Richard Ferrand n’est « pas une sauterelle »

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18/11/2017 – 07h30 Carhaix (Breizh-info.com) – Richard Ferrand, député de Carhaix, président du groupe des marcheurs à l’Assemblée nationale, sait ce qu’il veut. Il a affirmé le mois dernier qu’il ne songeait pas à retourner au gouvernement mais entendait rester le patron des députés de la République en marche car il n’était « pas une sauterelle » et n’allait « pas aller d’un endroit à un autre » (Questions d’info, LCP – France info, Le Monde, AFP, jeudi 19 octobre 2017).

Antérieurement, se flattant de n’appartenir à « aucune écurie », le soldat Ferrand se voulait simplement pragmatique et surtout discipliné : « Dans mon esprit, le numéro 1 du parti, c’était forcément le meilleur d’entre nous, celui qui devait être notre candidat naturel à la présidentielle. C’est pourquoi j’ai soutenu Emmanuelli en 1995, pétitionné pour Hollande en 2007, et rallié Aubry en 2012 », expliquait-il (Libération, 5-6 novembre 2016). En appliquant cette logique en 2017, il aurait dû ramer pour Cambadélis !

Mais il a préféré bifurquer en ralliant Emmanuel Macron dont il avait fait la connaissance lors de l’examen au Parlement du projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » (Loi du 6 août 2015) porté par le ministre de l’Économie. Très proche de Macron depuis qu’il a été rapporteur général de la commission spéciale chargée d’étudier ce fameux texte, il est devenu ensuite le secrétaire général d’En Marche !

« C’est quand même marrant cette histoire, parce qu’on avait fait nommer Ferrand rapporteur de la loi justement pour qu’il le surveille et limite au maximum ses embardées libérales, et voilà qu’il tombe amoureux de Macron et nous fait un syndrome de Stockholm ! », se souvient un député (Le Canard enchaîné, 10 mai 2017).

Classé à la gauche du PS, Richard Ferrand s’était abstenu lors des votes de la loi de sécurisation de l’emploi et du plan de 50 milliards d’économies voulu par François Hollande (Le Figaro Économie, mardi 13 janvier 2015). Mais changement de cap avec la loi Macron : « ce texte est socialiste et de gauche » (Le Canard enchaîné, 23 décembre 2014).

Tous ceux qui ont bien connu Richard Ferrand dans le passé ont évidemment du mal à comprendre ce retournement de veste. C’est le cas de Yohann Nédélec (PS), maire de Relecq-Kerhuon. Il n’a pas tourné autour du pot dans un message sur Facebook : « Je ne te suis plus. Toi le chantre de la gauche forte, adversaire des plans sociaux, ardent chevalier de la lutte contre les fermetures des usines de ta circonscription, tu embrasses donc ceux qui ont participé à cette conclusion économique ? ». M. Nédélec est tout aussi sévère pour Emmanuel Macron en qui il ne voit qu’une « étoile filante, aussi éphémère qu’égoïste » (Ouest-France, Bretagne, vendredi 2 septembre 2016). Mauvais pronostic du maire du Relecq–Kerhuon !

Mais Richard Ferrand a su faire le bon choix. Si bien qu’aujourd’hui, il appartient à la « macronie rapprochée » avec Gérard Collomb, Christophe Castaner et Benjamin Griveaux (Le Canard enchaîné, 1er novembre 2017) ; il dîne donc à l’Élysée et a droit aux scoops distillés par Macron. Tandis que Yohann Nédélec est toujours maire du Relecq-Kerhuon (Finistère).

Bernard Morvan

Photo :DR
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

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Une réponse à “Richard Ferrand n’est « pas une sauterelle »”

  1. yv56 dit :

    N’oublions pas qu’il est le champion de la Mutualité; il privatise les bénéfices…

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