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Le chanteur Alain Souchon est actuellement sous le feu des projecteurs pour la sortie de son nouvel album intitulé Âme fifties. Un Souchon qui considère désormais Paris comme une ville « sale » et « d’une laideur absolue » et qui a envie de quitter la capitale d’Île-de-France. Mais des raisons plus profondes justifieraient-elles une pareille désillusion ?
Alain Souchon : « Y’a du white flight dans l’air » ?
Alain Souchon est-il l’archétype même du bobo parisien qui, après avoir encensé le multiculturalisme durant toute sa carrière, s’aperçoit (un peu trop tard) de son impasse ?
Alors qu’il multiplie les apparitions et les interviews ces jours-ci à l’occasion de la sortie de son album Âme fifties, Alain Souchon, du haut de ses 75 ans, paraît en effet plus nostalgique que jamais de ces années 1950 et de cette époque où « les jupes des filles » n’étaient pas encore devenues un sujet de société sous la pression de l’islamisme rampant. Notamment dans certains quartiers de Paris.
Dans un entretien accordé au Figaro le 11 octobre dernier, le chanteur, qui a « toujours vécu à Paris », ne reconnaît plus sa ville : « Je ne me souviens pas que la ville ait jamais été aussi sale… », déclare-t-il. Mais, outre le décor, c’est aussi l’ambiance que fustige Alain Souchon : « De la violence dans la façon de traverser la rue sans regarder en se disant que ces connards s’arrêteront ! ». Les temps sont donc révolus pour celui qui réside toujours « rive gauche ».
« J’ai envie de m’en aller de Paris »
Mais cette saleté de plus en plus prégnante dans les rues parisiennes n’est pas la seule cible d’Alain Souchon : « Les patinettes [NDLR : les trottinettes électriques] foutent une mauvaise ambiance. Ces beaux petits objets électriques, on les jette partout. Il y a un gâchis de la civilisation qui est triste. » Une civilisation sur laquelle le chanteur a bien du mal à mettre un nom et une identité. Lui qui affirme, au détour d’une question sur ses textes, qu’« on est tous fascinés par les migrants. »
Mais les camps dans lesquels s’entassent ces derniers au nord de la capitale ne sont pas non plus étrangers à cette impression de saleté décriée par l’artiste. Le Paris de Souchon et de « C’est déjà ça » (sorti en 1993) est en profonde mutation et d’autres figures plus à l’aise avec les mots décrivent la situation.
https://www.youtube.com/watch?v=jBIWL9S32QQ
Excellant dans le style, Fabrice Lucchini se confiait au JDD à la fin du mois de septembre dernier. Avec un propos limpide :
« Je vis dans le 18e. C’est d’une saleté sublime, comme une ville du Moyen-Orient. Roland Barthes écrivait : “Je n’aime une ville que quand elle est habitable.” Mme Hidalgo a réussi à faire de Paris une ville qui n’est absolument plus habitable pour n’être plus que visitable. Mais elle va être réélue, car ça plaît aux bobos. Je dis bravo ! »
Mais la lucidité d’un Fabrice Lucchini n’est pas à la portée de tout le monde. Notamment pour ceux qui ont mené toute une carrière sur une image de « chanteur de gauche ». Alors, faute de pousser, en public du moins, le raisonnement à son terme, Alain Souchon joue les fuyants : « J’ai envie de m’en aller de Paris, mais ça fait vieux con. De toute façon, je suis un vieux con, j’ai 75 ans. »
Toutefois, ce besoin pour Alain Souchon de quitter Paris pour des contrées plus calmes, sans jamais mettre les mots sur les véritables maux, n’est pas sans rappeler les très nombreux Parisiens des classes moyennes et supérieures qui convergent vers Rennes, Nantes et Bordeaux pour gagner en « qualité de vie ». En bons pionniers, les Anglo-Saxons, s’encombrant moins de pudeur dialectique et de conformisme moral, ont trouvé un nom tout désigné pour ce phénomène : le « white flight » !
Arthur Keraudren
Une réponse à “Paris ville « sale » et « violente » : Y’a du « white flight » dans l’air pour Alain Souchon ? [Vidéo]”
[…] Très bon article sur la « fuite » de Souchon ou autres bobos confits en lâcheté et en bien-pensance : http://www.breizh-info.com/2019/10/18/129037/paris-sale-alain-souchon […]