Nicolas Dupont-Aignan : « Il faut donner un coup de boule dans le pouvoir »

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 30 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

44 300 € réunis sur 60 000 € (74 %) — il manque encore 15 700 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 30 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

30 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information ASPA : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Ce lundi 6 mai, Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France, en campagne pour les européennes, sera en Bretagne à Josselin (56). Il nous a accordé une interview.

Breizh-info : Plusieurs listes concourent sur le créneau souverainiste, qu’est-ce qui fait votre différence ?

Nicolas Dupont-Aignan : Nous avons un programme très clair. La question n’est pas d’être pour ou contre l’Union européenne, mais comment la rendre efficace dans le respect des nations.

Breizh-info : Quelle est votre solution ?

Nicolas Dupont-Aignan : La remplacer – j’insiste bien, pas l’améliorer, mais la remplacer – par une Union européenne des nations libres et des projets concrets.

Breizh-info : C’est à dire ?

Nicolas Dupont-Aignan : Il faut renvoyer à la nation 80% des compétences. Il faut remettre le syndic de copropriété à sa place, remettre des portes aux appartements – c’est à dire retrouver la maîtrise de nos frontières – et réduire les charges de copropriété, dans le cas de la France, arrêter de payer 11 milliards dont 9 perdus, et n’en payer que deux.  Il faut arrêter de subventionner les concurrents de la France ! Enfin les lois doivent être décidées par les nations et non l’Union européenne.

Breizh-info : Quant aux projets concrets ?  

Nicolas Dupont-Aignan : Contrairement aux autres, nous proposons que les États s’associent entre eux, à 4-5 pays, pour avancer dans les dix domaines décisifs de la géopolitique, comme l’intelligence artificielle, la voiture propre, le numérique, la lutte contre le cancer et Alzheimer… Car leur Europe dont ils nous rebattent les oreilles n’a pas généré un seul grand projet d’avenir, sauf Gallileo, tout en étouffant les états sous les normes. Alors quand on nous dit que l’UE permet de faire face aux Etats-Unis et la Chine, on est loin du compte…

Breizh-info : Pourtant il y a lieu d’être prévenu contre ces coopérations transfrontalières, car même si Airbus fonctionne, « l’Airbus de la batterie » voulu par Macron entre la France et l’Allemagne est un exemple typique : si la France apporte les idées et 40% du financement, l’Allemagne apporte 60% et donc commande ; cela revient donc à donner des idées françaises à l’Allemagne, sans aucune garantie quant à l’emploi et aux résultats…

Nicolas Dupont-Aignan : Effectivement, mais ça se fait dans le cadre de Bruxelles alors que justement il faut s’en passer. Il faut un état leader et une stratégie industrielle. On doit avoir des coopérations à la carte où les Etats ont la maîtrise et où la France puisse défendre ses intérêts.

Breizh-info : Le problème, c’est que la parole de l’État ne pèse plus grand-chose, semble-t-il. On l’a vu notamment en Bretagne avec Notre-Dame des Landes.

Nicolas Dupont-Aignan : Ne confondez pas l’État actuel avec celui qui sera quand on gouvernera un jour.

Breizh-info : D’aucuns tressent les louanges de l’abstention aux européennes. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Dupont-Aignan : Il faut voter au contraire ! S’abstenir c’est voter Macron. Il est urgent que les français votent. 

Breizh-info : Que pensez-vous de la liste LR (Bellamy) ?

Nicolas Dupont-Aignan : LR gouverne à Strasbourg avec les socialistes et les centristes. Ils prônent le souverainisme et font exactement l’inverse, votent exactement l’inverse. Ils sont alliés avec les centristes de M. Morin qui réclament un impôt européen.

Breizh-info : Qui irait où ?

Nicolas Dupont-Aignan : Nourrir la bureaucratie de Bruxelles.

Breizh-info : Vous dites avoir des partenaires au  niveau européen pour former une alliance des eurosceptiques en cas de victoire ?

Nicolas Dupont-Aignan : Oui, de 23 pays différents, dont le PIS polonais, les finlandais, les tchèques, la Hollande… des eurosceptiques pour l’essentiel qui veulent limiter les pouvoirs de Bruxelles. Le RN lui fait des bons scores à Paris mais n’a pas de relais au niveau européen.

Breizh-info : Mais ni Marine le Pen, Orban ou Salvini ?

Nicolas Dupont-Aignan : Le RN n’a que Salvini, Orban est resté au PPE pour l’instant mais je peux vous dire qu’il va soit nous rejoindre, soit rejoindre une coalition d’eurosceptiques. Bellamy a dit qu’il préférerait toujours [Jean-Claude] Juncker à Orban, moi je préférerais toujours Orban à Juncker. Finalement, Bellamy n’est que le rabatteur pour une nouvelle trahison de la droite.

Breizh-Info : Et Les Patriotes ? François Asselineau ?

Nicolas Dupont-Aignan : Il est dommage d’avoir toute cette dispersion.

Breizh-info : Robert Ménard, maire de Béziers, avait tenté d’unir les droites avant les européennes – ce qui au vu de la dispersion des listes de droite semble être un cuisant échec. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Dupont-Aignan : J’ai essayé pour ma part. J’ai le CNIP [centre national des indépendants et paysans] dont 8 membres sont sur ma liste, 5 conseillers régionaux issus du RN… on aura essayé. C’est un scrutin à un tour, mais j’espère que dans les mois à venir il y aura une union des droites.

Breizh-info : Ces européennes se passent aussi dans un climat bizarre, comme si les partis pouvaient ignorer le bouleversement lié aux Gilets jaunes ? 

