En échange d’un débat sur la réunification de la Bretagne, l’UDB s’allie à Johanna Rolland et au PS à Nantes

A LA UNE

Il en faut peu pour satisfaire l’UDB, l’Union Démocratique Bretonne. Ainsi, en échange d’un simple débat sur la réunification de la Bretagne – ainsi que d’autres accords annexes liés à la politique municipale à Nantes – l’UDB confirme son alliance avec Johanna Rolland, maire de Nantes, et avec le Parti socialiste, pour les élections municipales.

Une alliance qui ne comprend aucun accord sur la sécurité des Nantaises et des Nantais, de moins en moins assurée, mais qui comprend les propositions suivantes :

  • Une étude d’opportunité sur un métro qui est, pour l’UDB, une piste à étudier pour une métropole qui comptera environ un million d’habitants en 2050.
  • Un soutien à de nouvelles formes d’habitats et à la lutte contre les plate-formes type Airbnb afin de faire baisser la pression immobilière.
  • La lutte contre la standardisation architecturale.
  • La décentralisation métropolitaine pour que Nantes ne reproduise pas le centralisme français.
  • L’accompagnement du projet Kejadenn (espace multidisciplinaire en centre-ville à la rencontre des langues, des entreprises et de la culture bretonne).
  • Une signature du niveau 3 de la charte Ya d’ar brezhoneg d’ici à 2026.
  • Trois nouvelles filières bilingues.
  • La découverte et l’initiation aux cultures et langues de Bretagne sur le temps périscolaire.
  • Un dialogue avec l’Université de Nantes pour que la filière Breton ré-ouvre.
  • Un débat en conseil municipal pour demander à l’État un référendum décisionnel sur la réunification de la Bretagne.
  • La valorisation de l’identité maritime de la ville.
  • Le développement de Territoires Zéro Chômeur.
  • Le soutien aux politiques d’égalité femmes-hommes.
  • Le développement massif du bio et la fin du plastique dans les cantines.
  • Un soutien à la végétalisation des toits, aux AMAP.
  • L’accompagnement de la création d’un nouveau centre NOSIG en centre-ville.

« Les adhérents de l’UDB de Nantes ont travaillé, au cours du premier semestre 2019, sur des propositions pour les Nantaises et les Nantais. Ce travail démocratique a permis d’arriver, par le consensus et les échanges, à un document basé sur 15 axes forts. Souhaitant un rassemblement à gauche pour Nantes, les adhérents de l’UDB ont souhaité que soient intégrées au mieux ces propositions dans le programme, soit d’EELV, soit de la maire sortante, Johanna Rolland.

Près de 6 mois de négociations avec les équipes de ces deux listes ont permis d’échanger sur les visions de la ville des uns et des autres et voir comment les propositions de la gauche autonomiste pourraient être prises en compte. Ce travail prend du temps, demande des rencontres régulières et des échanges écrits pour arriver à la proposition d’accord la plus aboutie et réaliste possible tant sur les idées que sur les moyens en terme d’élus pour les mettre en place.

À l’issue de ce processus, les adhérents de l’UDB ont jugé que l’accord proposé par Johanna Rolland était le plus ambitieux. Les propositions de la gauche autonomiste ont été largement reprises et s’inscriront dans un programme global porté par Johanna Rolland. Il est important de noter la qualité des échanges qui ont été sérieux et respectueux.

Le respect des engagements pris auprès de l’UDB en 2014 et le travail pendant la mandature précédente ont joué dans cette décision » explique l’UDB dans un communiqué.

Il est vrai que l’UDB avait déjà négocié et obtenu des strapontins en 2014, entraînant la mise en place de plusieurs mesures :

  • La création d’une délégation à l’égalité femmes-hommes avec comme conseillère municipale Sonia Meziane de l’UDB qui a accompagné la création d’un centre post-traumatique pour les femmes victimes de violences et leurs enfants.
  • La mise en place dans 160 rues de plaques bilingues français-breton dans le centre-ville de Nantes.
  • Mise en place de services de médiation en langue bretonne au Musée d’arts et visibilité de la langue bretonne sur le site internet de l’établissement.
  • Soutien de la municipalité de Nantes à la Redadeg.
  • Visibilité accrue de la langue bretonne dans le Château des Ducs de Bretagne (nouvelle plaquette, etc.) et dans certaines communications du Voyage à Nantes (accueil de Nantes Tourisme, etc.)

Au total, six candidats de l’UDB participeront à la liste de Johanna Rolland, dont trois éligibles, et un adjoint au maire garanti ainsi qu’une représentation au conseil métropolitain. Reste à savoir désormais si les Nantaises et les Nantais seront convaincus par ces mesures, qui semblent parfois témoigner d’une forme de déconnexion totale d’une partie du mouvement breton d’avec la réalité du terrain et de la vie en société.

« Honnêtement, la réunification de la Bretagne et les rues bilingues, ça sert à quoi si on ne peut plus marcher tranquillement dans les rues de la ville et que la langue bretonne est enseignée aux migrants qui débarquent toutes les semaines à Nantes ? ».

L’interrogation, sur les réseaux sociaux, d’un vieux militant nationaliste breton historique, ancien du FLB, semble plus que pertinente…

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Rugby. Le RC Vannes atomise Agen et sonne le réveil à La Rabine (46-3)

C'était le match qu'il ne fallait pas perdre, et le RC Vannes a fait le boulot, vendredi soir, à...

En 2022, lutte des classes ou lutte identitaire ? Bégaudeau et Bousquet face-à-face

À l’approche des Présidentielles de 2022, rien n’est encore joué. Emmanuel Macron jouit d’une remarquable stabilité à 24% des...

Articles liés