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25/05/2017 – 06h30 Calcutta (Breizh-Info.com) – Lion. Voici un film, magnifique, tiré d’une histoire vraie qui fera peut-être réfléchir à deux fois les familles qui souhaitent, par impossibilité d’avoir des enfants ou par « humanité », adopter un enfant venu d’un autre continent.
Réalisé par Garth Davis, en voici le Synopsis :
Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens.
25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village.
Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?
L’acteur principal, Dev Patel, n’en est pas à son premier rôle génialement incarné : ceux qui ont vu le brillant Slumdog Millionaire, de Danny Boyle, se souviennent de sa prestation cinématographique hors norme. On retrouve également Nicole Kidman, dans le rôle de cette bourgeoise australienne qui, ne souhaitant pas d’enfant avec son mari, cherche à adopter un enfant venu d’ailleurs.
Ce film est une tragédie, émouvante, poignante. On y voit l’enfance du jeune Saroo, dans la misère (obligé de travailler dès le plus jeune âge avec son grand frère, pour nourrir sa famille et notamment sa mère qui travaille dans une carrière de pierre). Un jeune homme qui perd son frère en voulant l’aider dans un travail de nuit, éprouvant à un si jeune âge. Et qui se retrouve à traverser ce gigantesque pays qu’est l’Inde, pour plonger dans les bas-fonds de Calcutta, ne parlant pas la langue de cette région du pays.
Après avoir échappé à des trafiquants, qui kidnappent les enfants des rues la nuit (pour leur réserver les pires horreurs), il se retrouve placé dans un orphelinat sordide dans lequel des associations indiennes, moitié humanitaires, moitié business, font adopter (ou vendent ?) les enfants à des bourgeois du monde entier, qui croient bien faire en déracinant – mais également en arrachant à une pauvreté extrême – des enfants.
25 ans plus tard, âgé alors de 30 ans, ce dernier, qui a parfaitement réussi son évolution dans la société australienne, qui est épanoui et qui aime sa famille d’adoption, est rattrapé par ses origines, par la flamme qui l’anime intérieurement. Il ne cessera alors de tout faire pour retrouver ses racines, c’est à dire sa mère, son frère, sa soeur, son village. Et cela grâce à Google Earth notamment, mais surtout à une volonté de fer.
Car il est impossible d’être parfaitement équilibré lorsque l’on ne sait pas d’où l’on vient. Il est impossible d’aller plus loin dans la vie sans cette quête, charnelle, de ses racines. C’est bien ce que démontre le film Lion.
Malgré une enfance et une adolescence heureuse, prospère économiquement, il y’a un vide chez Saroo. Un vide encore plus grand chez son frère adoptif, Mantosh, qui n’a jamais vraiment supporté ce bouleversement identitaire qu’on lui imposait en l’arrachant de l’orphelinat en Inde pour l’amener en Australie. Alcoolisme, dépression, mal être, l’histoire ne nous dit pas ce qu’il est aujourd’hui devenu.
Pour en savoir plus sur la véritable histoire de Saroo, c’est ici.
Superbement filmé, porté par une musique sobre mais agréable, Lion mérite largement sa note de 4,5 donnée par les 6554 spectateurs qui l’ont noté sur Allo Ciné. Il mérite également amplement ses 6 nominations aux oscars. En espérant qu’il fasse réfléchir, à la fois sur les conditions de vie notamment des enfants dans certains pays du monde, mais également sur les ravages de l’obsession humanitaire (plus facile lorsque l’on a de hauts revenus comme c’est le cas du couple Australien qui adopte) qui provoque déracinement, mal-être et quête perpétuelle de soi pour pouvoir se construire.
Un grand moment de cinéma. A voir en version originale sous titrée bien entendu !
Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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