Nicolas Dupont-Aignan : Benjamin Cauchy est un gilet jaune modéré, responsable, qui nous a rejoint et est 9e sur la liste. Les Gilets jaunes originaux luttent pour la dignité du travail. Nous les soutenons, pas l’extrême gauche qui a pollué le mouvement et est instrumentalisée par le gouvernement. Je condamne formellement les débordements des « Gilets jaunes » infiltrés.

Breizh-info : Cette élection européenne sera-t-elle à votre avis celle de la revanche de la « France périphérique », retrouvée par le géographe Guilluy et sortie de l’oubli par les Gilets jaunes ?

Nicolas Dupont-Aignan : Comme le dit Benjamin Cauchy lui même, « on a manifesté assez sous la pluie, la nuit et le vent assez tenu des ronds-points pour prendre un quart d’heure pour aller voter ». Voter c’est la seule solution. J’avais déposé en 2013 une proposition de loi sur le RIC.

Breizh-info : Et vous le mettriez en place si vous étiez aux commandes ?

Nicolas Dupont-Aignan : Oui, sans verrou parlementaire, ce qui est fondamental.

Breizh-info : 39% des Français veulent une nouvelle révolution et tout envoyer bouler, selon un sondage récent de l’IFOP. Que leur répondez-vous alors que le pouvoir semble enferré dans la crise des Gilets jaunes ? 

Nicolas Dupont-Aignan : Si 90% des Français votaient aux européennes, la liste Loiseau (LREM) ferait 8% et Macron ne pourrait pas continuer et devra dissoudre l’Assemblée. Il faut un grand coup de boule dans le pouvoir, un grand coup de balai dans les urnes.

Breizh-info : Que pouvez-vous dire aux Bretons plus particulièrement ? 

Nicolas Dupont-Aignan : On ne résoudra jamais les problèmes français, le chômage, l’immigration, sans remplacer cette UE par l’Europe des Nations que je propose. Les causes des problèmes français sont à Bruxelles ; elles sont dues à des élites nationales à Paris qui ont tout confié à Bruxelles. Il faut reconquérir notre pouvoir sur cette oligarchie non élue.

Breizh-info : Que pensez-vous de l’incendie de Notre-Dame ?  

Nicolas Dupont-Aignan : J’ai été le seul – encore – à poser la question de l’accident ou de l’attentat. Je crois qu’en répétant partout que c’est un accident, le pouvoir nous cache des choses. J’ai demandé qu’il y ait une commission d’enquête parlementaire, qu’on reconstruise Notre-Dame à l’identique alors que d’autres voudraient la transformer en Disneyland.

Breizh-info : Un dernier message ?

Nicolas Dupont-Aignan : Il y a une élection le 26 mai. Les Français veulent-ils en reprendre pour trois ans de Macron ? Ou on marque le coup, et je leur offre un choix raisonnable, volontaire, avec des gens sérieux et honnêtes. 

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : Frederic ALBERT/Wikimedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

2 réponses à “Nicolas Dupont-Aignan : « Il faut donner un coup de boule dans le pouvoir »”

  1. […] (adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); Source link […]

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

A La Une, International

Tamara Milenković après la victoire de la Liste étudiante en Serbie : « Vučić n’était ni nationaliste ni patriote » [Interview]

Sport

Route du Rhum : Tom Laperche triomphe en Guadeloupe et pulvérise le record

Sociétal

L’Erreur de la Droite (Philippe Herlin) : et si le conservatisme était le piège de la droite ?

Rugby, Sport

Top 14 : le RC Vannes défie l’UBB, double championne d’Europe, à La Beaujoire

Culture, Culture & Patrimoine

Vendetta, Corse, vignes et filiation : La Terre et le Sang, la série qui ose parler d’enracinement

Politique

Muriel Jourda (LR) ne partira pas en vacances en Corse

Sciences

Astronomie : Hubble et James Webb percent le mystère de la « Queue du Chat »

Gastronomie, Patrimoine

Meilleur Apprenti Cuisinier de France : Pierre Duneau représentera la Bretagne en finale

Le Mag', Sociétal

On a testé Mallow, cette enceinte de jeux sans écran qui captive les enfants… et leur fait oublier les tablettes

Animaux

Chiens et chats : les races préférées des Bretons en 2026

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Culture & Patrimoine, Patrimoine

La figure de Philippe Chabot intéresse le président du groupe d’amitié France Brésil à l’Assemblée nationale

Découvrir l'article

Politique

Nicolas Dupont-Aignan : « Cette élection a été manipulée de A à Z par Macron ! »

Découvrir l'article

Politique

Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et Éric Zemmour ont obtenu leurs 500 parrainages

Découvrir l'article

Politique

Nicolas Dupont-Aignan : « 25 millions de Français auront moins de droit qu’un fiché S terroriste ! »

Découvrir l'article

Politique

Défense du service public dans la ruralité. Manifestation le 8 mai avec Nicolas Dupont-Aignan à Landujan (35)

Découvrir l'article

Société, Vidéo

Nicolas Dupont-Aignan : « On a 3 actes anti-chrétiens par jour dans un pays, et ce pays le nie »

Découvrir l'article

Santé, Vidéo

Nicolas Dupont-Aignan face à des journalistes pro-gouvernement sur le Covid-19

Découvrir l'article

A La Une, Politique

Nicolas Dupont-Aignan sur Greta Thunberg : « C’est le suicide européen » [Interview]

Découvrir l'article

Politique, Vidéo

Nicolas Dupont-Aignan recadre Élisabeth Martichoux qui est complètement partisane [Vidéo]

Découvrir l'article

Société, Vidéo

France : crise globale. L’analyse de Nicolas Dupont-Aignan [Vidéo]

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.