Cachez ces testicules que je ne saurais voir ! À Milan, une restauration castre une célèbre mosaïque de taureau et en dit long sur l’état de nos sociétés

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Il y a des symboles comme ça, dont la disparition en dit beaucoup sur l’état des sociétés européennes. Au cœur de la prestigieuse Galleria Vittorio Emanuele II de Milan, la récente restauration du célèbre taureau en mosaïque, symbole de la première capitale d’Italie, Torino, a transformé une opération de conservation en un débat national sur la tradition, l’art, la censure et… la vigueur des Italiens : sous les mains du restaurateur, l’animal a été émasculé, ses testicules ont disparu. 

Un rituel séculaire à l’épreuve du tourisme de masse

Depuis la fin du XIXe siècle, un rituel anime le passage des visiteurs sous la grande coupole de la Galleria. La légende veut que quiconque pose son talon sur les testicules du taureau représenté au sol et effectue trois tours sur lui-même s’assure non seulement la bonne fortune, mais aussi son retour dans la ville. 

Ce geste répété par des milliers de touristes chaque jour, a eu des conséquences physiques pour l’œuvre d’art datant de 1865 (plusieurs fois restaurée). En moins de dix ans, la friction incessante des chaussures a creusé les tesselles roses, créant un affaissement de près de 2,5 centimètres et rendant nécessaire une restauration.

« Où sont passés les testicules ? »

La municipalité de Milan a alors fait appel à Gianluca Galli, artisan restaurateur de renom. Débutant le 27 mai 2026, les travaux ont duré quatre jours et ont coûté environ 5 000 euros. Mais quand les premières photos sont postées sur les réseaux sociaux, les internautes, comparant les images « avant » et « après », constatent avec stupeur que les testicules avaient disparu. 

Les commentaires fusent, teintés d’humour et d’indignation : « On lui a fait une vasectomie ? » ; « Les attributs ont disparu, c’est une censure morale ! »  Encore plus cinglante, la journaliste Francesca Totolo a qualifié l’initiative de « parfaite représentation de la castration à l’œuvre, en Occident ».

L’opposition politique, notamment la Ligue et Frères d’Italie, a également attaqué la municipalité de gauche, l’accusant d’avoir profité des travaux pour « émasculer » symboliquement le rituel, transformant un patrimoine vivant en une œuvre aseptisée.

Les autorités démentent

Les autorités milanaises et M. Galli ont fermement démenti toute volonté de « castrer » symboliquement l’animal pour mettre fin au rituel, arguant que l’objectif affiché était de simplement réparer le cratère causé par l’usure. Ils ont invoqué un changement de nuance de la pierre, la pierre rose précédemment utilisée pour créer le volume des testicules n’étant plus disponible.

Or, il est manifeste que l’illusion de volume n’est pas uniquement créée par l’usage de couleurs, mais également par le contour entre les pattes arrière de l’animal : avant la restauration, cette partie était doublement courbée, tandis que maintenant elle est plane.

La mairie a précisé que « le travail doit encore se stabiliser et donc être perfectionné ». Espérons que le tollé provoqué par cette castration amènera le restaurateur à reconsidérer sa décision.

Un patrimoine vivant interdit ?

Cette affaire met en lumière la tension complexe entre la préservation du patrimoine, son appropriation populaire et le tourisme de masse. Comme l’ont souligné les conseillers Emmanuel Conte et Marco Granelli, la Galleria est un « patrimoine vivant » qui s’use précisément parce qu’il est aimé et fréquenté. Bien que dommageable, le rite du taureau constitue un élément essentiel de l’identité culturelle de Milan depuis presque deux siècles. Tout comme le rituel de Vérone où l’on touche le sein droit de la statue de Juliette pour s’attirer la chance en amour, ou le rite au cimetière du Père-Lachaise où l’on frotte les parties intimes de la tombe de Victor Noir réputé pour stimuler la fertilité ou celui de Budapest, où les étudiants frottent les testicules du cheval de la statue du général Andras Hadik avant leurs examens.

Rappelons que dans le monde antique, la statue n’était pas une simple représentation artistique, mais était souvent considérée comme une enveloppe terrestre de la divinité elle-même. Le toucher était donc un acte religieux codifié.

« Les musées sont les cimetières du passé. Ils nous invitent à faire le deuil de notre histoire et nous recrachent ensuite sur les trottoirs crasseux de notre siècle. » Erik L’Homme, Le regard des princes à minuit.

La tradition de toucher, frotter ou embrasser certaines parties des monuments est un phénomène du fond des âges, mêlant superstition, rites de passage et tradition. Ces gestes, souvent répétés des millions de fois, transforment les œuvres d’art en objets interactifs, laissant des traces physiques visibles (bronze poli, pierre usée) qui témoignent de la ferveur des visiteurs. Les interdire, ou les rendre impossibles contribue à muséifier notre art et notre folklore. Qui n’en ont vraiment pas besoin. 

Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : Capture X Il Corriere della sera

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

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4 réponses à “Cachez ces testicules que je ne saurais voir ! À Milan, une restauration castre une célèbre mosaïque de taureau et en dit long sur l’état de nos sociétés”

  1. Ronan dit :

    Demat c’est testé et prouvé que de toucher les croix, les vestiges de la vierge Marie et tout autre monument représentant un saint depuis que je fais du vélo et de la marche à pied avec mon toutou avec un signe de la croix nous protège totalement. « Shiver » du groupe Coldplay est la chanson proposée aujourd’hui. Kenavo

  2. SC dit :

    « Qui n’en n’ont vraiment pas besoin. » Mais qui-qui parle comme ça ? Qui qui use l’IA sans user de son cerveau, oubliant le fondement de son métier de journaliste = produire du texte en utilisant un langage juste. Se laisser effacer les parties sur un sujet qui parle justement de cela, c’est un comble.

  3. Carton Rouge dit :

    On a déjà enlevé les croix de certains tableaux ou maquettes, on a voilé des statues pour que leur nudité ne dérangent pas les visiteurs officiels des pays arabes, certains refusant de serrer la main de chefs d’entreprises féminins, et à Milan, on éradique les attributs virils d’un taureau sur une oeuvre d’art en mosaïque…..décidément, notre civilisation occidentale manque de co…..s pour défendre notre identité et notre culture !

  4. Gaï de ROPRAZ dit :

    Personnellement, à vivre loin de la France et des Français (Canada) huit à neuf mois par an, je constate que la castration n’est pas seulement un rite qui atteint les symboles européens, mais s’evertue à être bien présent dans l’esprit et la facon de conduire les affaires politiques des Français qui acceptent, tout, n’importe quoi, et surtout encensent politiquement n’importe qui !… même des tarés politico-homosexuels !

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