Couëron. Des moutons volés pour être revendus ?

08/09/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – La bergerie du Sillon, au Moulin des Haies à Couëron (Loire-Atlantique), n’a vraiment pas de chance. C’est la quatrième fois qu’elle se fait voler des bêtes en trois ans. Un nouveau vol, dans la nuit du 5 au 6 septembre, a permis de constater la disparition de dix moutons dont sept brebis pleines – elles portent leur petit depuis deux mois – et un bélier.

« On n’a pas encore déposé plainte, puisqu’on doit rassembler le troupeau pour pouvoir avoir les numéros des bêtes », explique l’éleveuse Angélique Lambert, à la tête d’un troupeau de 176 moutons et 40 vaches. Comme les vaches, les moutons sont numérotés et portent leur matricule sur des boucles d’oreilles en plastique. « Seulement les voleurs les coupent, et après ce sont des moutons anonymes ».

Ledit élevage a déjà connu trois vols, « deux quand nous nous sommes installés en 2012 et un autre en juin », précise l’agricultrice. « Il y a eu 24 moutons volés d’un coup, le 8 juin. Les voleurs ont ouvert les clôtures et les ont fait passer de parcelles en parcelles vers la route, à l’opposé des bâtiments », ce qui laisse supposer qu’ils connaissaient les lieux ou ont eu le temps de faire des repérages au préalable. Cette fois, début septembre, « ils ont tout simplement coupé les clôtures sur deux parcelles », loin des bâtiments et des caméras infrarouges qui veillent sur les parcelles les plus proches de la ferme. « Les trois fois, on a déposé plainte et ça n’a rien donné ».

A la compagnie de gendarmerie de Nantes, on confirme que « les investigations sur les vols qui ont déjà concerné cet élevage n’ont rien apporté. » Et pour le nouveau vol, « on n’a pas de piste ». Le gradé qui nous répond précise toutefois que « c’est très compliqué de faire des recherches sur ce genre de vols. Soit c’est un vol pour la viande et les bêtes sont dépecées rapidement, puis les morceaux sont tout aussi rapidement revendus, soit c’est de la revente et les bêtes ne s’éternisent pas non plus ».

Angélique Lambert précise cependant que « quand il s’agit de moutons volés pour la viande, la présence d’abats ou de peaux à des endroits indus – des poubelles par exemple – est un indice précieux ». Il arrive même que les animaux volés soient dépecés sur place, dans le champ – comme à Donges en 2013 – et ces cas de dépeçages sauvages ont tendance à augmenter dans tout le Grand Ouest, du pays d’Auge au Poitou en passant par la Haute-Bretagne.

Selon l’agricultrice, « c’est assez curieux qu’ils aient volé des brebis pleines et un bélier. Ils ont bien du s’en rendre compte, quand on vole un bélier, ça se voit, il a de grosses couilles ». Pour elle, « il ne s’agit pas d’un vol pour la viande ». Des réseaux volent des moutons à l’approche de l’Aïd-el-Kebir, « mais eux ils recherchent surtout des agneaux un peu costauds ». Pour Angélique Lambert, « c’est très clair, ça ressemble à un vol pour la revente. Une brebis pleine, ça vaut facilement 160€ à la revente, et le bélier de 3 ans, environ 300€. Le voleur, il coupe les boucles des animaux, et les revend comme s’il était un particulier. » Ces moutons peuvent ainsi se retrouver chez d’autres particuliers ou sur une exploitation : « d’autres éleveurs qui ont des boucles disponibles les mettent, et voilà des moutons blanchis de tout soupçon ».

Crédit photo : DR 
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