Le milieu républicain dissident d’Irlande du Nord traverse une crise interne d’une violence inédite. Selon des informations publiées ce dimanche par le tabloïd nord-irlandais Sunday Life, un ancien responsable de l’organisation paramilitaire Óglaigh na hÉireann (ONH) se retrouve dans le viseur d’un tueur professionnel mandaté par une faction rivale issue de sa propre organisation.
Une scission qui tourne au règlement de comptes
Il y a dix-huit mois, l’ONH — organisation républicaine dissidente active à Belfast — s’est fracturée en deux camps. D’un côté, Carl Reilly, l’ancien chef de la structure, qui souhaitait engager l’organisation sur une voie politique, quitte à accepter des financements britanniques en échange d’un abandon progressif de la lutte armée. De l’autre, une frange majoritaire qui a refusé ce tournant, a fait scission et s’est ralliée au parti politique Glór na hÓglaigh (Voix des Volontaires). Cette tendance dissidente est dirigée par un vétéran républicain issu de l’ancien IRA Provisoire, originaire du quartier de Glen Road dans l’ouest de Belfast.
Depuis, les tensions entre les deux factions n’ont cessé de s’aggraver. Plusieurs proches de Reilly ont été pris pour cible : l’un d’eux, Sean O’Reilly, a été grièvement blessé par balles alors qu’il se trouvait dans son taxi l’an passé. Des véhicules liés aux partisans de la faction rivale ont été incendiés. Des sources de financement de Reilly ont été coupées sous la contrainte. Dernièrement, cinq personnes ont été interpellées dans le quartier de Poleglass, dans l’ouest de Belfast, soupçonnées d’activités dissidentes liées à la mouvance Glór na hÓglaigh, avant d’être relâchées sans inculpation.
Un tueur à gages au profil fantôme
C’est dans ce contexte que la menace contre Carl Reilly a franchi un nouveau palier. Selon les informations du Sunday Life, le chef de la faction dissidente aurait mandaté le même tueur à gages qui a exécuté deux trafiquants de drogue notoires à Belfast ces dernières années : Jim Donegan, abattu en 2018 d’une balle dans la tête alors qu’il attendait son fils à la sortie de l’école, et Sean Fox, liquidé en 2022 dans un club social du quartier de Suffolk Road devant plusieurs dizaines de témoins.
Le tireur serait un homme d’une cinquantaine d’années, originaire du quartier de Ballymurphy dans l’ouest de Belfast, ancien membre de l’IRA Provisoire reconverti en professionnel de l’assassinat. Discret au point d’être quasi invisible — jamais photographié, absent de toutes les commémorations républicaines, pratiquement inconnu de ses contemporains — il aurait depuis quelques mois formé un complice plus jeune, présenté comme son successeur désigné. Les deux hommes auraient déjà commencé à surveiller les déplacements de Reilly et d’un de ses proches associés.
Reilly, de chef paramilitaire à cible isolée
Le parcours de Carl Reilly illustre à lui seul les fractures profondes du républicanisme dissident irlandais contemporain. Condamné il y a plusieurs années à cinq ans de prison pour sa participation à une attaque armée de l’IRA de Continuité contre un poste de police de l’ouest de Belfast, il a ensuite purgé une peine de trente mois pour appartenance à l’ONH — une accusation de direction d’organisation terroriste ayant également été retenue contre lui sans donner lieu à condamnation.
Aujourd’hui isolé, ses ressources financières étranglées par la faction adverse, ses alliés neutralisés les uns après les autres, Reilly incarne la trajectoire d’un appareil paramilitaire en pleine désintégration, emporté par ses propres contradictions internes.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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