Amsterdam interdit les fatbikes dans le Vondelpark : la capitale du vélo veut reprendre la main… sur ses espaces verts

Publicité

La ville d’Amsterdam vient de franchir un cap inédit dans la régulation des deux-roues électriques. Depuis le 11 mai 2026, la circulation des fatbikes à assistance électrique est officiellement proscrite dans le Vondelpark, espace vert le plus emblématique et le plus fréquenté de la capitale néerlandaise. Une décision qui paraît paradoxale dans la ville présentée comme la championne mondiale du vélo, mais qui répond à une exaspération de plus en plus massive face à un phénomène devenu hors de contrôle.

Une explosion des nuisances

L’évolution des signalements adressés à la mairie illustre l’ampleur du basculement. L’adjointe à l’origine de la mesure, Melanie van der Horst, rapporte un passage d’une vingtaine de plaintes annuelles il y a quelques années à plus de deux mille aujourd’hui. Parallèlement, une pétition lancée contre l’agressivité de certains conducteurs de fatbikes a rassemblé deux mille quatre cents signatures, ses initiateurs évoquant des trottoirs transformés en pistes de course et un sentiment d’insécurité grandissant dans les espaces partagés.

Les fatbikes tirent leur nom de leurs caractéristiques visuelles : pneus particulièrement larges et cadre épais, conférant à l’engin une allure proche de celle d’une moto basse. Très prisés des adolescents néerlandais, ils sont régulièrement modifiés de manière illégale pour franchir les vingt-cinq kilomètres par heure réglementaires d’un vélo à assistance électrique. Les vitesses observées dans la circulation urbaine atteignent fréquemment cinquante à soixante kilomètres par heure, soit l’allure d’un cyclomoteur, mais sans aucune des obligations légales associées (permis, immatriculation, assurance spécifique, casque).

Une dangerosité comparée à celle des accidents de moto

Le bilan sanitaire commence à inquiéter sérieusement le corps médical néerlandais. Les urgentistes décrivent des traumatismes lourds chez les très jeunes utilisateurs : lésions cérébrales, déchirures ligamentaires graves au genou, polytraumatismes. Plusieurs praticiens parlent de blessures dont la violence évoque davantage les accidents de moto que les chutes de vélo classiques.

Publicité

L’adjointe à la mairie d’Amsterdam ne mâche pas ses mots pour décrire ce qui se joue : un enfant de onze ans lancé à cinquante kilomètres par heure sur un engin lourd et trafiqué représente, selon elle, un danger extrême pour lui-même comme pour les passants. C’est précisément cette tranche d’âge — pré-adolescents et collégiens — qui constitue aujourd’hui le cœur de la clientèle des fatbikes, sans qu’aucun cadre légal ne vienne véritablement restreindre l’accès à ces machines.

Le choix du Vondelpark, lieu test

Si la municipalité a retenu le Vondelpark comme première zone d’interdiction, ce n’est pas un hasard. Ce parc de quarante-sept hectares accueille chaque jour des dizaines de milliers de personnes aux profils très divers : familles, joggeurs, retraités, cyclistes du quotidien, mais aussi nombreux touristes louant des bicyclettes sans toujours bien les maîtriser. La cohabitation entre tous ces usages était déjà délicate ; l’arrivée massive de fatbikes circulant à grande vitesse l’a rendue intenable.

Le critère retenu pour appliquer l’interdiction est volontairement simple. Tout engin équipé d’une assistance électrique et dont les pneus dépassent sept centimètres de largeur tombe sous le coup de l’arrêté. Les agents municipaux chargés des contrôles disposent tout simplement d’un mètre pour effectuer la mesure sur le terrain. Cette approche purement technique évite les contentieux complexes sur la puissance moteur ou les modifications apportées au système d’assistance, et inclut indistinctement les modèles homologués et ceux qui ont été trafiqués.

Le barème des amendes a été calé sur l’âge des contrevenants. Les conducteurs de seize ans et plus s’exposent à une sanction de cent quinze euros. Les jeunes âgés de douze à quinze ans risquent cinquante-sept euros et cinquante centimes. En dessous de douze ans, aucune verbalisation n’est prévue, mais les parents ou responsables légaux sont avertis de l’infraction. Une signalisation spécifique a été installée aux entrées du parc, indiquant l’interdiction et invitant les cyclistes concernés à contourner l’espace vert. La traversée à pied, en tenant son fatbike à la main, demeure autorisée.

