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C’est une déclaration choc qui provient de Raffaele Nogaro, évêque italien bien connu pour sa défense totale des migrants et son opposition féroce à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien issu de la Ligue. Selon cet évêque, habitué des déclarations et des actions en faveur des migrants, Matteo Salvini serait en opposition avec le message de Jésus. Des propos diffusés par AGI, l’une des principales agences de presse du pays.
Pour cet évêque italien, l’aide aux migrants devrait être inconditionnelle
Monseigneur Nogaro a une vision très particulière de l’aide aux migrants venus en Europe, très majoritairement pour des raisons économiques : « Moralement et en tant qu’homme de foi, je serais prêt à transformer les églises en mosquées si cela était utile à la cause et si cela permettait de sauver la vie des hommes et des femmes, pauvres et malheureux. Car le Christ ne est pas venu sur la terre pour construire des églises, mais pour aider les gens sans distinction de race, de religion ou de nationalité. »
Une vision radicale de sa religion, symbolique des crispations identitaires qui traversent l’Eglise. Dans le même article de l’AGI, on apprend par ailleurs que l’évêque a rencontré le pape François qui l’a notamment reconnu au milieu d’une foule de prélats en 2014, symbole de cet amour partagé des migrants par les deux hommes.

Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014
Entre Salvini et Nogaro, deux catholicismes ?
Il n’y a pas plus féroce opposant à Salvini que l’évêque Nogaro. Dans l’article de l’AGI, il s’attaque à lui de manière évidente : « Il y a des hommes politiques qui, dans leurs discours, continuent à prêcher les expulsions. Et, la pire chose est qu’ils font avec la couronne et le chapelet à la main et nommant le nom de Dieu en vain, un péché très grave. »
C’est une référence claire au ministre de l’Intérieur italien qui, dans son discours annuel aux membres de la Ligue, avait brandi un chapelet face à la foule.
Matteo Salvini avait ainsi déclaré : « Je pense que nous réussirons en combattant ici-bas mais également avec le soutien de ceux qui sont là-haut. Chacun d’entre nous le porte dans son cœur et je le porte encore plus dans le cœur, ce chapelet [il montre un chapelet, ndt] qui m’a été donné par un prêtre de banlieue, un prêtre de rue, un chapelet confectionné par une femme exploitée, par une de ces femmes qui croyait que l’Italie était un pays de cocagne, qu’en Italie il y avait des maisons et du travail pour tous ; et pour cette raison elle s’est déracinée de sa terre, Je ferai tout, pour mériter votre soutien, même le plus petit. Cette femme, comme d’autre femmes était peut-être une femme nigériane mais elle aurait aussi pu être une femme italienne. Je ferai, nous ferons tout pour que chacun puisse naître, grandir, aller à l’école, se soigner, travailler et voir naître ses enfants dans son propre pays, sans être déraciné et envoyé de l’autre côté du monde. Pour que chacun soit heureux et fier de son pays. »
Des propos qui semblent donner tort à Raffaele Nogaro qui considère Salvini comme un homme politique si mauvais qu’il affirme presque de manière claire que les catholiques soutenant Salvini ne méritent pas la confession ! En effet, interrogé par un prêtre lui demandant si un paroissien soutenant Salvini pouvait se voir accorder l’absolution, l’évêque immigrationniste répondait de manière très dure. « Vous devez seulement lui dire : ‘Jésus-Christ dit certaines choses et Matteo Salvini dit le contraire. Vous décidez si vous pouvez accéder à ce sacrement.' »
La tolérance sans limite pour les migrants, pas pour les 30 % d’Italiens qui ont une opinion favorable de la Ligue.
Crédit photo : Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014, Alto Casertano-Matesino [CC BY 2.5], via Wikimedia Commons
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