillant à la fois les papys-boomers, les «p’tits blancs » déclassés (ceux de la « France périphérique », dont parle le géographe Christophe Guilluy, ceux qui fuient les banlieues françaises car ils ne se sentent plus chez eux « n’étant plus reconnus dans leur identité »), mais aussi de plus en plus de populations d’origine étrangère, Marc Le Fur ne faisant pas le distingo entre immigrés européens et immigrés extra-européens.

Concernant l’intégration de ces nouveaux Bretons, l’ancien sous-préfet explique que « la Bretagne a une véritable capacité d’intégration, sans doute plus forte qu’ailleurs, mais celle-ci n’est possible que lorsque la communauté d’accueil ne se sent ni agressée, ni contestée ».

Rappelant également que la diaspora bretonne éparpillée dans le monde constitue « le 6ème département », il voit en elle une force à mobiliser au service de l’identité et de la région, par le travail en réseau.

Sur le plan de l’économie et du social, M. Le Fur souligne les déséquilibres existants entre les terres et la côte, mais aussi entre l’Ouest et l’Est Breton, ce qui l’amène à dénoncer les effets pervers de la future Ligne à grande vitesse entre Paris et la Bretagne, faite au détriment du réseau local (Rennes sera plus proche en train de Paris que de Nantes), mais aussi des possibilités d’ouverture sur des régions autre que l’Ile-de-France. Il dénonce également le fait que la région ne contrôle pas assez la métropolisation du territoire, avec Rennes pour modèle, qui provoque crise du logement et clientélisme en tout genre. La région doit selon Marc Le Fur avoir tous les pouvoirs pour assurer ce rééquilibrage entre les métropoles bretonnes et les campagnes, au nom de la justice sociale et de la prospérité économique.

Sur l’éducation, le député se félicite des résultats scolaires nationalement reconnus des jeunes Bretons, qui peuvent, selon lui, être attribués à la fois à l’existence de communautés traditionnelles, mais aussi à la saine concurrence entre public et privé et enfin, au fait que la Bretagne accueille un plus faible contingent d’enfants d’origine étrangère « dont l’intégration scolaire s’avère complexe » dans certaines académies. Néanmoins, Marc Le Fur dresse le constat d’une jeunesse diplômée qui s’expatrie hors de Bretagne, car elle n’y trouve pour le moment aucun avenir économique – dans une société moins prospère que ne l’a été celle des retraités d’aujourd’hui – et en appelle à une véritable relance de la politique d’apprentissage et d’incitation fiscale pour le retour de nos talents.

Nous consacrerons un deuxième article à la suite de l’ouvrage et notamment aux deux dernières parties, consacrées à l’aventure économique et à la préservation nécessaire des racines, préservation vitale selon M. Le Fur, qui dans sa conclusion intitulée « Objectif 2032 » , référence aux 500 ans du rattachement de la Bretagne à la France, appelle les Bretons à redevenir des pionniers , face à l’Etat vampire, face au centralisme, face au parisianisme, face à la peur de l’avenir pour l’esprit d’entreprise, d’innovation de solidarité au sein d’une région forte.

En conclusion de cette première partie d’analyse sur le livre et la candidature de Marc Le Fur, ce qui apparait, c’est le plaidoyer d’un Breton aux capacités et aux visions d’homme d’Etat au service de sa région. On se demande néanmoins si cette vision de la Bretagne – qui ressemble de très près à la vision du Pays basque que se font les dirigeants du Parti nationaliste basque (PNV) – est réellement partagée par les soutiens et les co-listiers de M. Le Fur, tant les différences au sein de la droite, des Républicains au Centre, apparaissent évidentes sur des sujets fondamentaux.

Nettement plus Girondin que Républicain, Européen convaincu et partisan d’un monde multipolaire, fervent catholique et régionaliste enraciné, Marc Le Fur est-il réellement à sa place au sein d’une droite et d’un parti qui conjugue par endroits soutiens à la mondialisation aveugle voire et soumission à l’influence américaine, et par d’autres côtés, fanatisme républicain, morale tirée des droits de l’homme et parisianisme patenté ? C’est la question que l’on peut se poser après la lecture d’un ouvrage que n’aurait pas rejeté – entre autres – Yann Fouéré, militant breton s’il en est, qui fut haut fonctionnaire et sous-préfet, tout comme le candidat Le Fur…

Marc Le Fur, Le choix de la Bretagne, Coop Breizh – 15€

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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10 Commentaires

  1. Tiens tiens …pas de mots concrets sur la REUNIFICATION ! ni d’engagements fermes pour sauver la langue Bretonne
    Votons Rassemblement pour un front Breton unis autour de TROADEC aux prochaines Regionales,les Jacobins de tous poils on a déja donné merci !….

    • Vous êtes sévère avec Le Drian quand même !
      Marc Le Fur n’a jamais fait le choix de la Bretagne, il est né à Dakar – bien loin de la Bretagne donc – et adhère à un parti qui milite contre l’autonomie de notre région, à un parti qui ne jure que par cette France « une et indivisble »…

  2. bizarrement on écrit un livre avant les régionales,surement écrit par « un nègre » comme le font la plupart des politiciens.

  3. Un ancien haut fonctionnaire – sous-préfet- est sans doute ce qu’il y a de pire pour les libertés bretonnes. Dis moi qui te paie, je dirai qui tu es !

  4. Marc Le Fur est le candidat de l’élevage intensif, de la souffrance animale et des algues vertes. Marc Le Fur incarne des valeurs conservatrices et réactionnaires et pourtant il l’admet lui-même : la Bretagne est une région ouverte !
    Breizh Info gagnerait à traiter l’information de façon indépendante, actuellement on dirait une annexe du Figaro en plus caricaturale.
    Marc Le Fur appartient à un parti (l’UMP hier les « Républicains » aujourd’hui) qui s’est opposé à l’adoption de la charte des langues régionales.
    La Droite ne percera pas en Bretagne, et Le Fur restera député … à Paris !

  5. Bonjour, je ne pense pas que l’argument « né à Dakar soit bon ». Nombreux Breton sont né ailleurs, j’e n connais meme un qui est né dans un bateau au large de l’afrique

  6. Je crois que la chanson « par chance et aussi par vouloir » a été écrite par Gilles Servat pour signifier qu’en rentrant en pays nantais il rentrait ainsi en Bretagne. Belle ironie que d’etre citée par un élu qui n’a pas un mot sur l’amputation du pays qu’il dit aimer. Mais comme Jean Yves Le Drian et Marilise Le Branchu, seul prévaut l’équilibre interne des partis nationaux.

  7. Avoir l’étiquette d’un parti ou d’une administration ne signifie pas automatiquement « appartenance »: souvenons-nous de l’histoire de Nominoé.
    Soit le contenu du livre « le choix de la Bretagne » est sincère et il y a une vraie chance de changement pour la Bretagne, soit ce n’est pas le cas et on continuera sur la « lancée » actuelle.
    Le pari est donc simple et logique: essayons.

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