Des habitants soulagés mais perplexes

Les réactions recueillies auprès des riverains du parc traduisent un soulagement teinté d’interrogations. Un entraîneur de football quadragénaire, habitué des lieux, juge la mesure positive pour ceux qui souhaitent simplement profiter de la tranquillité du parc, tout en estimant que le problème de fond n’est pas attaqué : selon lui, il aurait d’abord fallu interdire la conduite de ces engins aux enfants en dessous d’un certain âge, qui constituent le cœur du problème.

Une jeune psychologue récemment installée dans le quartier exprime un autre type d’embarras. Si elle se félicite de l’interdiction, elle reconnaît ne pas saisir nettement la différence entre un fatbike et un vélo électrique classique, possédant elle-même ce dernier et le trouvant déjà rapide et potentiellement dangereux en cas de mauvaise maîtrise. Cette confusion entre les différentes catégories d’engins motorisés individuels traduit assez bien la difficulté à tracer une frontière claire dans un paysage en évolution rapide.

Vers une extension à l’échelle nationale ?

L’initiative amstellodamoise n’arrive pas dans le vide. La ville d’Enschede, à l’est du pays, avait introduit dès le mois de mars une interdiction des fatbikes dans son centre-ville. À l’échelle nationale, plusieurs offensives ont été menées depuis l’été précédent : rappels de modèles non conformes par les autorités, enquêtes sur la légalité de certaines marques importées, saisies d’engins trafiqués, propositions de loi en discussion. Plusieurs modèles ont d’ailleurs été déclarés non conformes par les autorités européennes et retirés du marché.

Melanie van der Horst plaide ouvertement pour une législation nationale d’ensemble. Selon elle, l’ampleur et la nouveauté du phénomène justifient une réponse qui ne puisse être contournée en franchissant simplement les limites d’une commune. Son objectif personnel va plus loin : elle souhaiterait qu’à terme, les plus jeunes ne puissent tout simplement plus conduire ces engins, point.

La municipalité d’Amsterdam observera de près les effets de l’interdiction dans le Vondelpark au cours des semaines à venir. Si l’expérimentation s’avère concluante, la mesure pourrait être étendue à d’autres zones particulièrement fréquentées de la capitale néerlandaise. Le Vondelpark devient ainsi, presque malgré lui, le laboratoire grandeur nature d’une réflexion plus large : peut-on, dans une ville du vingt-et-unième siècle, garantir aux piétons, aux familles et aux usagers les plus vulnérables de l’espace public le droit à un minimum de tranquillité face à la prolifération anarchique d’engins motorisés individuels ? Amsterdam, capitale historique du vélo, vient en tout cas de donner sa réponse.

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Une réponse à “Amsterdam interdit les fatbikes dans le Vondelpark : la capitale du vélo veut reprendre la main… sur ses espaces verts”

  1. Ronan dit :

    Et en Bretagne, alors ? Ben certaines municipalités comme à Saint-Brieuc par exemple interdisent sous peine d’amendes l’accès en bicyclette aux rues piétonnes du Centre Ville. Qu’en pensez-vous cordialement ? Moi,je pense qu’il faut faire très attention aux piétons et descendre de son vélo ou de sa trottinette quand il y a du monde notamment les jours de marché sans nécessairement verbaliser le délinquant cycliste que je suis parfois.

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Football, Sport

Le Stade rennais habille son maillot du Kroaz du, le drapeau national breton originel

Découvrir l'article

Environnement, Patrimoine

La tranquille éternité du Maine : le réveil d’un peuple et de sa langue oubliée

Découvrir l'article

A La Une, Santé, Sociétal

« Génération sans tabac » : Nicolas Thierry répond aux critiques sur sa proposition de loi [Interview]

Découvrir l'article

International

Déferlante migratoire Espagne : jusqu’à 3 millions de régularisations en vue, la police elle-même tire la sonnette d’alarme

Découvrir l'article

Politique

À Paimpont, Mélenchon (LFI) dévoile son vrai visage : jacobin, centralisateur, hostile à la liberté de la Bretagne et des Bretons

Découvrir l'article

Football, Sport

Résilience argentine, maîtrise espagnole : la finale de la Coupe du monde 2026 est connue

Découvrir l'article

Santé

Sommeil et activité physique : la France championne d’Europe des dégâts de la canicule ?

Découvrir l'article

Rugby, Sport, VANNES

Challenge Cup 2026-2027 : le RC Vannes ouvrira sa saison européenne à Londres contre les Harlequins

Découvrir l'article

Environnement

Cap Fréhel : le feu fixé après une nuit de lutte, la Fondation du patrimoine lance une collecte pour les forêts françaises

Découvrir l'article

A La Une, Santé

Où vit-on en meilleure santé en Bretagne ? Grandes villes et villes moyennes, le classement complet

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.