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Lundi 12, dans le cadre magnifique de la brasserie la Cigale à Nantes, se déroulait la présentation – conférence de presse de l’opéra rock d’Alan Simon, « Chouans », consacré à l’histoire des chouanneries et des guerres de Vendée dans nos terroirs, de 1789 à 1815.
Costumé et flanqué des acteurs principaux, ainsi que de l’acteur Jean-Claude Drouot (Thierry la Fronde, les Rois Maudits…), il a présenté l’esprit du nouvel opéra-rock qui sera joué au Vendéespace de Mouilleron-le-Captif (85) le 5 mai prochain et où plus de 120 artistes interpréteront les personnages historiques.
Alan Simon est déjà connu pour plusieurs opéras-rock dont Excalibur, Tristan & Yseult ou encore Anne-de-Bretagne. Le second fait partie du répertoire du théâtre musical académique d’Etat de Minsk (Biélorussie) et a aussi été présenté plusieurs fois à Novossibirsk – en tout, une centaine de représentations en Russie et Biélorussie. C’est encore de Biélorussie que vient Violetta Sergueeva Gerasimovitch, danseuse étoile du théâtre musical académique âgée de 29 ans que Alan Simon a remarqué lorsqu’elle jouait dans Tristan & Yseult. Il l’a choisie pour incarner l’esprit de la Liberté, habillée d’une toge et d’un bonnet phrygien, elle jouera dans quatre des cinq tableaux de l’opéra-rock.

Après « quatre mois où il a fallu tout faire », l’opéra rock est enfin prêt. Il retrace l’histoire de guerres qui ont fait « 300 000 morts estimés hors Républicains, la dernière grande guerre civile française où on guillotine à tour de bras, il y a 5000 noyés à Nantes », bref, « une Histoire très sensible dans nos régions, dans le Grand Ouest en général » estime Alan Simon. Tandis que la Révolution, estime-t-il, « n’a guère profité au petit peuple, mais aux bourgeois » qui l’ont soutenue, notamment à Nantes même.
Jean-Claude Drouot, qui s’est dit « très amoureux de cette musique celte », a préféré faire un parallèle historique un brin déconcertant, mais pas dénué de sens puisque les guerres de Vendée sont parties du refus de la conscription pour les guerres de la République le 3 mars 1793 à Cholet et le 12 à Saint-Florent le Vieil : « Alain disait que c’est un génocide, ça y ressemble. Dans ma conviction sociale, je suis du côté de Jaurès, un homme de paix. Je me sens l’âme vendéenne. Je suis né dans la ferme de ma grand-mère, on vit au rythme des saisons. Je comprends qu’il y ait le refus du changement, pas par nostalgie, mais comme une évidence ».
Il comprend aussi pourquoi ce conflit a été si brutal : « lorsque ce genre de conflit commence, on ne l’arrête que quand un des adversaires est anéanti. C’est l’esprit de résistance, un cri de refus ». Il trouve « bien de proposer les deux versants, les deux convictions » de part et d’autre du conflit. Il lit ensuite, avec force conviction et émotion, un extrait de la Légende des Siècles de Victor Hugo (Jean Chouan), consacré aux chouanneries : « Paysans ! paysans ! hélas ! vous aviez tort/,mais votre souvenir n’amoindrit pas la France ; Vous fûtes grands dans l’âpre et sinistre ignorance… ».
Puis Nathalie Bonacorsi-Viazzo, alias Dana, chanteuse bretonne de Peillac (56) et demi-finaliste de The Voice, qui joue Mme de la Rochejacquelein dans le spectacle, a interprété à la harpe un des morceaux qui sera dans le spectacle. La conférence de presse était aussi l’occasion de présenter la chanteuse bretonne Kohann, qui jouera Céleste Bulkeley, née Talour de la Cartrie, « la Calamity Jane des guerres de Vendée, déjà une féministe de l’époque, quatre fois mariée ». Et un ange anachronique joufflu s’envola sous les plafonds dorés de la Cigale… ce qui est sûr en revanche, c’est que l’Amazone de Charrette dont le dernier mari était… un officier républicain subjugué par cette femme d’exception était « très au fait de l’injustice populaire ».
Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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