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L’insécurité sur le réseau de la SEMITAN à Nantes est un problème constant, sur lequel se penchait encore le C.H.S.C.T en avril dernier. L’un des points abordés portait sur le service contrôle, qui a été étendu, et sur le renforcement des contrôles « en fonction d’une actualité mouvementée », c’est à dire en cas de tensions.

En effet, la fin du service contrôle a été passée de 19h30 à 20h30, avec des renforcements prévus en cas de difficultés ou d’agressions d’agents : de 5 à 6 agents sur le tramway et de 4 à 5 sur le busway. Surtout, « sur les lignes 20 et C5 les contrôles seront renforcés par des CRS ».
Ce qui flèche deux lignes à problèmes : la C5, qui relie la Gare SNCF (sud) au quai des Antilles, passe par le quartier (très) sensible de Malakoff et dessert le Hangar à Bananes, drainant nombre de fêtards. La ligne 20 quant à elle relie la gare de Chantenay à l’Ecole centrale, en passant par les quartiers sensibles de Bellevue, les Dervallières, le Breil et en desservant à l’autre bout de la ligne le lycée Monge – la Chauvinière dans les quartiers nord (la Boissière), non moins sensible. Elle est d’ailleurs censée passer en Chronobus à la rentrée de septembre avec une fin de service à 22h30 et une fréquence de 8 minutes en heure de pointe.
Manifestations : les salariés de l’espace mobilité TAN ne se sentent pas en sécurité
La réunion des délégués du personnel d’avril aborde elle aussi l’insécurité, notamment celle de l’espace mobilité (2 allée Brancas à Commerce) lors des manifestations – le point de rassemblement de l’ultra-gauche est souvent situé juste en face, hors du regard des caméras de circulation pendues juste à la croisée des tramway.
La CFDT-SEMITAN demande « que l’agent de maîtrise en place au DSR appelle systématiquement ces agents, et établisse un lien constant si le besoin est nécessaire ». La direction répond qu’une « réflexion sur le positionnement des agents commerciaux durant les fermetures » a été engagée.
Agents de la SEMITAN agressés : la double peine
Peu le savent, mais certaines agressions d’agents particulièrement graves donnent lieu à des arrêts de travail qui peuvent les pénaliser par la suite. La CFDT s’insurge : « il est inconcevable que les agents, particulièrement du DSR, soient aussi pénalisés au niveau : déroulement de carrière, nb d’arrêts pour délais de carence, décompte des samedis ou dimanches travaillés, …. Ces agents sont pénalisés doublement ! ». La direction botte en touche, n’évoquant des pénalités salariales qu’au bout de six mois.
Ne dites plus guichetier, mais expert en mobilité
Par ailleurs le 13 avril la CFDT a lancé une série de grèves perlées jusque fin juin. C’est la même méthode qu’à la SNCF, mais avec des arrêts de travail de 59 minutes à des horaires changeants (la liste complète ici), ce qui peut passablement désorganiser le service, surtout quand la coupure a lieu en horaires de pointe. Le système a le même avantage qu’à la SNCF : ne pas grever le porte-feuille des salariés. Un arrêt de travail de 59 minutes ne coûte en effet que 1/160e du salaire mensuel, contre 1/50e pour une grève d’une demi-journée (plus d’une heure). Cependant, les salariés doivent déclarer leur participation à la grève 48 h avant.
L’explication du préavis de grève fait état de divergences sur les revalorisations salariales, l’organisation du temps de repos, la reconnaissance des polyvalences, sans oublier « les contraintes de nos divers métiers (temps de parcours, agressions diverses, difficulté d’avoir des congés isolés, pressions diverses…) ». Plus étonnant, le préavis demande aussi « une reconnaissance de l’évolution du métier de guichetier à Expert en mobilité pour les agents commerciaux ». Loin d’être risible, cette demande traduit en effet un changement du métier : l’agent ne fait pas que vendre un billet, il explique au voyageur comment faire son déplacement, quelles correspondances emprunter etc. Du reste la CFDT a demandé aussi plus d’embauche au DSR (accueil clients) et des locaux « plus adaptés à l’activité croissante ».
Évolution de service sur les lignes : plus d’activité et de kilomètres parcourus sauf pour la 30
La commission de services 2018-2019, en mars, fait état de nombreuses évolutions sur les lignes. Ainsi, le C2 aura 14% de charge en plus de Commerce à Gare SNCF Sud ; le C3 (Bd Charles Gautier – Bd de Doulon) est prolongé jusqu’à Armor, avec 2 kilomètres en plus, et deux véhicules de rab’ (15 actuellement), le C5 aura un bus de plus le matin (11 actuellement). Le C6 (Hermeland – Chantrerie) gagne deux bus le matin et trois le soir les jours bleus.
Les lignes 29 et 39 vers Basse-Goulaine deviennent le chronobus C9 ; une partie de la ligne 29 devient une nouvelle ligne de la TAN affrétée à un partenaire externe ; elle ira vers Vertou en passant par la Herdrie. Cependant, la 30 (Trentemoult – Savarières) est déshabillée avec une quasi-disparition entre Joliverie et Savarières hors service scolaires.
La 20 passe en Chronobus (lire plus haut). La 50 gagne deux bus en heure de pointe (7 actuellement) pour relier Basse Indre à Porte de la Chapelle. Les bus de la ligne 80 (fac de Droit Chassay – Bellevue (Sainte-Luce) passeront moins souvent les jours jaunes et violets : il y aura un bus toutes les 35 minutes.
La 69 (Orvault Morlière – Sautron) verra à la fois une circulation alternée à cause de travaux dans Sautron et une fin de service à 22 heures, suite à « une demande de Mme la maire », relève le compte-rendu. La banlieue résidentielle n’a en effet qu’une ligne de bus, dont le service s’achève actuellement aux alentours de 20h30 (et 20h19 les dimanches) depuis Sautron, 20h09 (jours vert et bleus) ou 20h15 (jours jaune et violet) voire 20h le dimanche depuis la Morlière.
Louis-Benoît Greffe
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