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03/05/2017 – 06h55 Rennes (Breizh-Info.com) – Alors qu’Emmanuel Macron transforme l’entre-deux-tours en une croisade contre Marine Le Pen en évitant au maximum de débattre sur le fond, aors que l’ensemble de ses alliés pointe du doigt le passé du Front national, il n’est pas inintéressant de se pencher sur une des personnalités qui a eu le plus d’influence sur le candidat d’En Marche ! : Paul Ricœur, philosophe français reconnu, auprès duquel il a travaillé pendant deux ans.
Paul Ricœur, admirateur de l’Allemagne nazie ?
En 1939, Paul Ricœur, avait loué certains aspects du discours d’Hitler devant le Reichstag le 30 janvier 1939. Problème de taille : dans ce discours, Adolf Hitler exprimait clairement l’idée d’une « annihilation de la race juive en Europe ». Dans son article pour la revue Terre Nouvelle, le mentor d’Emmanuel Macron condamnait les « valeurs impures » défendues par les démocraties. Est-ce cet article qui motiva les autorités nazies à l’inviter à l’université d’été de Munich la même année ?
Un fervent pétainiste

Paul Ricœur
Confronté à un passé de propagandiste pétainiste, Paul Ricœur avait reconnu une « erreur de jugement », un bref moment d’égarement de 1940 à 1941 durant son emprisonnement en Allemagne en tant qu’officier de l’armée française. Des articles favorables au maréchal Pétain et des conférences dans un cercle pétainiste, voilà qui détonne pour un mentor d’Emmanuel Macron.
Or, Robert Levy, professeur agrégé de philosophie et co-fondateur du mensuel Raisons, a découvert que la chronologie défendue par Paul Ricœur était clairement fausse.
Pour lui, après de minutieuses recherches, la période de fascination pour le pétainisme commence dès 1939 avec cet article pour Terre Nouvelle étrangement complaisant avec Adolf Hitler. Cette même année, Paul Ricœur participait même à l’université d’été de Munich, dans l’Allemagne nazie.
Quant à sa période de doctrinaire et propagandiste pétainiste, elle se serait en réalité terminée vers 1944. C’est en effet cette année là, en mai 1944, que Georges Gusdorf rencontre Paul Ricœur dans un camp de prisonnier allemand. A cette date, Gusdorf mentionne explicitement l’ambiance pro-Pétain du baraquement et sa colère contre Paul Ricœur, qu’il accuse de haute-trahison.
Que pense Emmanuel Macron du passé de Paul Ricœur ?
Alors que Paul Ricœur parle d’une courte période d’égarement de moins d’un an, c’est en réalité pendant près de cinq ans que le mentor d’Emmanuel Macron a sans doute admiré et défendu Pétain.
Emmanuel Macron était interrogé sur ce passé pétainiste sur France Culture. Le candidat à la présidentielle a d’abord rappelé à quel point l’influence de Paul Ricœur avait été importante : « J’ai beaucoup appris auprès de lui. »
Puis, Emmanuel Macron a défendu ce passé sombre en faisant appel à la compréhension de situations complexes. « Bien souvent, dans les procès ou les polémiques politiques, on examine l’histoire sans l’épaisseur de celle-ci. C’est-à-dire en écrasant le regard contemporain sur quelque chose qui s’est passé. »
Si pour Emmanuel Macron on doit éviter de juger les actes passés avec notre regard contemporain, ce beau message semble disparaître lorsqu’il s’agit d’adversaires politiques. Un deux poids, deux mesures peu étonnant mais très grave pour le débat démocratique… qu’abhorrait tant le mentor d’Emmanuel Macron.
Crédit photos : DR / Breizh-Info.com
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
5 réponses à “Paul Ricœur, le mentor pétainiste de Macron”
Article bien-pensant, qui confond l’hitlérisme et le pétainisme : une confusion digne de l’université américaine ou de la grosse presse (de gauche). Pétain, ce n’est pas l’hitlérisme. Si l’hitlérisme présente des avantages indiscutables en Allemagne, le pétainisme lui répond en France. Il y a antagonisme entre deux patriotismes, c’est évident. L’hitlérisme est adversaire du pétainisme de résistance et d’indépendance française, face à l’Allemagne ou face au gros argent du capital anglo-saxon apatride, ou face au communisme. Pétain propose une synthèse d’identité face à toutes ces tentatives d’annihilation de la France. Car Hitler ne veut pas d’une France forte, il suit les recommandations de Bismarck quant à la propagation du socialisme et du radicalisme en France « afin que la France ne retrouve pas sa puissance millénaire fondée sur l’Eglise et la monarchie ».
Le fait d’être pétainiste est une qualité, ne vous en déplaise, pour quiconque est français: c’est cela ou la domination étrangère. Il n’y a pas d’alternative.
Pertain était un enemi de la Bretagne. Un statiste Franco-républicain. Les tenant de la France collobo et de la France résistante étaient bien unis sur un point: la volonté d’annihiler tout sentiment national breton !
[…] Extrait de: Source et auteur […]
Petain était de gauche. Un républicain.,
Article à charge. assez bête, contre Ricœur, au seul motif que Macron se flatte d’avoir eu une relations (aux contours assez flous) avec lui.
Impossible de relever tous les raccourcis, les amalgames, les contre-vérités pures et simples mais signalons simplement cette bourde : comment Ricœur peut-il bien avoir été « pétainiste » « dès 1939 » (sic) ? (Pétain n’arrive au pouvoir qu’en juillet 1940). Pour le reste, que Ricœur ait été un temps (et à titre personnel) « pétainiste » ( comme Guitton. Mounier, Clavel, Lacroix et quantité d’autres philosophes aussi différents qu’estimables) n’a rien d’infâmant. Il n’y a guère que des procureurs qui ignorent tout de l’histoire (mais ne cessent d’en invoquer les prétendues « leçons ») qui portent des jugments en noir et blanc sur cette période.