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Bernard Lugan (l’Afrique réelle) publie une nouvelle tribune au sujet de l’Algérie. Nous la reproduisons ci-dessous.
Le jeudi 21 juillet, le site de propagande Algérie patriotique a réagi (cliquer ici pour lire l’article) à mon communiqué daté du 18 juillet et intitulé « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Je vais commenter cette réaction aussi rapide que maladroite.
Le « Système » algérien a réagi rapidement parce que j’ai dénoncé sa manœuvre et le cœur de son mensonge en pointant le rôle de l’Association des moudjahidine, ces profiteurs de l’indépendance qui, depuis des décennies, vivent de la rente tirée de la fausse histoire de l’Algérie en captant 6% budget de l’Etat…
Acculé par la rue le « Système » n’a que deux moyens de détourner la marée de la contestation populaire.
1) S’attaquer au Maroc, comme en 1963 quand la « Guerre des Sables » lui a permis de mettre en parenthèses le soulèvement kabyle, mais, avec le Maroc, qui s’y frotte s’y pique…
2) Rien de tel avec l’ectoplasme français, ce chapon politique dont les élites se complaisent dans leur dhimmitude émasculée, d’où l’attaque en forme de déclaration de guerre faite le 15 juillet 2019 par Mohand Ouamar Bennelhadj (voir mon communiqué en date du 18 juillet).
Puisque Algérie patriotique relève le gant, et comme les autorités françaises vont, comme elles en ont l’habitude, se blottir tel le lièvre au gîte, je tire donc ma rapière afin de porter quatre coups :
1) L’Algérie qui n’a jamais existé est directement passée de la colonisation turque à la colonisation française. J’attends qu’Algérie patriotique me démontre scientifiquement, et non pas par des glapissements indignés, le contraire.
Nombre d’Algériens servant dans l’armée française
A la différence des registres de l’Association des Moudjahidine, l’armée française a tenu des fiches d’incorporation, de traitement, de démobilisation etc., ce qui permet de démontrer qu’au mois de janvier 1961, alors que le processus menant à l’indépendance était clairement engagé, environ 250 000 Algériens servaient dans l’armée française contre 202 842 un an plus tôt, à savoir :
Nombre de combattants indépendantistes
Selon les sources françaises :
Selon le 2° Bureau français, au mois de mars 1962, à la signature des accords d’Evian, les combattants nationalistes de l’intérieur étaient estimés à 15.200, tant réguliers qu’auxiliaires, et ceux de l’extérieur (l’ALN, ou armée des frontières) étaient 22 000 en Tunisie et 10 000 au Maroc. Les effectifs combattants des indépendantistes étaient donc au total de 50 000 hommes en armes contre près de 250 000 dans l’armée française, soit cinq fois moins. (Toutes les références sont données dans mon livre Algériel’histoire à l’endroit).
Selon les sources algériennes :
Les sources algériennes n’indiquent pas de grosses différences par rapport aux sources françaises.
Dans son livre publié en 1997, Benyoucef Benkhedda dernier président du GPRA, écrit ainsi qu’à la fin de la guerre, les maquis de l’intérieur comptaient 35 000 combattants (15 200 pour les sources françaises), à savoir 7000 pour la wilaya I, 5000 pour la II, 6000 pour la III, 12000 pour la IV, 4000 pour la V et 1000 pour la VI.
Comme les effectifs de l’ALN, l’armée des frontières sont connus, à savoir un peu plus de 30 000 hommes, selon les chiffres donnés par les nationalistes algériens, les effectifs combattants nationalistes étaient donc d’un peu moins de 70 000 hommes, soit quasiment un quart des 250 000 Algériens qui servaient alors dans l’armée française. J’attends également qu’Algérie patriotique me démontre le contraire.
Si Algérie Patriotique veut continuer à se faire le porte-voix du « Système » aux abois à travers l’histoire officielle de l’Algérie écrite par son socle régimiste gavé de subventions et acheté par les passe-droits, nous pouvons continuer l’exercice. Dans mon éventuelle prochaine réponse j’expliquerai alors à ses lecteurs comment les Berbères furent colonisés par les Arabes, et comment les arabistes de l’armée des frontières leur volèrent l’indépendance de 1962…
Bernard Lugan
Crédit photo : DR
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