Tour de France 2026. Pogacar promène ses minimes au Plateau de Solaison, Evenepoel ramasse la médaille

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Il y a des dimanches où le vélo se regarde comme on regarde un match de gala : en connaissant le résultat, en applaudissant poliment, en attendant le buffet. Le Plateau de Solaison, 11,3 kilomètres à 9 %, promettait la boucherie. Il aura livré une leçon de conduite accompagnée.

Tadej Pogacar est parti à huit kilomètres du sommet, escortant son lieutenant mexicain Isaac Del Toro comme un moniteur tenant la selle du gamin qui vient de retirer ses petites roues. Remco Evenepoel s’est glissé dans la roue, y est resté, et a eu la présence d’esprit de contrer les deux banderilles de Del Toro dans le dernier kilomètre. Victoire au sprint, première étape en ligne du Belge sur le Tour, soixante-quinzième succès de sa carrière. On ne va pas lui reprocher : il a fait ce qu’il fallait, il s’est accroché quand il fallait s’accrocher, il a lancé quand il fallait lancer. Le mérite est réel.

Le problème, c’est ce qu’il y avait autour.

Le maillot jaune emmène les minimes à l’entraînement

Depuis quinze jours, on assiste au même exercice. Pogacar mange les cols, son équipe mange les échappés, et le reste du peloton mange ses chaussettes. Hier, le Slovène avait été réveillé en pleine nuit pour un contrôle antidopage inopiné — comme Vingegaard —, ce qui n’a visiblement pas empêché grand-chose. Il a roulé pour offrir l’étape – il n’a pas réussi – à son coéquipier de vingt-deux ans, exactement comme il l’avait fait à Barcelone. Il a franchi la ligne deuxième avec la mine de celui qui laisse la dernière part de gâteau par pure élégance.

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C’est peut-être ça, le plus dur à avaler. Non pas qu’il gagne — il gagne, c’est son métier, et il le fait mieux que quiconque depuis longtemps —, mais qu’il ait désormais assez de marge pour distribuer les cadeaux. Quand le patron passe la moitié de sa journée à jouer les directeurs sportifs sur le vélo, c’est que la course, elle, est finie depuis un moment.

Vingegaard à terre, et l’ordre du monde inchangé

Le seul événement de la journée n’aura même pas été sportif. À un peu plus de vingt kilomètres de l’arrivée, dans la descente vers Solaison, Jonas Vingegaard a viré trop large à la sortie d’un rond-point équipé d’un terre-plein central. Maillot en sang, bras droit maintenu en attelle, ambulance. Premier abandon du Danois sur la Grande Boucle. On ne le souhaite à personne, et Evenepoel a eu la décence de le dire avant de parler de ses jambes.

Que sa Visma ait passé la journée à rouler pour maintenir l’échappée en laisse ajoute une couche d’absurdité au tableau. Deux hommes placés à l’avant, Campenaerts et Armirail, et malgré tout le peloton mis en marche pour contenir les fuyards sous les trois minutes. Toujours la même mécanique : les équipes qui se disputent une deuxième ou une troisième place s’échinent à tuer les échappées, hypothéquant les rares scénarios susceptibles de produire de l’imprévu. On ferme les portes, on éteint la lumière, et on s’étonne ensuite que personne ne danse.

Honneur aux morts-vivants de l’avant

Alors il faut sauver ce qui peut l’être, et ce qui peut l’être était devant. Vingt-quatre coureurs sortis après quatre-vingt-cinq kilomètres de bagarre, une échappée qui met deux heures à se former parce que plus personne n’accepte de laisser filer quoi que ce soit. Le col de la Croisette, 4,6 kilomètres à 11 %, avalé au tempo par Pidcock et par Quinn Simmons, qui ont fait le tri à lui eux seuls. Sept rescapés à cinquante bornes de l’arrivée. Puis l’Américain moustachu repartant en solitaire dans la dernière ascension, dernier survivant, dernier romantique, avalé par le rouleau compresseur du top 5 avant de terminer dixième à 2’16 ».

Tom Pidcock, Quinn Simmons, Richard Carapaz la veille : ceux-là méritent qu’on retienne leurs noms. Ils attaquent en sachant qu’ils seront sans doute repris, mais ils se donnent une petite chance de gagner. C’est une définition assez juste du courage.

Seixas, ou l’antidote français

Reste Paul Seixas, quatrième de l’étape, quatrième du général, lâché dans la dernière ascension mais remonté à son rythme, terminant exténué à 58 secondes. Il perd le maillot blanc au profit de Del Toro pour vingt-cinq secondes, et on l’a suffisamment encensé cette semaine pour ne pas lui en tenir rigueur.

À dix-neuf ans – et bien que ses prestations de mutant lui aussi pour son âge devraient interroger – il est peut être ce qui empêche une partie du public français de décrocher complètement. On finirait presque par soupçonner ASO de l’avoir placé là exprès, comme on met un peu de sucre dans un médicament. Sans lui, que resterait-il à raconter ? Un Slovène qui écrase, une équipe qui verrouille, et vingt-deux formations qui se disputent les places d’honneur en regardant leurs guidons.

Le Tour repart mardi avec un chrono où Evenepoel aura ses chances. C’est déjà ça. Mais qu’on ne vienne pas nous dire que cette deuxième semaine restera dans les mémoires : elle aura surtout servi à confirmer ce que tout le monde savait au départ de Barcelone.

YV

Photo : © A.S.O / Charly Lopez

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Tour de France 2026. Pogacar promène ses minimes au Plateau de Solaison, Evenepoel ramasse la médaille”

  1. Jean-Yves BERTRAND dit :

    bravo !

  2. Michel BERAUDO-MARCH dit :

    Il est pitoyable de voir dès la deuxième semaine des équipes rouler avec comme seul objectif de préserver une dixième place au général.

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